Des Mondiaux ratés l'an dernier, des JO transparents à Londres cet été, Laurent Jalabert se sait sur la sellette. Il aurait pu jouer sur la sécurité à Valkenburg mais ce n'est pas le genre du bonhomme. Alors, il a construit une sélection controversée en misant tous ses pions, ou presque, sur Thomas Voeckler. Il a ainsi préféré Vincent Jérôme, équipier de Thomas Voeckler chez Europcar, plutôt qu'un Julien Simon bouillant, vainqueur du Grand Prix de Wallonie le week-end dernier. "J'aurais pu bâtir une équipe de France-récompense, ne faire que des satisfaits, j'ai préféré faire ma sauce avec des néophytes, fiers, motivés, autour de celui qui pourra porter le plus haut les couleurs de l'équipe de France", se défend Jaja. Et tant pis pour les déçus : les "Mondory, Pineau que je ne juge pas indispensables".
Dans les colonnes de l'Equipe ce mercredi, le sélectionneur a enfilé son costume de sniper. La meilleure défense reste l'attaque. Chavanel, vexé de ne pas être leader, qui s'est fait prier avant d'accepter de s'aligner sur l'épreuve en ligne ? "Je ne dirai pas qu'il n'est pas subtil, mais il sent moins la course que Voeckler." Tony Gallopin, plein de ressentiments après les reproches de Jalabert sur son comportement lors des JO ? "Il n'a pas fait ce que je lui ai demandé. Il aurait dû être avec Gilbert et Chavanel quand ils sont partis à quinze mais il a préféré attendre que Cancellara sorte pour lui filer le train. Il l'a fait avec un temps de retard, après il est resté en caleçon dans l'affaire (...) Et puis, j'aurais aimé qu'avec Démarre, le lendemain, ils prennent la peine de me saluer, mais ils sont partis comme des voleurs, j'ai eu du mal à avaler la pillule." Et de poursuivre la rafale : "Si les coureurs ne sont pas contents, ils n'ont qu'à faire une pétition pour avoir un autre sélectionneur."
"Un choix couillu"
Jalabert ne se fait pas que des amis et, dimanche soir, ce pourrait être pire. Il juge son choix de laisser les clés à Voeckler "couillu", "un peu comme au casino quand tu mises tout sur un seul numéro." Le risque est grand : un jour sans du leader français, une échappée qui part de loin... "Dans la situation où je suis, il n'y a qu'une chose qui me donnera raison, c'est que Voeckler soit sur le podium. Dans les autres cas, je me ferais descendre", diagnostique justement Jalabert. Il rappelle tout de même que Sylvain Chavanel aura la liberté de partir dans un coup car "à chaque fois qu'il fait un numéro, c'est en partant de loin."
Mais l'atout majeur reste Voeckler. C'est pourquoi les Bleus auront pour consigne de durcir la course ce dimanche car Voeckler a un point faible : "sa pointe de vitesse." Jalabert ne redoute qu'une chose, "le coup foireux, l'échappée qui part de loin." C'est pour cette raison qu'il a construit une équipe dévouée à son leader. La course lui donnera-t-il raison ? Jalabert joue gros.



DPPI
























