Qui veut le Giro ?

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Dernier jour de repos avant les grandes manoeuvres. A l'exception d'un Joaquim Rodriguez hargneux et d'un surprenant Ryder Hesjedal, les favoris de ce Giro ont joué l'attentisme le plus absolu. Les 14 ascensions de la dernière semaine seront autant de juges de paix quant aux velléités de chacun.

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Crédit: Eurosport

Après quinze jours de course, ce Tour d'Italie cru 2012 laisse déjà un arrière-goût d'inachevé. On se doutait que la dernière semaine serait certainement décisive pour l'attribution du maillot rose, la faute à une première partie de Giro siglée "moyenne montagne" (cinq étapes), mais de là à voir une course plutôt ennuyeuse, voire mollassonne, la situation est totalement inédite, vu le passé de la course et les duels épiques qu'elle a proposés. Le changement de direction de la course - Michele Acquarone remplaçant le sulfureux Angelo Zomegnan - laissait quand même présager un Giro de transition.Pas plus loin qu'en 2011, le Giro avait proposé 13 étapes au profil montagneux (dont 8 classées en haute montagne), à la grande colère de l'auditoire. Alberto Contador avait d'ailleurs avalé tout cru cette édition-là avant d'être déchu de sa couronne. En 2012, il faut tout de même en faire le constat : il n'y a plus de patron au sein du peloton. Les équipes se jaugent, s'observent et rendent la course quasi-caduque. Cela a au moins le mérite de rendre ce Giro encore attirant. A une semaine de l'arrivée, les huit premiers se tiennent en moins de deux minutes. Avec trois étapes de haute montagne et un contre-la-montre finale, ça promet. Trop peut-être ?
Hesjedal tiendra-t-il ?
"Je suis très satisfait des écarts. Avec le maillot rose, c'est le retour des responsabilités, mais nous entrons dans la dernière semaine et les étapes sont plus adaptées à mes caractéristiques", a analysé Joaquim Rodriguez, de nouveau leader de ce Giro depuis dimanche soir. Mine de rien, Purito reste une des rares satisfactions de cette édition 2012 par sa pugnacité, son panache et sa franchise. "Mon objectif est de garder le maillot rose jusqu'à Milan", expliquait le Catalan après sa première prise de pouvoir, mardi dans la vieille ville d'Assise. A défaut d'être un tueur, Purito est au moins malicieux. "Je craignais le mauvais temps mais, dans le final (de la 15e étape), les sensations étaient bonnes. Scarponi a démarré fort et a provoqué la sélection, j'ai contré en voyant que Hesjedal avait du mal".
Ryder Hesjedal, justement, est la bonne surprise de cette édition 2012. Le Canadien, qui dispute son 3e tour d'Italie, a conservé toutes ses chances de victoire, dimanche, malgré un final compliqué. "Ça n'allait pas. L'étape a été dure pour tout le monde, une journée horrible. Je n'étais pas bien tout comme samedi. J'espère récupérer pendant la journée de repos et lutter de nouveau avec les meilleurs", confiait l'ancien vététiste à l'arrivée. Avec des écarts aussi serrés, le coureur de la Garmin, qui dispose d'une équipe plus consistante que Purito, pourra jouer son va-tout lors du contre-la-montre de dimanche prochain. A condition d'être encore en forme et en vie.
Encore quatorze ascensions
Parmi les favoris, la sélection n'est pas encore totalement opérée, mais on a désormais les idées plus claires. Michel Scarponi aura du mal à se vêtir de rose à Milan. En retrait dans le final de Pian dei Resinelli, et malgré une accélération à 2 kilomètres du terme, le coureur de la Lampre, 6e du général à 1'36" de Rodriguez, semble un ton en-dessous de ses performances de 2011. Tout comme Damiano Cunego, coéquipier de luxe devenu un tant leader virtuel de l'épreuve avant de s'éteindre dans le final. Encore plus criantes d'attentisme, les attitudes d'Ivan Basso et de la Liquigas sont énigmatiques. Le double vainqueur du Giro (2006 et 2010) a fait rouler son équipe par intermittence dimanche avant d'ordonner à Sylvester Szmyd de faire le tempo… pour finalement ne rien tenter. Une attitude floue de la formation transalpine qui n'éclaire guère sur les réelles capacités du Varésan. "Je suis content de cette journée. J'ai eu un peu de mal quand les Astana ont fait la descente, je suis arrivé avec les jambes en coton au pied de la dernière montée. Les jeux sont encore très ouverts, les trois étapes les plus dures sont à faire", a ensuite précisé Basso.
Dernières énigmes à résoudre, les cas de Roman Kreuziger et de l'étonnant Paolo Tiralongo. Si le coup de bordure d'Astana a étonné et explosé le peloton dans la descente du dangereux Culmine di San Pietro, les attitudes en retrait des deux hommes dans la montée finale n'ont guère incité à l'optimisme pour la quête du maillot rose. Parmi les outres outsiders, Pozzovivo, 13e à 3'17", a explosé en vol suite à une fringale tandis que Fränk Schleck, touché à l'épaule, n'est plus là. Les Français, Sandy Casar, 10e à 2'13" et John Gadret, 15e à 3'24", ne sont pas si loin, mais semblent déjà hors coup. Il reste désormais pas moins de 14 ascensions dont 6 cols de première catégorie et le mythique Stelvio pour faire éclore un patron dans ce Giro en quête de certitudes.
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