Cyclisme
24/07/2010 - 12:24 - Mis à jour le 24/07/2010 - 12:35Landis: "J'ai vu Armstrong se doper"

Invité d'un show télévisé sur la chaine ABC vendredi soir, Floyd Landis a réitéré ses accusations de dopage contre Lance Armstrong. L'ancien maillot jaune a même confié qu'il avait vu plusieurs fois le texan se doper sous ses yeux, y compris par transfusion sanguine.
L'émission s'appelle "Nightline". C'est un show télévisé bien connu d'une des plus grandes chaînes nationales, ABC. Elle a donc un certain retentissement aux Etats-Unis. La preuve que les médias américains sont intrigués par ce que l'on commence à appeler l'affaire Armstrong. Floyd Landis, dans le rôle de l'accusateur, a encore beaucoup à faire pour être crédible. Mais la persistance de ses accusations contre le septuple vainqueur du Tour de France, et l'écho de plus en plus grand qu'elles reçoivent dans son propre pays, laissent penser que nous ne sommes qu'au début d'une longue histoire dont le dénouement apparait incertain.
Sans surprise, sur ABC, Landis a une fois de plus accusé Lance Armstrong de s'être dopé lorsqu'ils étaient coéquipiers au sein de la formation US Postal. "A un moment, a expliqué Landis, il faut dire aux enfants que le père Noël n'existe pas. Ca ne me plait pas plus que ça d'être dans ce rôle, mais il faut juste que quelqu'un le tienne. "Je ne vais pas rentrer dans le détail du nombre de fois où j'en ai été témoin, mais oui, j'ai vu Lance Armstrong se doper, a-t-il poursuivi. Si cela concerne Armstrong, cela signifie qu'il y a un véritable problème avec le système, parce que j'en ai vu d'autres".
Armstrong prend un avocat
A la question de savoir s'il avait vu Armstrong recevoir des transfusions sanguines, Floyd Landis a répondu "oui". A une seconde question insistant sur le fait qu'Armstrong a été transfusé plus d'une fois, la réponse a été: "Oui, de multiples fois". Le journaliste lui demande alors s'il accuse Lance Armstrong d'être un menteur. L'ancien maillot jaune hésite puis il répond: "j'ai moi-même longtemps menti. Mais si vous me posez la question, je crois que la réponse est oui." Landis le sait, la fragilité de ses accusations provient du fait qu'il a lui-même menti pendant des années, niant s'être dopé, dépensant près d'un million de dollars en frais d'avocat, pour finalement tout déballer au printemps 2010.
Dans le milieu, même les anti-Armstrong se méfient de Landis. Difficile de démêler le vrai du faux. Le Texan a toujours démenti avec véhémence ces accusations. Il a annoncé jeudi avoir engagé un avocat. "Dans ce genre d'affaire, on a besoin d'un avocat, mais il ne faut tirer aucune conclusion, a annoncé Armstrong. J'ai confiance à 100% qu'il y aura une conclusion satisfaisante pour moi." Questionné sur les raisons de l'engagement d'un avocat, Armstrong a répondu: "Je n'ai rien... Encore une fois, nous sommes aux Etats-Unis d'Amérique." "Vous ne pouvez pas poursuivre quelqu'un qui n'a rien fait. Normalement. Mais tout au long du processus, vous devez vous défendre. C'est juste pour être en sécurité que j'ai pris un avocat", a-t-il conclu après avoir fait appel aux services de Bryan D. Daly, un ancien procureur et spécialiste des affaires criminelles.
Désormais, la machine s'est mise en route aux Etats-Unis. Pour Armstrong, la situation est beaucoup plus tendue qu'à l'époque où les accusations venaient de journalistes français. Le champion d'Austin avait alors beau jeu de dénoncer l'antiaméricanisme primaire des Français. Cette fois, ce sont les autorités de son pays qui s'occupent du dossier. Elles ont déjà convoqué des témoins, parmi lesquels l'un de ses "ennemis", son compatriote Greg LeMond devant le tribunal fédéral de Californie en vue de recueillir des informations et des documents sur les quatre formations cyclistes avec lesquelles Lance Armstrong a couru (US Postal Service, Discovery Channel, Astana et RadioShack). Tyler Hamilton a lui aussi été convoqué. Et l'histoire ne fait que débuter.















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