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Le grand déballage
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Publié 09/04/2004 à 15:00 GMT+2
Jean-Jacques Menuet, médecin de l'équipe Cofidis, est mis en cause dans l'affaire présumée de produits dopants, révèle L'Equipe vendredi. D'autres personnes de l'encadrement du groupe sont également impliquées dans les procès-verbaux d'audition de l'enquê
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Le Dr Menuet a été directement accusé par l'ancien coureur Philippe Gaumont, mis en examen et licencié entre-temps par son équipe, qui a procédé à un grand déballage devant le juge de Nanterre Richard Pallain instruisant le dossier. "La politique de Menuet, c'est de ne jamais prescrire un produit illicite, de ne jamais amener un produit interdit, mais si vous lui amenez ces mêmes produits, non seulement il vous renseigne mais, en plus, il est susceptible de vous les administrer", a déclaré Gaumont, exemple à l'appui.
Le Dr Menuet, qui est aussi le médecin du groupe d'athlétisme de Guy Ontanon (avec Christine Arron et Muriel Hurtis), a déclaré au quotidien sportif qu'il respectait le cadre de l'instruction et ne souhaitait pas s'exprimer. Le témoignage de Gaumont jette également une ombre sur le coureur écossais David Millar, champion du monde du contre-la-montre et vainqueur du contre-la-montre de Nantes dans le Tour de France 2003.
Gaumont a raconté notamment avoir demandé à utiliser "les restes de la préparation qu'il (Millar) avait prise le matin même avec Lelli, avant le chrono". "Menuet nous a injecté à chacun une seringue d'un liquide limpide", a-t-il ajouté. Le manageur général de l'équipe Alain Bondue et le directeur sportif adjoint Alain Deloeil ont été également accusés pour des faits (transport de produits interdits) remontant à 1998. Tous deux ont nié formellement auprès du journal.
"Les quelque 3000 pages de l'instruction sont accablantes pour l'équipe dirigée par François Migraine car il apparaît que les personnes mises en cause dans les interrogatoires dépassent largement le nombre des mis en examen à ce jour (huit)" , estime L'Equipe. Cédric Vasseur, mis en examen par le juge Pallain après une analyse capillaire qui présentait des traces de cocaïne (un autre prélèvement a abouti à un résultat inverse), se voit également reprocher par Gaumont de s'être appliqué des patchs sur le ventre lors du dernier stage de l'équipe, en janvier, en Espagne. "Il m'a dit que c'était de la testostérone (produit interdit, NDLR)", a déclaré Gaumont.
L'existence d'un trafic
Selon le journal, le coureur nordiste aurait admis lors de son audition avoir donné de l'Actovegin (produit désormais interdit, NDLR) à Philippe Gaumont après s'en être procuré depuis trois ans, en Allemagne et sans ordonnance. Dans ses dépositions, Gaumont cite aussi deux coureurs déjà mis en examen, Médéric Clain (suspendu actuellement par Cofidis) et Robert Sassone (sans licence). L'existence d'un petit trafic, d'échange et vente de produits dopants (EPO, hormones de croissance) sous le manteau, se confirme à travers les déclarations du directeur sportif de l'équipe Oktos, le Kazakh Oleg Kozlitine (mis en examen lui aussi).
Gaumont accuse enfin l'actuel médecin de la Fédération française de cyclisme, le Dr Armand Mégret (à l'époque dans un groupe sportif), de lui avoir fait une piqûre de corticoïde en 1994, sa première expérience en matière de produit illicite selon lui. "J'affirme que je n'ai jamais fait de piqûre de Kenacort à Gaumont, pas plus qu'à n'importe quel autre coureur", a réagi devant le juge Pallain le médecin fédéral qui a contre-attaqué: "Gaumont est le seul coureur du milieu néo-professionnel qui, dès le premier contact, m'a demandé de lui procurer des produits dopants. Ce n'était pas aussi direct, mais c'est ce que cela voulait dire..."
Dans son éditorial qui accable la première équipe française au classement mondial du cyclisme, présente dans le peloton depuis 1997, L'Equipe intime à Cofidis: "Messieurs, sortez de votre mutisme ! Sortez du circuit aussi, mais pas définitivement (...) Débarrassez-vous des gens qui salissent bien au-delà de votre image, même si la justice n'est pas allée au terme de son travail. Pensez éthique au lieu de juridique, même si cela vous coûte encore."
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