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Conflit de générations
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Publié 23/04/2006 à 12:15 GMT+2
Depuis le début du printemps, la jeune génération a phagocyté les classiques, des Flandres aux Ardennes. Un vent de fraicheur qu'aimerait faire tourner certains anciens lors de Liège-Bastogne-Liège, dimanche. Les rudesses de la Doyenne pourraient servir l
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Crédit: Eurosport
C'est la dernière bataille d'une guerre entamée voilà plus d'un mois en Italie, sur la route de San Remo. Cinq semaines de campagne printanière, répondant au nom un peu pompeux de classiques. Elles ont fait rêver des générations de coureurs. De générations, il sera justement largement question dimanche dans Liège-Bastogne-Liège, respectable doyenne, du haut de ses 115 années d'existence. La reine des Ardennaises va-t-elle consacrer un ténor de la nouvelle vague, comme les quatre précédents volets? Ce serait la confirmation que quelque chose est en train de changer dans le peloton.
De l'Italie aux Ardennes en passant par les Flandres et les pavés, la génération 80 a tout raflé. La victoire d'un Tom Boonen dans le Tour des Flandres n'a certes surpris personne. Difficile de parler de consécration pour un coureur déjà champion du monde et auteur d'une saison 2005 d'anthologie. Pour Filippo Pozzato (Milan-San remo), Fabian Cancellara (Paris-Roubaix), Frank Schleck (Amstel) et Alejandro Valverde (Flèche Wallonne), le printemps 2006 fut en revanche incontestablement celui de la consécration.
Le jour de Basso?
Du coup, les "vieux" grincent des dents devant cette jeunesse qui ne respecte plus rien. C'est tout particulièrement vrai dans les rangs italiens. Evidemment, on songe en premier lieu à Paolo Bettini. Intenable l'automne dernier, le Toscan est la première victime de ce vent de révolte. A 32 ans, a-t-il encore les moyens de s'imposer sur ce type de terrain? A l'évidence, la réponse est positive. Dans l'Amstel comme sur la Flèche, la vedette de la Quick Step était dans l'allure. Peut-être s'est-il découvert trop tôt. Sans doute son équipe n'a-t-elle pas, non plus, répondu complètement aux attentes, n'apportant qu'un soutien très limité dans les instants clés de la course.
Mais le tracé liégeois, dont il est sorti déjà deux fois vainqueur, est fait pour lui. Bettini en connaît chaque virage, chaque accident de parcours. Maître à courir, le champion olympique abat sa dernière carte. Mais les rudesses de la Doyenne s'accordent bien à ses qualités. Et s'il est bien une course qui sollicité l'expérience davantage que la jeunesse, la maitrise plus que la fougue, c'est Liège-Bastogne-Liège. A peine plus jeune (30 ans), Danilo Di Luca se présente pour gagner. Le puncheur des Abruzzes espère se racheter de sa déconvenue de l'année passée, lui qui avait triomphé en 2005 dans les deux premiers actes des classiques ardennaises.
Pour le cyclisme italien, l'enjeu est de taille. Depuis dix ans, il n'a bouclé qu'une seule fois le triptyque ardennais dans la moindre victoire. C'était en 2003. Mais plus encore que Bettini ou Di Luca,voire Rebellin et Cunego, la meilleure chance transalpine réside probablement dans les jambes d'Ivan Basso. Avant de se consacrer au Giro et au Tour, le Lombard caresse le rêve d'accrocher sa première grande classique. Il sait que la répétition des côtes, leur profil aussi, doivent lui convenir. D'autant qu'il a à ses côtés des lieutenants solides et... ambitieux, le Luxembourgeois Frank Schleck et le Néerlandais Karsten Kroon surtout.
Revoilà Vino !
Vainqueurs de cinq des neuf dernières éditions, les Italiens disposent du soutien du public dans le final qui traverse le quartier surnommé Little Italy dans les faubourgs de Liège. Pour rester dans la donne nationale, les Espagnols arrivent également débordant d'ambition. Quatre jours après sa victoire dans la Flèche Wallonne, Alejandro Valverde veut son doublé. Il en a les moyens. On n'oubliera pas que sur le Mur de Huy, où Valverde est allé chercher mercredi son premier succès de prestige, on a vu que des Espagnols. Samuel Sanchez, David Etxebarria, Igor Astarloa, Koldo Gil, ils ont tous dynamité la course.
La liste des outsiders s'étend également du côté des Pays-Bas (Boogerd,Dekker), de l'Allemagne (Sinkewitz, Kessler) et bien sûr du Kazakhstan, avec l'inévitable Alex Vinokourov, sorti de sa tanière pour l'occasion. En revanche, Belges et plus encore Français ne peuvent compter que sur un miracle pour tenir un rôle majeur. Du côté des côtes de Stockeu, de la Redoute ou de Saint-Nicolas, là où se bâtit la légende de Liège-Bastogne-Liège, l'exigence et la dureté de ces terribles wallons risquent malheureusement d'avoir la peau de leurs menus ambitions...
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