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C'est la grande leçon des classiques du printemps 2006. La nouvelle génération a pris le pouvoir, et la tendance ne sera pas simple à inverser pour les représentants de la nouvelle génération. Difficile de parler d'épiphénomène, quand le vainqueur le plus

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Les cinq triomphateurs grandes classiques 2006 sont issus des classes 1980 (Tom Boonen, Frank Schleck, Alejandro Valverde) et 1981 (Filippo Pozzato, Fabian Cancellara). Le plus "vieux" de la bande, Schleck, avait fêté son 26e anniversaire la veille de sa victoire dans l'Amstel Gold Race. Même Gand-Wevelgem, la moins réputée, a échappé aux trentenaires. Son vainqueur, le Norvégien Thor Hushovd, affiche 28 ans sur son état civil.
Ce vent frais qui a balayé les classiques vient de plusieurs pays. D'Italie, où Filippo Pozzato s'est imposé en pleine lumière (Milan-Sanremo). D'Espagne, bien sûr, avec le doublé d'Alejandro Valverde (Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège). De Belgique évidemment, trop heureuse de compter le phénomène Tom Boonen (Tour des Flandres) qui avait pris de l'avance sur ses compagnons d'âge.
D'autres nations, souvent moins bien loties, se félicitent de l'émergence de coureurs de premier plan. La Suisse retrouve en Fabian Cancellara (Paris-Roubaix) un élément pour poursuivre la "success story" des années 1990. Le Luxembourg espère en Frank Schleck (Amstel Gold Race), dont la facilité de pédalage a surpris et impressionné plus d'un dans les côtes de Liège-Bastogne-Liège. Derrière les résultats des dernières semaines, d'autres pays entretiennent les raisons d'espérer.
Les Pays-Bas, en panne de réussite dans les grandes courses d'un jour à l'image de son équipe Rabobank, disposent d'une prometteuse jeune classe (Thomas Dekker). L'Allemagne (Sinkewitz, Haussler) et le Danemark (Breschel) sont également pourvus. La France, elle, doit malheureusement encore patienter... et désespérer dans son coin. Dans cette génération, Boonen impose son statut de champion du monde et sa forte personnalité. Dans les classiques de pavés, l'avenir lui appartient. Dans les Ardennaises, la hiérarchie s'annonce plus serrée malgré le doublé réussi par Valverde cette année.
Cunego tourne la page
A l'arrivée de la Doyenne, dimanche, un seul coureur de grande expérience (Bettini) est parvenu à s'immiscer aux quatre premiers rangs. Un an plus tôt, les trentenaires avaient fait main basse sur le carré (Vinokourov, Voigt, Boogerd, Bettini). Les classiques réclament toutefois un apprentissage. "S'il n'était pas venu l'an dernier (34e), Valverde n'aurait pas gagné cette fois", remarquait dimanche le manageur de son équipe, José Miguel Echavarri. Et cet homme attentif de jouer la prudence en prévision du Tour de France à propos d'un coureur qu'il n'a pas formé au contraire de Pedro Delgado et Miguel Indurain: "Il n'a pas encore terminé un Tour de France !"
Damiano Cunego, l'autre étoile montante du cyclisme, se situe sur une trajectoire parallèle bien que le prodige italien ait déjà un Giro à son palmarès. "Dans deux ans, Damiano se présentera en vainqueur à Liège", estimait en 2005 Giuseppe Saronni, le responsable de son équipe. Le rendez-vous a failli être avancé de douze mois puisque l'Italien s'est classé troisième sur les hauteurs d'Ans. Il a vite tourné la page. Le 6 mai commence un Tour d'Italie des plus indécis, à voir le niveau proche sur les routes ardennaises des prétendants au maillot rose (Basso, Cunego, Simoni, Di Luca).
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