Da Cruz, la mère poule

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Capitaine de route exemplaire, apprécié et respecté, Carlos Da Cruz aura un rôle prépondérant à jouer dimanche, lors de la course en ligne. L'Audonien devra veiller en permanence sur Jean-Patrick Nazon, afin de protéger la meilleure chance française à Madrid.

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Crédit: Eurosport

Carlos Da Cruz n'aura pas le temps de tendre la main, se prêter aux accolades et signer des autographes, avec moult sourires, comme il le fait au sein de la Française des Jeux. Au niveau du comportement, il s'agira, cette fois, d'effectuer un virage aussi prononcé que celui l'attendant en vue de la ligne droite d'arrivée dressée devant le stade Santiago Bernabeu.
Surnommé par son directeur sportif Marc Madiot, le "Ministre du 93" parce que nul autre, dans le monde du vélo, n'empoigne les mains avec autant de ferveur, le Francilien résidant à 500 mètres du Stade de France s'est fait une raison. "Le Ministre va enlever le costard et la cravate pour enfiler une nouvelle tenue, celle bleue d'équipier de la sélection française", remarque-t-il avec humour, conscient de l'importance du rôle à tenir pour son premier Mondial.
Une question d'habitude
"Je dois m'occuper de Nazon et travailler autour de lui ". En clair, il va faire le ménage en cas de sprint massif. Il prendra des risques, servira toute la journée de poisson pilote et, surtout, le cas échéant, il mettra sur orbite l'ancien vainqueur des Champs-Elysées (Tour de France 2003). C'est une question d'habitude pour lui.
Aujourd'hui "JP", hier l'Australien Baden Cooke ou l'Autrichien Bernhard Eisel dans la formation au Trèfle à quatre feuilles: c'est le lot quotidien d'un homme de 30 ans, sans peur et sans reproches, du fait de son passé de pistard, dans l'exercice de l'Américaine ou de la Poursuite Olympique. Doté d'un physique inspirant le respect (1,82 m pour 76 kg), Carlos aurait pu jouer, lui aussi, les terreurs dans les derniers hectomètres.
Les chutes l'ont calmé
"Cooke ou Eisel savent jouer des coudes, observe-t-il. Moi, j'ai su le faire à un moment donné, chez BigMat, mais des chutes m'ont calmé. A 70 kilomètres/heure, cela ne pardonne pas. Je préfère m'écarter aux 500 mètres". En bon spécialiste de la bourse, le "Ministre" ne joue pas pour autant, en priorité, ses habituels équipiers mais plutôt, bien sûr, les Italiens Alessandro Petacchi ou Paolo Bettini, l'Australien Robbie McEwen ou le Belge Tom Boonen, considérant l'Allemand Erik Zabel "un ton en dessous".
"Mais, une arrivée au sprint dépendra de la tactique des Italiens et des Australiens. Avec Danilo Di Luca, Petacchi et Bettini, les premiers ont, en leur sein, trois vainqueurs potentiels. Bloqueront-ils la course ? s'interroge Da Cruz. Quant aux Australiens feront-ils une course d'équipe ?, il faut tenir compte du fait que McEwen n'est pas trop aimé des siens. Quand il gagne, il ne donne rien. Cela ne le gênera d'ailleurs pas car il préfère se débrouiller seul".
"Jean-Patrick a mûri"
Cependant, Carlos Da Cruz prédit une course "usante ", du fait de la longueur de l'épreuve (273 km), " beaucoup d'absences" à l'arrivée et des Français qui puiseront "leur force dans leur souci à rester groupé". Est-ce à dire que Carlos Da Cruz tire un trait sur une carte personnelle à jouer ? "Je me mettrai à 100 pour cent au service de l'équipe. Je vais essayer de marquer les esprits en ce sens", insiste-t-il.
Au départ, on va tous courir pour Nazon mais dans un final à la carte, Casper pourrait constituer un drôle de joker. S'il est en forme, Jimmy pourrait mieux marcher que Jean-Patrick". Carlos connaît bien les deux sprinteurs d'AG2R et Cofidis pour les avoir côtoyés, un moment, à la Française. "Je m'entends bien avec eux, souffle-t-il. Mais je définirais Jean-Patrick comme un kamikaze. Il a mûri depuis sa victoire sur les Champs. Avant, il était vachement personnel".
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