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Chavanel, l'homme de mars
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Publié 05/03/2011 à 19:39 GMT+1
Depuis huit ans, il est le seul coureur français à être monté sur le podium final de Paris-Nice. Une fois encore, Sylvain Chavanel incarnera peut-être la meilleure chance tricolore sur la Course au Soleil 2011, qui débute dimanche dans les Yvelines. Mais il a aussi d'autres objectifs.
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Crédit: Eurosport
Au mois de mars, Sylvain Chavanel s'est souvent senti des fourmis dans les jambes. A deux reprises, le double vainqueur d'étape du Tour 2010 a animé Paris-Nice avec deux succès d'étape à la clé (2008 et 2009) et des places d'honneur au final (9e puis 3e ces deux années-là). Il atteint souvent un premier pic de forme à cette période et le profil de Paris-Nice, escarpé mais pas trop montagneux par rapport à un grand tour, lui convient assez bien.
Au point de penser qu'il puisse rejoindre au palmarès Laurent Jalabert, le dernier vainqueur français au siècle précédent, voilà près de 15 ans? Ce sera tout de même très compliqué, même si l'absence d'Alberto Contador, figure centrale de la course ces dernières années, et la forme incertaine de certains grands noms, rendent cette 69e édition beaucoup plus ouverte que la précédente. "Sa place est dans les cinq premiers, tempère d'ailleurs son directeur sportif chez Quick Step, Wilfried Peeters. "Dans les trois premiers, peut-être...". "Il est beaucoup mieux que l'an passé, ajoute Peeters en référence au comportement plus discret de son leader en 2010 (14e du classement général). Il a le moral pour faire un bon résultat."
Peeters: "Il a toutes les clés"
Mais si le parcours dénué d'arrivées au sommet mais souvent accidenté au long de la semaine, convient à son leader, le contre-la-montre de 27 kilomètres prévu vendredi à Aix-en-Provence complique la donne. "Sylvain pourrait perdre une minute par rapport à un coureur comme Tony Martin qui est le favori", risque Alain Gallopin, observateur privilégié de son poste de directeur sportif de l'équipe RadioShack, laquelle compte trois coureurs en lice pour le classement général (Klöden, Brajkovic, Leipheimer). "Moins d'une minute", corrige Wilfried Peeters.
Mais, dans une course traditionnellement serrée, l'évaluation s'assimile à un lourd handicap pour le triple champion de France du contre-la-montre. Il le contraint de prendre de l'avance sur d'autres terrains en passant à l'offensive, l'une des qualités de cet attaquant-né qu'est Chavanel. "Il a l'opportunisme, l'expérience et la maturité", apprécie Alain Gallopin qui se souvient du coup de force du Poitevin en 2008 quand il avait mis à profit une bordure dans l'étape de Vichy (Allier) pour s'emparer du maillot jaune. "L'étape de Belleville (mercredi), celle de l'Ardèche le lendemain, lui conviennent bien. C'est escarpé, c'est idéal pour lui", ajoute-t-il.
Wilfried Peeters lorgne, lui, vers la fin de semaine: "Le dernier week-end est différent des autres années. Et, samedi, c'est vraiment dur..." Eric Boyer, son ancien responsable d'équipe chez Cofidis, se montre pour sa part plus réservé. "Je l'ai observé, il ne me semble pas mal mais je crois qu'il a des objectifs ultérieurs, les classiques", remarque-t-il. "Je n'ai pas l'impression qu'il se soit donné un pic de forme pour Paris-Nice. Bien sûr, c'est une course qu'il peut avoir dans les jambes mais ça suppose qu'il la prépare à fond, sans aucune arrière-pensée pour la suite de la saison", poursuit Eric Boyer qui attend davantage son ex-protégé dans les classiques du Nord: "Depuis deux ans, il voit comment Tom Boonen travaille. Il a toutes les clés pour s'en inspirer et il me semble que cette année, il s'en inspire bien..."
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