Guesdon et les autres

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Si la dernière victoire tricolore dans Paris-Roubaix date de 1997 (Frédéric Guesdon), la "reine des classiques" a souvent été animée par les équipes françaises qui cherchent à se mettre en valeur avant le final.

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Crédit: Eurosport

Prendre place dans l'échappée du matin, formée avant les premiers pavés, est devenu un objectif, nourri par l'espoir de rester le plus longtemps possible à l'avant de la course. Parfois jusqu'au bout, comme le fit le Belge Dirk DeMol en 1988, en profitant de la neutralisation des favoris. Ou jusque dans le final, à la façon de Tom Boonen en 2002, alors que le futur triple vainqueur de l'épreuve n'était encore qu'un néophyte en phase d'apprentissage accéléré.
Dans les cinq formations présentes au départ de Compiègne, les buts diffèrent. Plutôt modestes chez AG2R, qui ne compte aucun véritable spécialiste, et chez Cofidis, une équipe dont le groupe de classiques est en phase de reconstruction autour d'un noyau de coureurs belges. Plutôt élevées chez Bbox Bouygues Telecom, Française des Jeux et Saur-Sojasun, qui présentent toutes des arguments pour créer la surprise. Forts de leur excellent parcours en Belgique (deux succès d'étape aux Trois jours de La Panne, deux coureurs dans les 20 premiers du Tour des Flandres), les hommes de Dominique Arnould (Bbox) abordent en confiance les pavés. Avec William Bonnet, 10e dimanche dernier à Meerbeke, Sébastien Turgot et Damien Gaudin, taillés pour cette course davantage que Steve Chainel, qui avait donné l'exemple dans les Flandres.
La fibre des classiques
Jimmy Casper, l'un des régionaux du début de parcours, conduit la formation Saur-Sojasun, présente pour la première fois. Mais le groupe de Stéphane Heulot compte plusieurs habitués (Poulhiès, Engoulvent, Martias) et tient à montrer sa qualité collective aux organisateurs d'ASO, qui ne l'ont pas retenu dans leur première sélection pour le Tour de France. A la Française des Jeux, la culture de Paris-Roubaix appartient à l'ADN de l'équipe. Marc Madiot, directeur sportif depuis le début, l'a gagnée à deux reprises, Frédéric Guesdon a souvent terminé premier Français. Ils transmettent leur savoir, insistent sur le soin à apporter aux détails, communiquent leur enthousiasme. Anthony Geslin s'est laissé convaincre. Yoann Offredo et Matthieu Ladagnous ont adhéré au projet. A l'inverse de tant de coureurs obsédés par les courses par étapes et surtout le Tour de France, ils ont aussi la fibre des classiques, des grandes courses d'un jour qui procurent des émotions uniques.
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