Pas d'affaire Quick Step

L'affaire de dopage révélée jeudi en Belgique à la suite de perquisitions, notamment chez un soigneur de la Quick Step, concernait finalement peu la formation belge, "embarrassée" d'avoir été la victime d'une mauvaise communication de la justice.

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Crédit: Eurosport

"Aucun de nos coureurs n'a été interrogé. Seul un de nos soigneurs, Johan Molly, l'a été brièvement sans que rien ne lui soit reproché", a expliqué Alessandro Tegner, porte-parole de Quick Step. Jeudi matin, le parquet avait annoncé que les perquisitions avaient été menées "en dix endroits différents et que d'importantes quantité de produits dopants avaient été découverts dans plusieurs maisons".
Après avoir d'abord annoncé que l'affaire concernait des membres de l'équipe Quick Step, le parquet de Courtrai s'est retranché derrière le secret de l'instruction, refusant de dévoiler l'identité des personnes interpellées - une douzaine au total - et d'établir un éventuel lien direct avec la formation belge. Le manageur de l'équipe, Patrick Lefevere, a simplement reconnu, dans un communiqué, qu'une "perquisition avait eu lieu chez l'un de (ses) soigneurs". "Mais rien, absolument rien n'a été trouvé chez lui", a insisté Alessandro Tegner.
Boonen s'estime "diffamé"
D'après des médias flamands, plusieurs coureurs amateurs figurent parmi les interpellés. "Une douzaine de personnes au total ont été interrogées. Des confrontations sont également organisées par la police fédérale. Un juge d'instruction décidera ensuite, dès aujourd'hui, si ces personnes doivent être placées en détention provisoire", avait indiqué Tom Janssens, porte-parole du parquet, précisant par ailleurs qu'il est encore "trop tôt pour évoquer un lien avec une équipe en particulier".
"L'enquête a été très bien menée et préparée: nous nous attendions à trouver ces produits là où ils étaient cachés" , a encore dit M. Janssens. Selon le magistrat, l'enquête a démarré en septembre 2006 à la suite de "dénonciations du sénateur Jean-Marie Dedecker". A l'époque, le sénateur, par ailleurs ancien entraîneur de l'équipe de Belgique de judo, avait déclaré, sans citer de noms, que "trois coureurs belges importants avaient suivi des cures de dopage en Italie en février dernier pour un montant de 24.000 euros.
Le leader de Quick Step, l'ancien champion du monde belge Tom Boonen, s'était estimé "diffamé" par ces insinuations et avait décidé de porter plainte. Jeudi, Wilfried Peeters, le directeur sportif de Quick Step, avait d'abord réagi "sereinement": "Je pense que l'on peut être tranquille sur l'issue de cette affaire. C'est sans doute la conséquence de ce qui a été écrit dans un journal", avait-t-il déclaré à l'agence de presse belge Belga. En janvier, Patrick Lefevere, qui est également le patron du groupement des équipes ProTour, s'était défendu avec vigueur des accusations de dopage portées contre lui par le journal Het Laatste Nieuws et il avait annoncé qu'il portait plainte en évoquant des "préjudices irréparables".
Le quotidien populaire flamand, plus gros tirage de la presse belge, avait à l'époque publié une série de reportages accusant le manager belge de pratiques de dopage au sein de Quick Step, notamment à l'EPO ou la cocaïne, en se basant sur une série de témoignages anonymes et sur celui de Luc Cappelle, un ancien coureur des années 1970. Patrick Lefevere avait estimé lors d'une conférence de presse que le témoignage de Luc Capelle avait été téléguidé par le sénateur Dedecker, avec lequel il est depuis longtemps en conflit.
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