Jaksche mangelt es an Aufklärungswillen - SID
 
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Cyclisme

Procès Puerto : Jaksche déballe tout, sauf les noms des autres coureurs

Procès Puerto : Jaksche déballe tout, sauf les noms des autres coureurs

Par AFP
Dernière mise à jour Le 11/02/2013 à 22:19 -
Par AFP - Le 11/02/2013 à 22:19
L'ex-coureur allemand, Jörg Jaksche, entendu lundi comme témoin au procès de l'affaire Puerto à Madrid, a décrit par le menu le système de dopage organisé par le docteur Fuentes, principal accusé de l'affaire, se refusant toutefois à donner les noms d'autres sportifs impliqués.
 

Si on en apprend chaque jour un peu plus dans sur l'affaire Puerto, le flou reste toujours bien présent autour de l'implication de nombreux sportifs. Dans une déposition fleuve très claire et très posée, Jaksche, qui avait déjà avoué en 2007 avoir fait partie des clients d'Eufemiano Fuentes, a confirmé devant le tribunal que le sulfureux médecin canarien lui avait bien pratiqué des autotransfusions, mais aussi fourni "de l'EPO, des hormones de croissance, une hormone féminine avec une prescription falsifiée, et de la poudre pour éviter d'être contrôlé positif à l'EPO". L'ex-coureur de Liberty Seguros, qui avait pris sa retraite peu de temps après que près de 200 poches de sang soient retrouvées en 2006 au domicile de Fuentes - a également été l'un des premiers à remettre en question le professionnalisme de Fuentes, que lui-même et les quatre autres accusés avaient abondamment mis en avant lors de leurs déclarations.

"Je ne me souviens pas qu'il y ait toujours eu un nom sur les poches de plasma que Fuentes me réinjectait et j'ai parfois eu peur qu'il ne mélange les propriétaires Son appartement, où se faisait la plupart du temps les autotransfusions - dans mon cas une quinzaine - n'était pas des plus ordonnés", a expliqué Jaksche dont le témoignage pourrait mettre en difficultés un Fuentes accusé de "délit contre la santé publique". L'ancien coureur allemand n'a ainsi pas hésité à dénoncer le négoce auquel le médecin canarien se livrait, citant les tarifs demandés par le praticien: 4000 euros pour la réinjection d'une poche de sang sur le Tour, 7000 les deux. Jaksche pour sa part a dit avoir versé 15000 euros au total sur un compte de Fuentes de la banque HSBC à Genève.

Jakshe ne donne pas de noms

En revanche, Jaksche s'est montré moins disert sur l'identité des autres sportifs impliqués dans l'affaire, assurant simplement savoir que d'autres coureurs de Liberty Seguros avaient eux aussi été clients de Fuentes. "Lors des compétitions, les autotransfusions étaient matérialisées par des petits cercles. Je me rappelle que lors d'une de nos entrevues, Fuentes m'avait montré la carte du Tour de France à venir, 2005 ou 2006, je ne sais plus. Eh bien, on ne pouvait plus voir la carte tant il y avait de petits cercles", s'est notamment souvenu Jaksche. Il a aussi évoqué la présence d'un "coureur de premier plan, souhaitant gagner le Tour", arrivé fin 2005 dans la formation, et qui aurait selon lui fait partie des clients du docteur Fuentes, mais sans mentionner son identité.

Le profil pourrait correspondre à un coureur comme le Kazakh Vinokourov, d'ailleurs condamné à un an de suspension pour une transfusion en 2007. La comparution de l'Allemand, limpide et aux accents de sincérité, aura été diamétralement opposée à celle du cycliste italien Ivan Basso, qui a lui témoigné par vidéoconférence depuis Tenerife, où il se trouve en stage avec son équipe Cannondale.

Basso bouculé par l'AMA

Basso, sanctionné sportivement dans le cadre de l'affaire Puerto mais qui a toujours nié avoir utilisé les poches de sang trouvées à son nom, a notamment été déstabilisé par l'avocate de l'Agence mondiale antidopage. Alors que l'Italien avait affirmé s'être mis d'accord avec le docteur Fuentes sur des autotransfusions "à l'automne 2005" et avoir à cette occasion choisi le nom de code censé identifier ses poches de sang -Birillo- l'avocate de l'AMA l'a mis en difficulté en produisant un fax datant du 27 avril 2005, saisi chez Fuentes par la Guardia civile.

"Comment pouvez-vous expliquer que le nom Birillo apparaisse déjà sur un fax datant d'avril 2005 si vous affirmez avoir défini ce nom de code à l'automne 2005 avec Fuentes, en même temps que le plan complet des autotransfusions ?", lui a-t-elle demandé. Une question à laquelle Basso n'a pas su donner de réponse convaincante.