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L'Espagne salive déjà
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Publié 29/08/2008 à 12:00 GMT+2
La Vuelta 2008 s'élance samedi. Avec, au départ, les lauréats des deux derniers Tours de France, Carlos Sastre et Alberto Contador. Un duel en haute altitude, arbitré par Alejandro Valverde, qui fait saliver toute l'Espagne, sevrée de victoires sur ses te
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La Vuelta roule des mécaniques. "Cette année, le Tour, c'est la Vuelta. Des trois grands Tours, nous avons le plateau le plus alléchant. Surtout, nous offrons au public espagnol un duel entre les deux derniers vainqueurs du Tour de France", s'est emballé Víctor Cordero, le patron de la course, dans les colonnes d'El Mundo deportivo. Sur ce dernier point, il a raison. Carlos Sastre, fraichement auréolé de sa victoire à Paris, va recevoir la réplique de son prédécesseur au palmarès sur les Champs-Elysées, Alberto Contador. Il est vrai que du temps de Lance Armstrong, la Vuelta n'avait pas les honneurs du maillot jaune. Depuis trois ans, celui-ci est systématiquement de nationalité espagnole, ce qui facilite sans doute les choses...
Toute la péninsule s'apprête donc à vibrer au rythme du duel entre Carlos Sastre et Alberto Contador. Au départ de Grenade, sous le soleil brûlant d'Andalousie, les deux hommes font figure de principaux favoris. Chacun, à sa manière, peut écrire une page d'histoire du cyclisme. En s'imposant à Madrid dans trois semaines, Sastre deviendrait le premier coureur depuis que le Tour d'Espagne a été décalé à la fin de l'été (soit au milieu des années 90) à remporter le Tour et la Vuelta la même année. Quant à Contador, après le Tour en 2007 et le Giro au printemps 2008, il a l'occasion de rejoindre Anquetil, Merckx, Gimondi et Hinault au rang des vainqueurs des trois grands Tours. On a connu compagnie moins prestigieuse que celle-ci...
Leipheimer: "Le boss, c'est Alberto"
Des deux ténors ibériques, Contador semble tenir la corde des pronostics. D'abord parce qu'il n'a pas trois semaines de Tour dans les pattes. Au sortir de son Giro victorieux, le Madrilène s'est aussitôt tourné vers cette fin de mois d'août. A Pékin, lors de la course en ligne, il est apparu encore un peu juste, son pic de forme étant précisément prévu pour la Vuelta. Contador sera au top sur son Tour national, cela ne fait aucun doute. L'autre argument majeur en sa faveur réside dans la qualité de son équipe. Astana a sorti la grosse artillerie pour épauler son leader, en alignant Levi Leipheimer et Andreas Klöden, qui fait donc l'impasse sur le Tour d'Allemagne pour guider Contador vers le maillot de oro. D'autant qu'il n'y a pas d'ambigüité en termes de hiérarchie. "Le boss, c'est Alberto, sourit Leipheimer. Il n'y a même pas à discuter cela. Il a montré que sur les courses par étapes, il était le meilleur coureur du monde."
Le cas de Carlos Sastre, lui, soulève davantage de questions. Aura-t-il récupérer suffisamment de ses efforts du Tour? Dans un passé récent (2e en 2005 et 2007, 4e en 2006, 6e en 2004), il a prouvé que, même fatigué, il pouvait briller sur la Vuelta. Mais il n'était encore jamais sorti du Tour de France en vainqueur... De sa faculté à digérer son sacre parisien dépend ses chances de battre Contador en Espagne. "Je ne me pose pas trop de questions, avoue Sastre. Je veux juste prendre du plaisir. Si je peux faire une grande Vuelta, je ne me gênerai pas. Je crois que la course va être spectaculaire."
Valverde, outsider de luxe
Derrière ce tandem de choc, on passe du statut de favoris à celui d'outsiders, plus ou moins menaçant. Dans cette catégorie, Alejandro Valverde apparait en bonne place. Mais sa cote s'est sérieusement dépréciée depuis le dernier Tour de France qu'il avait abordé en cador pour l'achever à une neuvième place presque anonyme. Le Murcien, auteur par ailleurs d'une saison exceptionnelle (victoires dans Liège-Bastogne-Liège, le Dauphiné Libéré ou la Clasica San Sebastian pour ne citer que les plus prestigieuses), n'est peut-être pas taillé pour les courses de trois semaines. Prudent, il a annoncé qu'il visait des victoires d'étapes. Pour le reste, il verra au jour le jour. Mais le grand objectif de sa fin de saison se situe plutôt du côté de Varèse, où la vedette de l'équipe Caisse d'Epargne rêve d'endosser le maillot arc-en-ciel de champion du monde.
Et les autres? Euskaltel, avec Igor Anton et Mikel Astarloza, voire Damiano Cunego (Lampre) et Robert Gesink, l'énigmatique grimpeur de la Rabobank, pourraient animer la course. Mais si Sastre et Contador évoluent à leur meilleur niveau, on les voit mal jouer la gagne. Cette Vuelta ne se résumera quoi qu'il arrive pas au seul enjeu pour la victoire finale. La présence de sprinters de classes mondiale (Boonen, Bennati, Zabel...) et de quelques puncheurs du même acabit (Schumacher, Bettini, Pozzato ou Ballan) est la promesse d'une course animée. Espérons que le contingent tricolore, qui a rarement été aussi alléchant lui aussi, avec Sylvain Chavanel, Sandy Casar, Patrice Halgand ou Rémy Di Gregorio, saura prendre sa part du gâteau.
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