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Ullrich prêt à en baver
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Publié 03/05/2006 à 11:00 GMT+2
Il y avait sûrement moins brutal que le Tour de Romandie pour reprendre la compétition. Mais pour Jan Ullrich, le temps pressait. L'Allemand n'avait plus d'autre alternative. En Suisse, il a donc serré les dents, loin très loin des meilleurs. Il en ira s
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Jan Ullrich s'attendait à en baver en Romandie. Il n'a pas été déçu. Complètement à court de compétition, l'Allemand ne pouvait évidemment pas suivre le rythme sur une épreuve aussi relevé et aussi exigeante. C'est pour cette raison qu'il devait initialement commencer sa saison lors du Circuit de la Sarthe. Débuter en Suisse s'apparentait forcément à un chemin de croix. Sa 115e place au classement final relève évidemment de l'anecdote. Ullrich n'était pas venu pour gagner, ni même pour essayer de suivre, mais juste pour engranger des kilomètres et souffrir en silence.
Ce double objectif a été rempli. "Jan a montré beaucoup de courage et de combativité en faisant sa rentrée sur une épreuve très difficile: peu de coureurs y seraient parvenus", estime Rudy Pevenage, directeur sportif de l'équipe T-Mobile en Romandie et mentor d'Ullrich. Certes. On lui rétorquera que peu de prétendants à la victoire sur le Tour de France entament leur saison à la fin du mois d'avril, quand tant d'autres atteignent déjà un premier palier de forme. En cela, Ullrich reste décidément unique.
"Je me suis accroché"
Si le champion de Rostock s'est accroché, c'est surtout qu'il n'avait plus d'autre alternative. A deux mois du départ de la Grande Boucle, il a un besoin urgent de rattraper les bornes perdues. Pas sûr d'ailleurs que le fait de reprendre la compétition sur un tracé aussi difficile, sans remise en route progressive, ne s'avère pas contre-productive. Bref, on peut se demander si, une fois de plus, Jan Ullrich n'a pas eu tout faux dans sa préparation. L'avenir le dira, mais les interrogations, surtout au regard de son passé, semblent légitimes.
Assez loin de ces considérations, Jan the man dressait dimanche soir un bilan positif de sa semaine helvétique, n'hésitant pas à la qualifier sans rigoler de "grand succès". Il est vrai qu'Ullrich n'est pas habitué à naviguer dans le gruppetto et il lui a fallu serrer les dents pour ne pas sombrer, notamment lors de l'étape de Sion, samedi, qu'il acheva à près d'une demi-heure d'Alejandro Valverde. "C'était une course très difficile mais je me suis accroché: même la dernière étape, le contre-la-montre individuel, était dure", avoue-t-il.
C'est toutefois là qu'il a affiché les premiers signes de (légers) progrès, avec un temps respectable de 28'47", qui a valu à Ullrich d'occuper la tête du classement provisoire l'espace de... quatre minutes. Finalement 69 de l'étape à 2'28" de Cadel Evans, l'Allemand navigue dans les eaux attendues. "Globalement, je suis satisfait. Mon genou ne m'a pas fait souffrir et l'équipe m'a beaucoup aidé. Parfois, il a fallu m'attendre, mais ce n'est pas évident de se réhabituer à ce degré de difficulté et d'intensité", explique l'intéressé, qui va maintenant enchaîner avec un morceau bien plus gros encore: "Je suis confiant pour le Tour d'Italie, une course où la difficulté croit au fil des trois semaines, ce qui me convient" . Là encore, il peut s'attendre à souffrir...
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