Verbrugghe ne l'a pas volé

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Superbe d'audace et de volonté, Rik Verbrugghe (Cofidis) a signé un joli succès à Saltara samedi, lors de la 7e étape du Giro 2006. Au cours de cette journée marquée par l'apparition des premiers cols, les favoris sont restés sages, mais Serhiy Honchar en

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Crédit: Eurosport

Le Giro prenait de la hauteur samedi en flirtant avec ses premiers cols. Pas encore la haute montagne, bien sûr, mais les débats étaient suffisamment haut perchés pour prendre davantage de relief que ces derniers jours. L'équipe Cofidis, elle, s'est carrément envolée pour le paradis, grâce à Rik Verbrugghe. Déjà deux fois vainqueur sur le Tour d'Italie au cours de sa carrière, dont un mémorable prologue en 2001, le Belge a réussi la passe de trois à Saltara, au terme de la plus longue étape de cette édition 2006. La plus longue, et probablement la plus éprouvante depuis le départ de Seraing.
Pour Cofidis, ce succès apparait amplement mérité. D'abord parce que la formation nordiste a été devant tout au long de la course. D'abord avec Staf Scheirlinckx. Parti dès le 25e kilomètre en compagnie du Français Sylvain Calzati (AG2R), qui n'a malheureusement pas tenu la distance, il a ensuite poursuivi en solitaire avant d'être repris par un groupe de poursuivants, à environ 70 kilomètres de l'arrivée. Pour lui, c'était fini, compte tenu des efforts consentis. Mais chez Cofidis, un Belge peut en cacher un autre.
Di Luca à la limite
Verbrugghe a ainsi pris le relais. Au fur et à mesure que le groupe de tête se réduisait, le Liégeois tenait son rang. A l'heure d'aborder le final de l'étape, il figurait encore dans le bon wagon, aux côtés du champion d'Espagne Juan Manuel Garate, cinquième du Giro l'an dernier, Manuele Mori, Francisco Vila et l'ancien maillot jaune du Tour de France, Victor Hugo Pena. Loin de s'entendre à merveille, ce quintet était en train de se faire manger par le peloton, lorsque Verbrugghe eut la judicieuse idée de tenter sa chance en solitaire. Pas question de rendre les armes sans avoir essayé.
Il lui restait encore à avaler la bosse finale de 2000m, avec sa pente moyenne à 9% et ses passages à 12%. Pas vraiment une sinécure après plus de six heures de course. Verbrugghe conservait finalement 14 secondes d'avance pour signer sa première victoire depuis le mois d'août 2005. Au bout de l'effort. Epuisé, le Wallon n'avait même plus la force de lever les bras en coupant la ligne. Belle revanche pour l'équipe Cofidis, accablée par la poisse ces dernières semaines, et particulièrement depuis le début de ce Giro, puisque Eric Boyer a déploré trois abandons sur blessure en première semaine.
Outre la victoire d'étape, l'enjeu du jour résidait dans l'attitude des candidats au maillot rose. La rumeur annonçait un Ivan Basso offensif. Il ne fallait pas y croire. Il reste trop de batailles dantesques à livrer dans les deux prochaines semaines pour que les ténors se dévoilent sur ce genre de terrain. Le Monte Catria et le Monte delle Cesane, classés respectivement en première et deuxième catégorie, ont donc simplement servi de test. A défaut de livrer une vérité, ils ont offert quelques indications. La principale concerne Danilo Di Luca, au bord de la rupture dès que la pente s'est élevée.
Honchar reprend son bien
Au final, le vainqueur du Pro Tour 2005 n'a rien cédé, mais on peut s'inquiéter pour lui. Les autres, tous les autres, sont apparus solides, de Basso à Cunego en passant Simoni et Savoldelli. Très saignant dans l'ultime montée, ce dernier a porté une estocade en forme d'escarmouche et d'avertissement. Deuxième de l'étape, le tenant du titre s'offre une bonif' et repasse devant Basso au général, pour six secondes. Tout cela risque fort de relever de l'anecdote dans un futur proche, mais il n'y a pas de mal à se faire du bien.
Egalement bien placé dans ce groupe des ténors, Serhiy Honchar est l'autre grand gagnant du jour avec Verbrugghe. L'Ukrainien, éphémère maillot rose après le contre-la-montre par équipes, récupère son bien au détriment de son coéquipier Olaf Pollack, qui a logiquement coincé. Le défilé T-Mobile continue donc sur la plus haute marche du podium. Jan Ullrich, le plus éminent représentant de la Magenta, n'en est pas encore là. L'Allemand ne va pas si mal, mais il a tout de même 50 secondes sur les ténors dans le final. Il se montrait tout de même satisfait, tout comme Laurent Lefevre. Meilleur Français samedi, le leader de Bouygues Telecom a terminé avec les grands, à la neuvième place.
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