Tout reste à faire

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Le premier chambardement attendu n'a finalement pas vraiment eu lieu lors du chrono d'Urbino. Alberto Contador, 2e de l'étape derrière Marzio Bruseghin, mène désormais la danse des favoris au général. Mais, les écarts restent minces avant d'aborder la mon

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Crédit: Eurosport

Ni les rouleurs ni les grimpeurs n'ont véritablement fait la loi, lors de la 10e étape du Tour d'Italie. Si l'étape revient à un véritable spécialiste du contre-la-montre, Marzio Bruseghin, celui-ci n'a que peu de chance de jouer la gagner à Milan. Derrière lui, les cadors ont commencé à dégainer sur la route qui menait de Pesaro à Urbino. Bilan néanmoins mitigé de la journée: un nouveau coureur en ligne de mire au général pour les favoris, mais pas vraiment de chamboulement.
Car les écarts sont restés mesurés. Certes, Alberto Contador, 2e de l'étape pour huit secondes, fait la meilleure opération du jour en remontant à la 4e place au général. Sans la pluie qui s'était abattue sur la fin de l'étape, notamment sur le secteur pavé d'Urbino, le vainqueur du Tour de France 2007 aurait sans doute accroché la victoire. Mais c'est néanmoins lui qui a fait forte impression, devançant de 12 secondes son coéquipier Andreas Klöden, pourtant grand favori du jour et leader à demi-mot de la formation Astana. Cependant, l'Espagnol n'a pas créé de marges conséquentes sur la concurrence, et notamment sur l'homme-fort du début de Giro, Riccardo Ricco. 16e de l'étape à 2'04 de Bruseghin, ce dernier aurait même pu prétendre à mieux sans sa chute. "Le gant de la main gauche s'est pris dans le levier et a provoqué ma chute. J'ai perdu au moins 45 secondes, explique le Cobra. C'est sans gravité mais, si je n'étais pas tombé, je terminais à un peu plus d'une minute de Bruseghin. C'est la confirmation que je suis en grande forme. Mais je me demande: et si je perdais le Giro par moins d'une minute ?"
Leipheimer et Di Luca en retrait
Du côté des déceptions, on trouve Levi Leipheimer. Le 3e larron d'Astana est paru en retrait de ses deux coéquipiers. Repoussé à la neuvième place, à plus d'une minute, l'Américain devrait jouer les soutiens de luxe dans ce Giro plus ouvert que jamais. Mieux placé des favoris avant le contre-la-montre, Danilo Di Luca a quelque peu déçu. Pour son malheur, le vainqueur sortant a même réalisé la plus mauvaise opération parmi les ténors. "Je n'ai pas réussi à me surpasser", reconnaissait le Tueur, qui a concédé plus de deux minutes à Contador qu'il devançait pourtant le matin même. "J'ai fait à peu près le parcours que je pensais. Ce sont les autres qui sont allés vite ! J'ai sans doute payé la journée de repos. De toute façon, nous sommes tous là, à quelques secondes les uns des autres".
Une journée morose pour le leader de LPR, pourtant à l'aise habituellement dans ce type d'exercice. Même Ricco a fait mieux que lui, et ce, malgré sa chute. Di Luca rétrograde au 10e rang. Il est également devancé par le double vainqueur de l'épreuve, Gilberto Simoni. A 36 ans, le Trentinois a cédé moins d'une minute à Contador et reste un sérieux candidat à la victoire finale (13e). "Evidemment que je garde un &oeligil sur le maillot rose, annonce le leader de Diquigiovanni. Je dois surveiller des coureurs comme Klöden, Di Luca, Leipheimer et évidement Contador. Je pense que ce sont les plus dangereux. Mais je suis bien là !"
Visconti veut y croire
L'autre bonne opération du jour est pour Denis Menchov qui reste en embuscade derrière les gros bras (12e à moins de deux minutes de Contador). Quant à l'autre double vainqueur, l'Italien Paolo Savoldelli, frappé de malchance à 300m de la ligne par un saut de chaîne, il a également répondu présent et aurait même pu titiller davantage Bruseghin (5e de l'étape).
Si tous les favoris rêvent du maillot rose, celui-ci reste vissé une journée de plus sur les épaules de Giovanni Visconti, peu enclin à s'en séparer. Le jeune Italien a démontré qu'il était capable de briller contre le temps et conservé son bien, augmentant même son avance sur son dauphin Matthias Russ. Chaque jour qui passe, le champion d'Italie revoit ses ambitions à la hausse. "Ce maillot rose n'est pas dû au hasard, martèle-t-il. Ce n'est pas une échappée-bidon qui m'a permis de l'avoir. Chaque jour qui passe, j'ai un peu plus de 'grinta'. Ceux qui me sous-évaluaient se sont trompés."
Tout reste donc à faire après dix jours de course. Aucun jeu n'est vraiment dévoilé du côté des favoris. "Cette étape ne change rien, analyse Di Luca. D'ici à samedi prochain, il y aura davantage d'écarts. Je pense que l'étape de dimanche vers Marmolada sera la plus importante." Le coureur des Abruzzes a au moins tiré quelque chose de positif de sa journée: il n'est plus l'homme à abattre. Les favoris se nomment plus que jamais Contador, Klöden et Ricco. Et c'est désormais derrière l'Espagnol qu'ils devront tous courir au moment d'attaquer la montagne.
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