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Phinney comme Spartacus ?
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Publié 08/05/2012 à 10:19 GMT+2
En tête du Giro après les trois premières journées, le jeune américain Taylor Phinney affirme un talent qui annonce un futur grand des classiques, dans la lignée du Suisse Fabian Cancellara.
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Crédit: Eurosport
Phinney comme Cancellara ? La comparaison date de ses débuts professionnels, quand le prodige américain, sur le point de conquérir le titre mondial espoirs du contre-la-montre, avait décidé de rejoindre l'équipe BMC. "Notre projet commun, c'est d'en faire l'égal de Cancellara ou de Boonen, voire mieux", affirmait alors, fin 2010, John Lelangue, le responsable du groupe américain. Un an et demi plus tard, Phinney a commencé à justifier le parallèle sur les routes du Giro, danoises durant les trois premières journées de course. Par sa puissance dévastatrice dans le final, samedi, du contre-la-montre de Herning, par son retour magistral dans le peloton, le lendemain, suite à une crevaison dans les derniers kilomètres, le lendemain.
Discret durant la saison dernière, sa première au plus haut niveau, le maillot rose du Giro a su procéder à une remise en question initiée par son mentor, l'ancien pro italo-britannique Max Sciandri, son voisin en Toscane. Phinney l'a reconnu à demi-mot après sa prise de pouvoir dans le Giro: "Le talent ne suffit pas." Mais le fils de deux médaillés olympiques des JO 1984 bénéficie d'un capital physique impressionnant, par son gabarit (1,93 m pour 82 kg) et un potentiel athlétique hors normes attesté par ses performances sur la piste (deux titres mondiaux de poursuite et des performances chronométriques de très haut niveau, sur 1 km et sur 4 km).
Un ADN cycliste
A la différence de Lance Armstrong, la référence du cyclisme américain, Phinney a aussi pour avantage de disposer d'un véritable ADN cycliste. Sa mère, ancienne patineuse devenue championne olympique sur route en 1984, exerce sur lui protection et vigilance.Il connaît aussi la culture européenne, pour avoir grandi un temps à Marostica, au pied des Dolomites, où ses parents, Connie Carpenter et Davis Phinney, servaient de guides aux cyclo-touristes américains. Dans l'orbite d'Armstrong, qui l'a aidé à ses débuts, Phinney a coupé ensuite le lien en signant chez BMC bien que la formation américaine soit présidée par un proche du septuple vainqueur du Tour, Jim Ochowicz, lié également avec le père du jeune coureur. Par sa morphologie, son passé et son sourire décontracté, le natif du Colorado diffère grandement du Texan, son aîné de 19 ans.
"C'est un coureur de classiques", estimait John Lelangue lors de son recrutement. "Il ne gagnera pas le Tour de France, il n'a pas le gabarit pour cela. Mais il a un potentiel encore plus important que Cancellara à ses débuts". Comme le Suisse, l'Américain apprécie les classiques de pavés et se fait un objectif à part entière de Paris-Roubaix, une course qu'il a gagnée à deux reprises en espoirs avant de signer une première prometteuse voici un mois dans la catégorie supérieure (15e). Pour l'heure, Phinney panse ses plaies et soigne sa cheville droite touchée dans la chute du sprint de Horsens. C'est sensiblement diminué qu'il va défendre mercredi son maillot rose dans le contre-la-montre par équipes de Vérone (33,2 km), que les équipes GreenEdge et surtout Garmin abordent en position de force.
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