Tiralongo comme un grand

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Paolo Tiralongo (Astana) a signé le premier succès italien du Giro 2012 en s'adjugeant la 7e étape à Rocca di Cambio. Michele Scarponi (Lampre) a déclenché la première bagarre entre favoris et prend la deuxième place du jour. Nouveau changement de leader avec la prise de pouvoir de Ryder Hesjedal.

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Il y a un an, Paolo Tiralongo avait déjà levé les bras à l'arrivée du Giro. C'était à Macugnaga (19e étape). Mais c'était avant tout une offrande de son ancien coéquipier Alberto Contador, une reconnaissance pour services rendues lorsque les deux hommes étaient coéquipiers. La boucle italienne n'a pas encore de patron cette année et chacun reste libre de faire comme bon lui semble. Le coureur Astana ne s'est donc pas gêné pour griller la politesse à Michele Scarponi, tenant du titre par défaut et favori désigné à sa propre succession, avant de s'étendre de tout son long sur la chaussée, vidé par son ultime effort.
Le Sicilien de 34 ans a résisté à l'accélération du leader de la Lampre dans les derniers hectomètres de l'ascension finale vers Rocca di Cambio (1392m - deuxième catégorie), première arrivée au sommet de l'édition 2012. C'est pourtant le vainqueur 2011 qui avait dégainé le premier, bien lancé par les siens et auteur de la première accélération parmi les favoris sous la flamme rouge. Mais, malgré le lourd travail des Astana pour revenir sur la tête de course, Tiralongo en avait gardé sous la pédale.
Deux hommes à l'avant, la contre-attaque de Pirazzi dans les derniers kilomètres, il était écrit que l'Italie décrocherait enfin sa toute première victoire lors de la 7e étape. Scarponi pensait avoir frappé un grand coup en déclenchant la première attaque et en déposant ses rivaux, mais il avait oublié Tiralongo, le seul à prendre sa roue. A bout de force, le natif d'Avola jetait ses dernières armes dans la bataille pour revenir sur Scarponi et le dépasser sur la ligne. "C'était moi qui avait été désigné dans l'équipe pour chercher à gagner l'étape, explique Tiralongo à l'arrivée. J'ai essayé de profiter de la courte descente avant le final pour me placer derrière les Lampre. J'ai eu du mal à prendre la roue de Scarponi. Aux 250 mètres, je me suis dit qu'il allait faiblir. Quand il s'est assis sur la selle, j'ai fait un immense effort et je l'ai passé." Un succès qu'il ne doit cette fois à personne.
Quatrième leader en sept étapes
Il aura donc fallu attendre la dernière ascension du jour et même les deux derniers kilomètres pour voir du mouvement dans cette étape où le peloton a longtemps laissé l'échappée partie dès le départ de Recanati (Beppu, Rabottini, Hollestein, Selvaggi) tracer sa route à l'avant, comptant jusqu'à 9'15" d'avance. Mais la balade était trop longue pour un groupe aussi resserré.
La seconde difficulté du jour, après le Colle Galluccio (KM 101 - troisième catégorie) avalé sans souci, a pris des airs de terrain de jeu parsemé de coureurs à l'attaque à l'avant du peloton et en difficulté à l'arrière. Premier à lâcher prise, le maillot rose Adriano Malori, délaissé par les siens de la Lampre plus enclins à protéger le leader désigné (Scarponi) que celui du général. C'est donc un nouvel homme fort de ce Giro 2012 qui a émergé sur les pentes des Abruzzes. Troisième au matin, Ryder Hesjedal s'empare de la précieuse tunique au terme de l'étape qu'il boucle à la 5e place, juste derrière Frank Schleck et Joaquim Rodriguez. "J'ai pensé toute la journée à ce maillot rose, admet le nouveau leader. Hier, j'étais tout près de l'avoir. J'étais frustré et mécontent. Je ne voulais pas laisser passer l'opportunité aujourd'hui."
Il devient le quatrième leader différent en sept étapes, le second coureur Garmin après Ramunas Navardauskas. Mais surtout le tout premier Canadien à endosser le maillot rose. Outsider pour la victoire finale, Hesjedal possède désormais 15 secondes de marge sur Tiralongo et 17 sur Joaquim Rodriguez (Katusha) au général. La nouvelle balade en altitude dimanche, avec une arrivée au sommet à Lago Laceno (deuxième catégorie), attend le peloton. "J'espère bien garder le maillot rose pendant quelques jours." Hesjedal va avoir une première occasion de jauger ses prétentions.
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