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Entre ombre et lumière
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Publié 27/06/2005 à 15:30 GMT+2
La Phonak manie l'art du paradoxe. Repêchée in extremis pour prendre part à l'UCI Pro Tour, la formation suisse en est aujourd'hui la meilleure équipe. De quoi aborder le Tour de France en pleine confiance. Une réussite incontestable, même si celle-ci s'i
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L'évènement est passé presque inaperçu, à l'image de ce contre-la-montre par équipes d'Eindhoven, sans doute l'épreuve la plus méconnue du Pro Tour, à tort d'ailleurs. C'est pourtant là-bas, aux Pays-Bas, que la formation Phonak s'est installée dimanche dernier aux commandes du classement par équipes de l'élite mondiale. A deux semaines du Tour de France, voilà le genre de petite gloire prompte à vous galvaniser un groupe.
Si évènement il y a, c'est que l'équipe suisse a bien failli ne jamais intégrer le Pro Tour. Exclue fin novembre par l'UCI pour des cas de dopage à répétition, elle avait été repêchée deux mois plus tard sur décision du TAS. Les anciens bannis n'en savourent que plus goulûment leur présence au sommet de la hiérarchie aujourd'hui, même si cette réussite fait grincer quelques dents, car une ombre pesante continue de planer sur la Phonak.
"Une campagne d'allégations"
L'an dernier, Tyler Hamilton, Santi Perez et Oscar Camenzind, soit les trois vedettes de l'équipe, furent exclus pour avoir été impliqués dans des affaires de dopage. On ne peut donc reprocher aux dirigeants helvètes de ne pas avoir fait le ménage. Mais il y a moins de trois semaines, une partie de la presse suisse s'est émue des forfaits de dernière minute de l'Espagnol Jose Enrique Gutierrez au Tour de Catalogne puis de son compatriote Santos Gonzalez au Dauphiné.
Devant la rumeur grossissante, que la Phonak a apparenté à "une campagne d'allégations", l'équipe suisse a cru bon de se justifier. "Les coureurs sont soumis de façon systématique cinq jours avant une épreuve pour laquelle ils sont sélectionnés à des analyses sanguines. Si les valeurs, qui sont nettement plus contraignantes que celles validées par l'UCI, se trouvent en dehors des limites fixées par l'équipe, l'équipe se réserve le droit d'exiger que le coureur concerné ne prenne pas part aux compétitions et soit mis au repos", a-t-elle précisé dans un communiqué.
Lelangue aux anges
Cette suspicion latente est-elle amplifiée par les récents problèmes évoqués plus haut? C'est possible. Elle ne suffit pas en tout cas à gâcher le bonheur actuel d'un groupe en pleine bourre. " C'est fantastique pour nous d'être en tête du classement UCI, se réjouit ainsi le manager John Lelangue. Le point le plus important est la constance dont l'équipe a fait preuve à haut niveau sur l'ensemble de la saison. Cela confirme pour moi le fait que nous tenons une bonne équipe, une équipe qui ne compte pas qu'un coureur vedette."
Andy Rihs, président du conseil d'administration de Phonak, se risque même à aller un peu plus loin. " Aujourd'hui, nous sommes probablement une des trois meilleures équipes du monde", estimait le patron à l'issue du Dauphiné, où il a été tout particulièrement impressionné par Santiago Botero, lauréat de deux étapes et deuxième du classement final. "Il est au même niveau qu'en 2002, lorsqu'il avait terminé quatrième à Paris", assure Rihs.
Botero, le symbole
Symbole de la réussite de son équipe, le Colombien aborde sans complexe un Tour où il partagera le rôle de leader avec l'Américain Floyd Landis, voire avec l'Espagnol Oscar Pereiro, 10e de la Grande Boucle en 2004. Le premier chrono de Noirmoutier (19km) puis le contre-la-montre par équipes, exercice dans lequel les Phonak ont fait leurs preuves cette saison (victoire en Catalogne, deuxième place à Eindhoven) devraient permettre aux hommes de John Lelangue de se placer idéalement avant la montagne.
Ensuite, il faudra faire preuve d'audace. Une vertu que l'équipe suisse a promis d'élever au rang de leitmotiv. Gonflé à bloc, cet ensemble pour le moins cosmopolite (six nationalités représentées parmi les neuf coureurs retenus pour le Tour) n'exclut rien et n'a peur de personne, pas même d'Armstrong, comme le prouve cette petite pique de Botero: "J'ai noté une contradiction chez Armstrong: il prétend qu'il est difficile d'être bien en juin et, ensuite, en juillet. N'a-t-il pas gagné à deux reprises le Dauphiné, puis le Tour la même saison?" Perspicace, le Colombien...
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