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"Lance est trop fort"
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Publié 24/07/2005 à 08:30 GMT+2
Jan Ullrich a atteint son objectif samedi à Saint-Etienne, en se hissant sur la troisième marche du podium. Heureux d'achever son Tour de France sur une bonne note, l'Allemand a également rendu un hommage appuyé à Lance Armstrong, qu'il considère comme un
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Mission accomplie pour Jan Ullrich. En se hissant à la troisième place du général (son meilleur classement depuis le départ), il a sauvé les meubles et la face. Son bilan, forcément contrasté vu la hauteur de ses ambitions, apparait tout de même un peu plus souriant à l'issue de ce contre-la-montre. "Tout s'est déroulé comme je l'espérais, même si j'aurais préféré que Rasmussen ne connaisse pas tous ses malheurs. Je suis heureux de finir sur le podium. Ce n'est pas si mal si l'on tient compte de mes deux chutes ", rappelle-t-il.
Il n'a pas manqué grand-chose au coureur allemand pour accompagner son arrivée sur le podium d'une victoire d'étape. 23 secondes exactement, soit l'écart qui le séparait de Lance Armstrong sur les 55 kilomètres du parcours forézien. "C'est vraiment dommage que je n'ai pas pu accrocher la victoire d'étape mais Lance était encore trop fort aujourd'hui, constate-t-il. J'ai tout donné. Cela n'a pas suffi, mais je suis heureux d'avoir le podium et d'avoir réussi à finir le Tour en bonne santé."
Le roi devenu dauphin
Il reste donc sans victoire sur le Tour depuis son coup de force à Cap découverte en 2003 et il n'a pas vu la couleur du maillot jaune depuis 1998 et cette étape des Deux Alpes où Pantani le crucifia dans le Galibier. Comment imaginer que ce jour-là, à 24 ans à peine, Ullrich venait d'abandonner la toison d'or pour de bon? Un an plus tard débutait la dynastie Armstrong. Par un curieux décalage historique, Ullrich fut donc roi avant de devenir dauphin.
"Bien sûr, j'étais venu sur ce Tour avec pour mission de ramener le maillot jaune. Ce n'est pas le cas et dans un sens, c'est évidemment décevant", concède le leader de la T-Mobile, avant de se montrer plus positif: "Je crois que nous pouvons être fiers de la manière dont nous nous sommes battus sur ce Tour de France. A titre personnel, je suis également satisfait ", ajoute-t-il. Mine de rien, le voilà avec sept podiums au compteur, à hauteur d'Armstrong et à une marche du record de Raymond Poulidor, dont il semble le pendant moderne.
"Un des plus grands sportifs de tous les temps"
Une fois encore vaincu, Jan Ullrich ne se cherche aucune excuse. Il préfère mettre en avant les mérites de son bourreau que de jouer les victimes. "Même sans mes chutes, je ne pense pas que j'aurais pu le battre, juge-t-il. Lance est tout simplement trop fort et il faut donner du crédit à ce qu'il a accompli. Maintenant qu'il quitte le cyclisme, nous pouvons dire au revoir à l'un des plus grands sportifs de tous les temps."
Difficile de rendre un plus bel hommage. "Sa force physique, mentale, son enthousiasme, sa volonté sont exceptionnelles, poursuit Ullrich. Personne, moi compris, n'a pu lui tenir tête ces sept dernières années." Ces deux-là ne sont pas amis. Ils se croisent une fois l'an, en juillet et le Tour a vécu ces dernières années au rythme de leur rivalité. Malgré Pantani, Beloki ou Basso, il y avait Armstrong, Ullrich et les autres. D'où ce respect mutuel, beaucoup plus sincère et profond qu'un simple échange d'amabilités.
Armstrong: "Il peut encore gagner le Tour"
Le Texan n'a d'ailleurs eu de cesse de considérer Jan comme son plus grand rival. Comme le seul potentiellement capable de le faire vaciller. "Jan est quelqu'un de spécial pour moi, un adversaire particulier. Sans mentir, je dois admettre que c'est le coureur le plus redoutable que j'aie jamais rencontré", confesse Armstrong. "Je suis sûr qu'il peut gagner encore un Tour de France et même pas seulement un, plusieurs", ajoute-t-il en guise d'encouragement.
De deux ans et demi le cadet d'Armstrong, il a effectivement encore le temps pour épingler une autre Grande Boucle. "S'il parvient à mieux se préparer, s'il améliore un peu sa forme physique, s'il parvient à mieux gérer les dix premiers jours de course, il peut gagner", assure le futur septuple vainqueur. A 32 ans, Jan Ullrich s'apprête à terminer son huitième Tour de France, avec une quatrième place en guise de plus mauvaise note. L'effarante succes story d'Armstrong a fait oublié un peu vite que l'Allemand est, lui aussi, un homme du Tour.
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