Jeu de mains...

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Drôle de sprint dimanche à Strasbourg pour Thor Hushovd et Tom Boonen, heurtés par une "main verte PMU" venue du public. Le Norvégien en est quitte pour cinq points de suture et une grosse frayeur. Une blessure qui oblige les organisateurs à revoir leur f

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Crédit: Eurosport

Sport populaire et rassembleur, le cyclisme doit apprendre à gérer malgré tous ses spectateurs, libres de leurs mouvements tout au long du parcours. Dimanche à Strasbourg, Thor Hushovd est venu s'ajouter à la longue liste des accidentés du Tour. Une blessure à l'arrivée qui n'a rien à voir avec un fait de course, mais va demander aux organisateurs de prendre en considération de nouvelles données: les sponsors. Non pas qu'il faille blâmer la caravane publicitaire de la Grande Boucle pour l'accident du premier maillot jaune de l'édition 2006, cependant elle en est, selon toute vraisemblance, involontairement à l'origine.
On a d'abord cru à une chute du Norvégien, le bras en sang, allongé après avoir franchi la ligne d'arrivée. Si les images ont bien montré que le coureur du Crédit Agricole était coincé contre la balustrade par Robbie McEwen, elles ont également permis de trouver l'auteur de l'impressionnante blessure: une main verte en carton distribuée par un des principaux sponsors de l'épreuve, le PMU.
L'an dernier, c'est le Kazakh Andrei Kashechkin qui avait été blessé par un objet similaire porté par un spectateur. En 2003 dans la montée de Luz-Ardiden, Lance Armstrong avait entraîné Iban Mayo dans sa chute après avoir accroché une besace publicitaire avec son guidon. Giuseppe Guerini avait lui aussi fait l'amère expérience d'un public envahissant. L'Italien, seul dans l'ascension de l'Alpe d'Huez en 1999, avait chuté après qu'un supporter eut subitement l'idée de se mettre en travers de la route pour le photographier.
Haut les mains !
Public, caravane, coureurs, autant de pierres angulaires du Tour qui évoluent et qui doivent donc être pris en considération pour le bien de chacun. La caravane est de plus en plus importante (200 véhicules cette année) et les spectateurs de plus en plus nombreux à se masser aux bords des routes des heures avant de voir passer le peloton pour glaner les cadeaux jetés. Mais, cela devient visiblement un risque pour les coureurs.
Mais sans le public, point de Tour de France. Tous les acteurs doivent donc apprendre à cohabiter pour faire perdurer l'épreuve. Car la blessure d'Hushovd a pourtant eu lieu alors que le public se trouvait derrière les barrières de sécurité. Une blessure heureusement sans conséquence pour le Norvégien qui devrait être au départ lundi après la pose de quelques points de suture et une nuit pour se remettre de ses émotions. Détonateur du sprint final, Tom Boonen a dû couper son effort après avoir, lui aussi, été touché à l'épaule par un spectateur.
"Le Tour a des obligations vis-à-vis des coureurs. Il doit prendre ses responsabilités", a déclaré Patrick Lefevere, manager sportif de la Quick Step et président de l'association des groupes sportifs. Le Belge a rapidement été entendu. Quelques heures après les impressionnantes images d'Hushovd se faisant soigner à terre, la direction de la Grande Boucle a pris ses dispositions.
La distribution des mains géantes en carton incriminées, objet tout particulièrement populaire, ne se fera plus dans les deux derniers kilomètres des étapes de plaine. "L'organisation vérifiera chaque jour le respect de cette mesure en passant le long des barrières avant l'arrivée", a précisé le Tour. Des messages appelant à la prudence et à la responsabilité du public seront diffusés tout au long du parcours. Un coup de frein certes à l'enthousiasme du public, mais un moyen plus sûr d'assurer le spectacle sans risque et de conserver au cyclisme ce qui fait son charme, la totale liberté des spectateurs le long du parcours.
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