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Légendes: Roger Walkowiak
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Publié 16/06/2006 à 09:00 GMT+2
Chaque jour, découvrez ou redécouvrez une grande figure de l'histoire du Tour de France. Vendredi, gros plan sur Roger Walkowiak, lauréat de la Grande Boucle en 1956. Walko demeure un des vainqueurs les moins reconnus du Tour. Injustement?
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Crédit: Eurosport
Tour de France 1956. Un Tour pas comme les autres. A part, comme son vainqueur. Cette Grande Boucle fut considérée ainsi avant, pendant, et après. D'abord parce qu'aucun des vainqueurs depuis la Guerre n'était présent au départ: Kubler, Koblet, Coppi et Bartali à la retraite, Bobet et Robic forfaits, les grands noms font défaut. Un an après le dernier volet du triptyque de Bobet, et un autre avant l'avènement de Maître Jacques Anquetil, c'est un Tour à saisir. Chacun en est conscient en l'absence du grand Louison, d'autant que la montagne, moins présente qu'à l'accoutumée, élargit le champ des prétendants.
Mais personne ne va mieux profiter des circonstances que Roger Walkowiak. A 25 ans, ce coureur français d'origine polonaise est quasiment inconnu du grand public. Aussi peu médiatique que bavard, protégé par son directeur sportif Sauveur Ducazeaux, il n'a pas la côté glamour des héros d'antan à la Coppi. En plus, il a la mauvaise idée de fondre en larmes chaque fois qu'il croise une caméra. C'est pourtant lui qui va inscrire son nom au palmarès de ce 43e Tour de France.
L'hommage de Goddet
Entre Lorient et Angers, 31 coureurs prennent 18 minutes au peloton des favoris. Le Tour a basculé. Définitivement. Walko, Montluçonnais de 25 ans, s'empare du commandement. Ce scénario inespéré lui permet de se révéler à lui-même, notamment en altitude, où il résiste magnifiquement à Adriaensens et surtout à Charly Gaul. Membre de la formation NEC, Nord-Est-Centre, il ne fait même pas partie de l'équipe de France. C'est sa chance, car le groupe tricolore est miné par les dissensions internes.
Beaucoup, encore aujourd'hui, jugent Walkowiak, en partie injustement, comme un vainqueur au rabais et il n'aura malheureusement jamais l'occasion de prouver le contraire. La faute à un manque certain d'ambition, et à des ennuis de santé. Mais fallait-il pour autant reprocher au sympathique et méritant Walko d'avoir su tirer au mieux parti des circonstances? Certainement pas. Moyen nulle part, excellent partout, ainsi était le vainqueur du Tour voilà un demi-siècle. Heureusement, Roger Walkowiak, s'il a dû composer avec ses détracteurs, eut aussi ses défenseurs, et certains de poids, comme Jacques Goddet.
L'illustre patron de la Grande Boucle adorait l'édition 1956, une de ses cuvées préférées. Il la jugeait, épique, pleine de suspense et de vie. On n'oubliera pas non plus que ce Tour fut longtemps un des plus rapides de l'histoire (36,628 km/h de moyenne). Mais ces considérations statistiques, pas plus que le soutien de Goddet n'aura pas suffi à rendre au coureur de Montluçon la justice qu'il méritait sans doute. Sa place dans l'histoire reste donc atypique et controversée. A 79 ans, il mène une retraite paisible. Le cyclisme ne lui a apporté ni gloire ni fortune. Il est encore temps de lui rendre justice.
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