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"Prendre des risques"
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Publié 27/06/2006 à 21:00 GMT+2
Changement de tactique chez Christophe Moreau (Ag2r). Le coureur de 35 ans n'a plus envie d'attendre sagement. Il veut attaquer et saisir les opportunités d'une course plus ouverte que jamais. Le parcours de ce Tour 2006 lui plaît et lui convient. Il veu
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Christophe Moreau, comment s'est faite l'adaptation avec votre nouvelle équipe Ag2r ?
C. M: Très bien parce que je connaissais déjà les coureurs et surtout Vincent Lavenu, le directeur sportif. On a découvert qu'on partageait les mêmes idées et la même philosophie en discutant après le Tour l'année dernière. Je traversais une période difficile au Crédit Agricole et j'avais besoin d'être mis en confiance pour faire le bon choix.
On ne vous a pas trop vu en début de saison...
C. M: Non, car mes objectifs se situaient un peu plus tard dans la saison. En mai et ce mois-ci, il était nécessaire que j'approche mon meilleur niveau dans l'optique du Tour de France. Ce fut le cas sur le Tour de Romandie (8e au général, ndlr) puis sur le Tour de Catalogne (3e) et enfin sur le Dauphiné Libéré (2e). La confiance est là, Ag2r croit en moi et l'équipe a la chance de compter Paco Mancebo, le 4e du Tour 2005 et 3e de la Vuelta, dans ses rangs.
Vous êtes un peu deux leaders... y en a-t-il un de trop?
C. M: C'est intéressant pour l'équipe d'avoir deux coureurs capables d'assumer ces responsabilités. Mais moi, j'ai décidé de sacrifier mes ambitions au général pour attaquer. Je veux être opportuniste et avoir la possibilité de remporter une victoire d'étape comme à Mulhouse l'an dernier ou alors, avoir un oeil sur le maillot du meilleur grimpeur. Le but c'est d'être aux côtes de Paco Mancebo et pas contre lui. Paco peut monter sur le podium voire remporter le Tour. A deux, nous serons plus performants. Nos intérêts sont communs.
Selon vous, que va changer l'absence d'Armstrong?
C. M: Cette année, tout est différent. Nous ne savons pas qui va contrôler la course. Ivan Basso est très fort mais le Tour est long et les cinq grosses étapes de montagne arrivent assez tard, dans la troisième semaine. Il y aura donc des choses à tenter lors d'échappées ou d'étapes animées. Ce sera beaucoup mieux plutôt que d'attendre la montagne ou les chronos comme je le faisais avant. L'idée, c'est de prendre des risques et de profiter des circonstances de course pour gagner des places au général.
Pensez-vous vraiment que le peloton vous laissera des opportunités?
C. M: Cela dépend du scenario de course. Une année, à Pontarlier, aucune équipe ne contrôlait la course et une échappée a terminé avec 30 minutes d'avance sur le peloton. Avant, c'était la tactique d'Armstrong et de la Discovery Channel qui dictait la course. Ca ne sera plus le cas. Cela peut favoriser Ag2r mais aussi toutes les autres équipes. Les dix premiers du Tour 2005 peuvent prétendre au maillot jaune. Même si on peut penser qu'Ivan Basso, après sa démonstration sur le Giro, et la CSC vont assumer le contrôle de la course. On pourrait assister à un des Tour de France les plus ouverts de l'histoire.
Les deux ou trois meilleures équipes pourraient toutefois s'associer pour gérer la course...
C. M: Il pourrait y avoir une alliance effectivement. Mais c'est toujours difficile à mettre en place. Les équipes ont peur que les efforts consentis par chacun ne soient pas les mêmes. Par contre, c'est possible dans la deuxième partie du Tour quand le classement aura pris forme. Après le contre-la-montre de Rennes ou les premières étapes pyrénéennes, les rôles seront clairement définis Chacun saura ce dont il est capable et certaines équipes seront déjà concentrées sur le général. Mais je ne pense pas qu'il y ait des accords dès le départ en Belgique ou dans le Nord. Ca sera quand même plus intéressant si des outsiders créent des écarts.
Le profil de ce Tour paraît vraiment vous convenir...
C. M: Oui, j'aime quand le parcours est exigeant et qu'il demande beaucoup. Le Tour, c'est toujours difficile mais cette année, les étapes dans les Alpes sont plus longues et plus dures. Et dans la foulée, le chrono de Montceau-les-Mines est exigeant. Après les Pyrénées, ça va être du sérieux dans la dernière semaine. J'aime quand le Tour se termine dans l'Est, pas loin de chez moi. Et je suis plus Alpes que Pyrénées, c'est un fait.
Quelle sera selon vous l'étape-reine cette année?
C. M: Avec mon expérience, je dirais que c'est celle de La Toussuire. Je l'ai reconnu et elle est vraiment superbe, la plus belle des Alpes. Bien sûr, il y a aussi l'Alpe d'Huez mais avec le col du Lautaret, le Galibier, le Glandon, la Croix de Fer, le Mollard et l'ascension finale de 18 km, celle de la Toussuire est vraiment belle. Dans les Pyrénées, le Pla de Beret peut aussi être un enfer.
Pensez-vous au maillot de meilleur grimpeur?
C. M: Ca peut-être un objectif. Auquel il va falloir penser très vite. Pour l'obtenir, comme pour la victoire d'étape ou le général, de toute façon, la solution c'est d'attaquer, de prendre des risques. Je repense encore à l'étape de Mulhouse l'an dernier où j'ai fait deuxième à l'arrivée, deuxième du général et également au classement du meilleur grimpeur. Une échappée peut vraiment être bénéfique et c'est cette idée que je garde dans un coin de ma tête.
Comment trouvez-vous le prologue de Strasbourg?
C. M: Ce n'est pas très loin de chez moi l'Alsace ! La Franche-Comté, c'est juste à côté! Un prologue c'est toujours un objectif quand on est un rouleur comme moi. Il faut bien reconnaître le parcours, prendre les bonnes trajectoires, un départ rapide, finir vite. Tout ça sans commettre une seule faute sur tout le parcours. J'aimerais vraiment reproduire à Strasbourg la même performance qu'à Dunkerque (en 2001, Christophe Moreau y avait remporté le prologue et donc le maillot jaune, ndlr). Je serais très concentré et il n'y a pas d'autre solution que de tout donner. Je viendrais en voisin alors pourquoi pas faire une perf'?
Y-a-t-il des opportunités la première semaine?
C. M: Des étapes empruntent les routes de l'Amstel Gold Race ou de Liège-Bastogne-Liège. Il sera important d'être au point physiquement dès les premiers jours. Ce ne sont pas des étapes de moyenne montagne mais elles vont demander des efforts. Sur les étapes du Luxembourg, le terrain sera aussi propice aux attaques et je n'ai pas peur de le faire. C'est une question de flair. Il faut savoir saisir l'opportunité.
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