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Une simple transition?
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Publié 24/07/2006 à 15:00 GMT+2
L'hégémonie américaine s'est donc poursuivie une année de plus avec le sacre de Floyd Landis, après les sept années de domination de Lance Armstrong. Pour autant, le règne de Landis s'annonce beaucoup moins long que celui de son prédécesseur. L'édition 20
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Allez savoir pourquoi, mais les années en 6 offrent souvent des drôles de Tour. Des Tours pas comme les autres, entre ruptures et transitions. En 1956, Roger Walkowiak avait profité d'une échappée pour prendre 30 minutes aux favoris avant de les tenir en respect dans la montagne. Dix ans plus tard, Lucien Aimar s'imposait dans le dernier Tour de Jacques Anquetil. En 1976, Lucien Van Impe profitait du battement entre l'ère Merckx et celle d'Hinault pour ramener le maillot jaune à Paris. Enfin, il y a tout juste une décennie, Bjarne Riis, invité surprise, mit un terme à la dynastie Indurain.
Bref, à l'exception de Greg LeMond, tous les vainqueurs des éditions se terminant par un 6 ont été, plus ou moins, des vainqueurs surprises. Surtout, ils n'ont jamais été en mesure de remporter à nouveau le Tour par la suite. Floyd Landis s'inscrira-t-il dans cette curieuse tradition numérique? A première vue, 2006 a tout pour entrer dans la catégorie des Tours de transition. On a rarement connu un contexte aussi propices aux outsiders, entre la retraite de Lance Armstrong et les mises à l'écart de Basso, Ullrich et Mancebo, auxquelles est venu s'ajouter le départ forcé de Vinokourov.
Merckx: "Il en gagnera d'autres"
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, aucun des cinq premiers de l'édition précédente n'était au départ du Tour. Profitant de cette porte ouverte sur la gloire, Floyd Landis a eu le mérite de s'y engouffrer. Compte tenu des circonstances, sa victoire ne se conteste pas. "C'est un bon rouleur, un bon grimpeur, rappelle son ancien manager, Johan Bruyneel. Sa victoire n'est pas une surprise. Pour moi, Landis était le favori depuis le départ. Il a eu un jour sans, il a eu un jour super. Au total, il mérite amplement de gagner le Tour."
La question est maintenant de savoir si l'Américain n'effectuera qu'un rapide passage au sommet du Tour, où s'il peut s'y ancrer durablement pour pénétrer dans le cercle des multiples vainqueurs. La plupart des observateurs plaident pour la première hypothèse. Dans un contexte plus concurrentiel, le leader de la Phonak aurait sans doute eu du mal à triompher. "Il n'est pas dit qu'il gagne trois Tours de France", concède Jean-Marie Leblanc. Landis sera par ailleurs opéré de la hanche d'ici deux mois, afin de se faire poser une prothèse. De son propre aveu, pas sûr qu'il puisse retrouver rapidement son meilleur niveau après une intervention aussi contraignante.
Même s'il parvenait à recouvrer l'intégralité de ses moyens, Landis peut-il devenir autre chose qu'un vainqueur par défaut? A son crédit, il convient de rappeler qu'il a tout de même affiché un vrai tempérament de champion dans les Alpes, dont peu de gens le croyaient d'ailleurs capable. Eddy Merckx joue les avocats. " Il en gagnera d'autres. Floyd reviendra encore plus fort l'an prochain", assure le grand champion belge, dont le fils, Axel, est un coéquipier du maillot jaune. Le Cannibale est certes juge et parti dans l'affaire, mais qui sait?
Où sera le Top 10 du Tour dans trois ans?
Après tout, l'histoire du Tour est pleine de vérités que l'on croyait toutes faites, avant d'être balayées. En 1983, un jeune coureur de 23 ans avait enlevé un Tour sans vainqueur sortant, privé de Bernard Hinault puis, en cours de route, de son maillot jaune Pascal Simon, victime d'une fracture de l'épaule. Ce jeunot s'appelait Laurent Fignon et le public comme les médias avaient émis des doutes quant à son réel potentiel. Douze mois plus tard, le Parisien écrasait la concurrence, dont Hinault, pour dominer le Tour de toute sa classe. A l'inverse, tout le monde voyait Jan Ullrich gagner le Tour pendant dix ans après son premier sacre en 1997. On connaît la suite. Alors&hellip
Au-delà du cas Landis, c'est tout le gratin de ce Tour de France 2006 qui fait débat. Combien de coureurs présents dans le Top 10 pèseront encore sur les débats dans trois ou quatre ans? Les cinq premiers à Paris (Landis, Pereiro, Klöden, Sastre, Evans) présentent tous un âge variant de 29 à 31 ans. Leurs suivants directs (Menchov, Dessel, Moreau, Zubeldia) se situent dans un cadre à peine plus large, entre 28 et 35 ans. Le plus jeune du Top 10, l'Australien Michael Rogers, âgé de 26 ans, a terminé... dixième. Il reste donc de la place pour l'éclosion d'un nouvel astre. De Valverde à Cunego en passant par Schleck, la jeune génération a les dents longues. Mais elle doit encore faire ses preuves sur le Tour.
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