Cyclisme - Tour de France
15/07/2007 - 21:00Moreau: "Rien à perdre"

De tous les favoris, Christophe Moreau (AG2R) est sans doute celui qui a produit la meilleure impression dimanche lors de la 8e étape. Si, au niveau comptable, l'opération est presque nulle, le Belfortain a tout de même prouvé qu'il faudrait compter avec
On l'attendait au tournant. Flanqué de son maillot de champion de France, Christophe Moreau a déclenché son feu d'artifice avec un jour de retard. A l'arrivée, pas un pétard mouillé, mais pas de bouquet final non plus. Les candidats au maillot jaune sont encore sur la réserve. Personne n'a encore gagné ce Tour évidemment. Plus surprenant après deux jours dans les Alpes, personne ne l'a perdu non plus. Ce n'est pas la faute de Moreau., le seul des favoris à avoir assumé son statut dimanche dans la montée vers Tignes. "On aurait presque pu mieux faire au niveau des écarts mais le bilan reste très positif", juge-t-il.
Le leader de l'équipe AG2R a toutes les raisons de se montrer satisfait. 7e du général, présent dans le premier wagon des favoris, il a eu la confirmation que sa forme du Dauphiné ne s'est pas envolée. A voir la manière dont il a agi, il compte incontestablement parmi les favoris de ce Tour. C'est lui qui a tiré la première cartouche, dès les premiers lacets de l'ascension finale. Ils n'ont alors pas été bien nombreux à suivre le Français. Seuls Valverde, Schleck, Mayo, Evans, Kashechkin et, un temps, Popovych et Contador, ont pu lui emboîter le pas. Moreau voulait voir. Il a vu, et ses adversaires avec.
Repos en famille

Dommage, 100 fois dommage qu'aucun de ses compagnons de route n'ait choisi de rouler aussi fort que lui. "C'est comme ça, c'est la course, confie-t-il, un brin fataliste. A 36 ans, on ne la fait pas à Moreau. "On n'est pas ici pour se faire des cadeaux et on ne s'en fait pas. C'est le Tour de France. On ne porte pas le même maillot. En plus, j'avais la pancarte." Certes, mais un Valverde, un Evans avaient pourtant tout intérêt à creuser de gros écarts sur le groupe Vinokourov-Klöden. Il y avait du beau monde à éliminer. Seul Kashechkin avait de bonnes raisons de ne pas se montrer actif.
Vincent Lavenu se montre moins compréhensif que son protégé. Le manager d'AG2R s'explique mal l'attitude de certains. "Je pense qu'on a raté l'occasion de gagner deux à trois minutes de plus sur Vinokourov, regrette-t-il. Seul Popovych a roulé au début. Un gars comme Mayo n'a fait que flinguer. Finalement, à l'arrivée, c'est lui qui a raison aujourd'hui puisqu'il prend un peu de temps à tout le monde." Mais il y voit aussi une raison d'y croire: "La tactique des directeurs sportifs, c'est une chose. Les jambes des coureurs, c'est autre chose. Si certains n'ont pas roulé avec Christophe, c'est peut-être tout simplement parce qu'ils n'étaient pas capables de le faire."
Moreau, lui, a les jambes. Et le moral qui va avec. "Je suis vraiment très content de mon étape même si j'ai très mal aux jambes. Je voulais essayer, attaquer. Il fallait faire une première sélection. Finalement, je n'ai absolument rien à perdre sur ce Tour ." Lui qui a souvent couru sur la retenue ose enfin se lâcher. Ça promet pour la suite, même si, comme il le rappelle, mardi "dans le Galibier, ce sera autre chose." Dimanche soir, il a revu sa petite famille. "Je l'ai dit à Emilie: 'ne viens pas avant Tignes, ce sera ma récompense.' Les voir (NDLR: avec Margaux, sa petite fille), ce sera mon plus beau trophée. Aujourd'hui, j'avais cette motivation-là." La vie est belle pour Christophe Moreau. Pourvu que ça dure.














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