T-Mobile: En rose et noir

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Journée noire pour la T-Mobile. Leader du classement par équipes et au général avec Linus Gerdemann samedi soir, la formation allemande boucle le week-end alpestre sans Mark Cavendish et surtout Michael Rogers blessé. Patrik Sinkewitz a, lui, fini à l'hôp

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Crédit: Eurosport

Il y a des jours comme ça, où rien ne veut sourire. Chez T-Mobile, personne n'a compris comment le sort a pu se retourner et s'acharner autant sur une seule équipe. Après la folle épopée de Linus Gerdemann samedi, vainqueur d'étape au Grand-Bornand pour sa toute première participation et maillot jaune, dimanche a ressemblé à un chemin de croix pour l'équipe allemande, qui a laissé des coureurs en route vers Tignes.
On croyait rare la malchance d'Astana qui, lors de la 5e étape, s'était retrouvée avec ses deux stars, Andreas Klöden et Alexandre Vinokourov, à terre et blessées. Les deux favoris peuvent encore se remettre de ce coup du sort. Michael Rogers a, lui, fait ses bagages. A lui seul, l'Australien symbolise d'ailleurs ces mésaventures dominicales. Candidat annoncé à la victoire finale, l'ancien champion du monde du contre-la-montre eut le mérite d'être le premier des favoris à tenter sa chance. Longtemps présent à l'avant de la course, Rogers fut même un temps maillot jaune virtuel, l'échappée comptant plus de cinq minutes d'avance. La T-Mobile n'avait du coup pas à rouler derrière l'échappée, Gerdemann lui-même ayant fait sienne sa décision de travailler pour son leader, peu importe le maillot jaune.
Rogers en larmes
Après les "coups d'éclat" de ses anciens coureurs avant le Tour, révélant avoir eu recours au dopage, la T-Mobile avait retrouvé un semblant de sourire samedi grâce à son jeune prodige. En 24 heures, le sort est venu frapper encore plus fort. Premier signe du naufrage à venir: l'abandon de Mark Cavendish. Certes, la chose était programmée. Mais davantage pour la journée de repos. Largué à l'arrière du peloton, l'Anglais a préféré anticipé son retrait dans l'ascension du Col de Tamié (2e cat.). Puis, tout bascula pour la T-Mobile alors que Rogers passait au sommet du Cormet de Roselend. Au détour d'un virage, l'Aussie dérapa et heurta la glissière, entraînant dans sa chute David Arroyo. La sortie de route de ce dernier fut plus spectaculaire, l'Espagnol terminant de l'autre côté de la rambarde, mais finalement moins calamiteuse.
Rien de spectaculaire et pourtant... Rogers fut lâché par les hommes de tête, rattrapé puis dépassé par le peloton. Ses gestes à l'attention de ses équipiers qui s'inquiétaient de son état trahissaient l'inévitable: la fin de son parcours sur le Tour était proche. 25km à tenter de surmonter la douleur, mais celle-ci fut la plus forte. Incapable de tenir correctement son guidon, l'épaule droite touchée, Rogers, en larmes, était contraint de s'arrêter dans la difficulté suivante. 10e du Tour 2006, il ne verrait pas Paris cette fois-ci.
Gerdemann résiste
Tout aurait déjà été assez dur pour la T-Mobile si le destin n'avait pas décidé de mettre un point final à la journée. La ligne d'arrivée franchie, Patrik Sinkewitz heurtait un spectateur en redescendant vers la vallée. Deux hommes à terre: l'un dans le coma et la vie incertaine, l'autre la face ensanglantée. Sinkewitz souffre d'une fracture ouverte du nez. Il a été évacué en hélicoptère vers l'hôpital de Chambéry afin d'y passer des examens, mais ses jours ne sont pas en danger. Le Docteur Porte se voulait d'ailleurs rassurant.
Seul rayon de soleil dans cette journée bien terne pour la T-Mobile: Linus Gerdemann s'est battu jusqu'au bout pour tenter de conserver sa tunique jaune. Le jeune Allemand échoue de peu, mais reste deuxième au général, à 43 secondes de Rasmussen. "J'aimerais remercier Kim Kirchen qui m'a été d'une grande aide aujourd'hui. Sans lui, j'aurais perdu beaucoup plus de temps", admettait le porteur du maillot blanc de meilleur jeune. "Avec les efforts fournis hier, j'ai fini sur les rotules. Aujourd'hui, c'était un mauvais jour pour nous, mais c'est ça le cyclisme. "
"Aujourd'hui, tous nos coureurs ont montré leurs limites , analyse Rolf Aldag le directeur sportif de la T-Mobile. Bien sûr, la chute de Rogers bouleverse nos plans. Nous avions l'intention de garder le maillot jaune lors de la journée de repos." Reste désormais à savoir à combien la T-Mobile repartira mardi. Patrik Sinkewitz ne sera pas du voyage à Val-d'Isère. Marcus Burghardt a très difficilement terminé l'étape après avoir songé à l'abandon. La journée de repos est forcément la bienvenue, lundi. Chez T-Mobile plus qu'ailleurs encore.
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