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Peut-il s'en sortir ?
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Publié 30/09/2010 à 18:58 GMT+2
Alberto Contador risque évidemment très gros après le contrôle ayant révélé la présence de clenbutérol dans son organisme lors du dernier Tour de France. L'Espagnol va maintenant tenter de plaider sa bonne foi, en s'appuyant sur la très faible quantité de l'anabolisant détectée lors de ce contrôle.
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Alberto Contador peut-il se sortir de la tourmente dans laquelle il se trouve depuis jeudi matin? Peut-on imaginer que l'Espagnol évite une suspension? Si la piste d'une transfusion sanguine venait à se confirmer, le débat n'aurait plus lieu. Contador serait banni pour deux ans, comme tant d'autres. Mais pour l'instant, cette information reste une rumeur dans la mesure où elle n'a été confirmée par aucune source officielle. Restons en donc aux faits et à ce que, à ce jour et à cette heure, il est précisément reproché à Alberto Contador.
Pour l'instant, l'UCI ne parle que de contrôle au résultat "anormal". Pas encore de contrôle positif. Avant de franchir le pas, l'instance internationale a décidé d'entreprendre des analyses complémentaires devant la faiblesse de la quantité de clenbutérol retrouvée dans le corps du triple vainqueur du Tour de France lors de la dernière Grande Boucle. Et c'est précisément sur ce point que le Castillan a choisi d'axer sa défense. Par la voix de son agent, qui a d'ailleurs révélé lui-même l'information en devançant le communiqué de l'UCI, Contador a immédiatement évoqué une "une contamination alimentaire". "Evidemment avec des taux de concentration comme ceux-là, on pouvait s'attendre à ce que l'argument d'une contamination alimentaire soit avancé comme excuse", a d'ailleurs souligné Martial Saugy, directeur du Laboratoire antidopage de Lausanne, interrogé par l'AFP.
Avis divergents
Cette argumentation, que le coureur, au courant depuis plusieurs semaines de l'anormalité des résultats du contrôle, a eu tout le temps de préparer, a-t-elle une chance d'être entendue? L'entourage du coureur a fait savoir qu'il avait reçu le soutien d'un biologiste néerlandais, Douwe De Boer, de l'université de Maastricht. Dans un rapport, ce dernier juge "extrêmement plausible" la thèse d'une contamination alimentaire avancée par le triple vainqueur du Tour. Il cite par ailleurs des cas d'intoxications au clenbutérol ont déjà eu lieu par le passé en Espagne, en Italie, au Portugal, aux Etats-Unis et même en France dans les années 90.
Autre soutien, celui de Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et spécialiste du dopage, qui s'est exprimé au journal de France 2 jeudi soir. "Je suis prêt à le croire dans la mesure ou le clenbutérol est un produit détectable dans les urines et ça me parait suicidaire pour un garçon comme lui. La contamination accidentelle est possible. Le clenbutérol, pour avoir un effet anabolisant, ça ne marche pas avec une seule prise. Il faut en prendre pendant plusieurs jours. Cette histoire de viande contaminée parait crédible." Même si cet avis est contredit par d'autres experts, Contador n'est pas seul à le défendre. Il a plus de poids que les fameux petits bonbons ramenés du Pérou par la tante de Gilberto Simoni voilà quelques années...
A moins que de nouvelles analyses ne le blanchissent complètement en ne détectant pas la moindre trace du produit, la thèse défendue par Contador incarne le meilleur moyen pour lui d'échapper à une suspension et à la perte de sa troisième couronne française. En ne le sanctionnant pas autrement qu'à titre provisoire, en attendant d'examiner l'hypothèse émise par le coureur, l'UCI a entrouvert la porte. Pierre Bordry, l'ancien patron de l'Agence française de lutte contre le dopage, ne croit pourtant pas à la thèse d'une absorbation involontaire. "Ça me parait peu crédible", a-t-il confié. Le problème pour Contador vient du fait que l'athlète est considéré comme responsable de ce que l'on retrouve dans son corps. C'est en tout cas ce que stipule le règlement antidopage.
La clémence est rare
Il ne reste donc plus au Madrilène qu'à plaider sa bonne foi, puisqu'il ne pourra vraisemblablement pas prouver par A+B que le clenbutérol détecté lors du contrôle provient d'une consommation alimentaire. Il l'a lui-même reconnu jeudi lors de sa conférence de presse. D'une certaine manière, son mode de défense devrait se rapprocher de celui de Richard Gasquet. Le tennisman français, contrôlé positif à la cocaïne en mars 2009, avait plaidé le fait que la très faible dose retrouvée dans ses urines ne pouvait relever que d'une consommation fortuite et non volontaire. Il n'avait pas été entendu par la fédération internationale de tennis, mais le TAS, lui, avait retenu ses arguments pour lui permettre de reprendre la compétition. "La question de ces seuils limites a déjà été discutée avec l'affaire Gasquet, confirme Martial Saugy. Certains avaient fait valoir que dans le cas d'un autre laboratoire (celui de Montréal NDLR), il n'aurait pas été pris".
Reste que les cas de clémence sont plutôt rares dans ce domaine. Fin 2008, le pistard belge Iljo Keisse avait été contrôlé positif à la cathine et de l'hydrochlorothiazide. Keisse avait réussi à convaincre la fédération belge de sa bonne foi, en démontrant que les produits se trouvaient dans un complément alimentaire. Mais le TAS avait ensuite balayé cette décision en le suspendant pour une durée de deux ans. La nageuse Jessica Hardy, comme Contador, avait été contrôlée positive au clenbuténol lors des Jeux de Pékin. La brasseuse américaine avait ensuite démontré que la substance se trouvait dans un complément alimentaire, sans que cela soit stipulé sur la notice. Elle avait attaqué le fabricant et sa suspension avait été réduite de deux à un an. Difficile de prédire si Alberto Contador parviendra à convaincre les instances internationales. Mais on peut déjà imaginer que l'affaire ne fait que débuter.
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