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Contador, comme un malaise
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Publié 30/06/2011 à 18:31 GMT+2
Le Tour de France 2011 n'a pas encore commencé qu'Alberto Contador a déjà vécu une étape bien difficile à deux jours du départ. Jeudi, l'Espagnol a dû subir les assauts des journalistes avant d'être hué par le public du Puy-du-Fou lors de la présentation des équipes. Ça promet...
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Crédit: Eurosport
On le sait, il l'a déjà montré, Alberto Contador est un roc sur le plan psychologique. De par son expérience d'homme et de coureur, l'Espagnol a appris à se blinder. Tant mieux. Parce que ce qu'il va vivre pendant trois semaines sur le Tour de France lui demandera une résistance mentale sortant de l'ordinaire. En tout cas si l'on se fie à ce que l'on a vu et surtout entendu jeudi, en Vendée. Sifflé par le public, secoué par les journalistes, le triple maillot jaune a pu mesurer de façon très concrète ce qui l'attendait. Dire qu'il aborde cette édition 2011 dans un climat difficile relève de l'euphémisme.
Quoi qu'il arrive, la séquence des sifflets du public français restera comme un moment marquant de ce Tour de France, qui n'a pourtant pas encore commencé. Ce n'est pas souvent qu'on entend un champion de l'envergure de Contador conspué de la sorte. Bien sûr, il y avait déjà eu des sifflets lors du Tour 2010, suite à l'épisode du saut de chaine d'Andy Schleck, dont l'Espagnol avait profité pour prendre le maillot jaune. Mais il s'agissait alors d'une réaction à chaud, sur un fait de course. Là, l'attitude du public a une portée plus significative encore. Il y a une forme de préméditation dans ces sifflets. Pour tout dire, on s'y attendait et il est probable que Contador lui-même n'escomptait pas à un accueil particulièrement chaleureux.
F.Schleck: "Ce n'est pas aux gens de décider"
Lorsque son nom a été cité par Stefano Bernabino lors de la présentation officielle des équipes, quelques applaudissements sont donc descendus de l'arène du Puy-du-Fou. Mais très vite, ils ont été masqués par l'amplitude des sifflets de la foule. Après un petit regard complice à son coéquipier Jesus Hernandez, Contador a préféré en rire. Mais s'il doit être accueilli aussi chaudement par les spectateurs aux quatre coins de la France d'ici le 24 juillet, il aura peut-être intérêt à courir avec des boules Quiès. Quelques instants avant de huer Contador, le public avait chaleureusement applaudi Andy Schleck. Le méchant d'un côté, le gentil de l'autre. Une posture caricaturale, mais qui risque fort de se répéter dès samedi. "Ce n'est pas aux gens de décider, a réagi Frank Schleck, le frère aîné d'Andy, regrettant ces sifflets. S'il est là, c'est qu'il peut courir. On attendra la suite après le Tour".
Après cette houleuse cérémonie, Alberto Contador et ses équipiers se sont rendus dans l'espace réservé aux médias. Ils ont posé pour la traditionnelle photo d'équipe et ont regagné ensuite leur bus en évitant les journalistes qui souhaitaient l'interroger. Chacun interprètera à sa façon l'attitude du public. Certains la jugeront méritée, d'autres inévitable. On peut aussi la regretter. Mais quoi qu'on en pense les faits sont là et Contador devra composer avec eux. Il parait difficile d'imaginer que les sifflets du Puy-du-Fou soient les derniers à l'encontre du champion de Pinto.
"Pourquoi devrait-on vous croire ?"
Comme il n'a probablement pas fini de répondre aux questions de journalistes évoquant sa situation "juridique." Ce fut le cas dès jeudi lors de la traditionnelle conférence de presse d'avant-tour, que Contador a donné aux Herbiers. C'est l'ancien coureur irlandais Paul Kimmage, reconverti dans le journalisme, et qui travaille aujourd'hui pour le Sunday Times, qui a donné le ton. Sa question à Alberto Contador, précédée d'une remarque, n'avait rien de diplomatique. C'est le moins qu'on puisse dire. "Toutes les équipes dans lesquelles vous êtes passé ont été à un moment ou à un autre impliquées dans le dopage. On ne vous a jamais entendu faire de déclarations contre le dopage. Pourquoi devrait-on vous croire ?" La réponse de Contador fut la plus courte de ces 40 minutes de sa conférence de presse: "Vous êtes très mal informés, j'ai toujours dit que j'étais contre le dopage. Pour moi, c'est tolérance zéro. Mais vous êtes libres de penser ce que vous voulez." Ambiance, ambiance...
Dans la tempête, Contador reste droit comme un I. Qu’on le siffle, qu'on le cherche, ce n'est pas un problème. Une fois en course, il se sent parfaitement capable de faire la part des choses. "Le climat sur la route est souvent beaucoup moins compliqué qu'en dehors, estime-t-il. J'ai de l'expérience, j'ai l'habitude de la pression et je suis capable de me concentrer sur ma course. Je fais ça depuis des années." Certes, mais quelque chose nous dit qu'il flotte autour de ce Tour de France un parfum que l'Espagnol n'a jamais respiré...
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