Eurosport
"Le jaune, mon rêve"
Par
Publié 30/06/2011 à 00:07 GMT+2
Alexandre Vinokourov a connu beaucoup de bonheurs mais aussi la déchéance sur le Tour de France. Les honneurs et le déshonneur. A bientôt 38 ans, le Kazakh repart pour une dernière Grande Boucle. Avec de l'ambition, et un rêve, porter le maillot jaune, au moins quelques jours. Il n'y a jamais goûté.
Eurosport
Crédit: Eurosport
. SA SAISON ET CELLE D'ASTANA
"Le début d'année a été un peu tardif. Il a fallu patienter pour voir la première victoire. C'est venu avec Rémy (Di Gregorio, lors de Paris-Nice). Je suis content pour lui. On a discuté avec lui l'an dernier, je croyais en lui. Je savais que c'était un bon coureur. Il est heureux ici je crois, j'espère qu'il va prolonger. Après, tout s'est bien enclenché, on était présent sur les classiques. Moi, je n'ai pas eu de chance sur Liège-Bastogne-Liège, je pense que je pouvais rester avec Gilbert et les Schleck. Le Giro a été correct même si Roman partait avec l'objectif de faire un podium. Mais c'était difficile à réaliser. Il y a quand même eu une victoire d'étape, la 6e place au général de Roman et le maillot blanc."
. LA VIE SANS CONTADOR SUR LE TOUR
"C'est difficile de dire que nous sommes moins ambitieux que l'année dernière. L'équipe existe depuis cinq ans. Elle existait avant Alberto. On est arrivés à un très haut niveau, et c'est toujours difficile de s'y maintenir en permanence. Mais on essaie. Nous avons choisi de rajeunir un peu l'équipe cette année. On veut être très présent sur ce Tour. On a envie de montrer notre maillot, de gagner des étapes."
. POURQUOI IL AIME TANT LE TOUR
"Parce que c'est l'histoire. L'histoire du vélo qui s'écrit ici. Ce n'est peut-être pas plus dur que le Tour d'Italie ou même le Tour d'Espagne, mais c'est l'épreuve la plus connue, la plus prestigieuse. Les médias, les spectateurs, ça donne cette ambiance de folie. Je me souviens quand j'ai commencé en 1999, c'était difficile de garder toute l'énergie et la concentration nécessaire tellement il y avait de monde. Le Tour, c'est une ambiance unique. Je n'ai jamais détesté le Tour, même dans mes pires moments, ça a toujours une course dans mon coeur. Moi, au Kazakhstan, je rêvais vraiment de courir une fois le Tour.
. QUELLE AMBITION POUR LUI?
"Je viens toujours dans l'esprit de gagner. Aujourd'hui, je ne me sens pas si différent qu'en 2003. Sur mon passeport, j'ai vieilli, mais dans ma tête, il n'y a pas de différence. L'an dernier, si je ne travaille pas pour Alberto, je pense sincèrement que je peux terminer dans les cinq premiers à Paris. On verra bien. Gagner, ce sera difficile bien sûr, mais pour la troisième place, c'est ouvert. Mais j'ai déjà fait troisième du Tour alors, je préfère gagner deux ou trois étapes. Mais mon rêve, c'est vraiment de porter le maillot jaune quelques jours. Ce serait magnifique."
. LE PARCOURS
"Je pense que c'est un parcours qui me convient. Des étapes comme celle de Mûr-de-Bretagne, ça donne de l'envie et de la motivation. J'aime les courses ouvertes, j'aime quand il y a du vent, quand ça frotte. Pour les étapes de montagne, je ne suis pas un pur grimpeur, alors je dois souvent partir d'un peu plus loin et c'est encore ce que j'essaierai de faire sur ce Tour. Je pourrais viser le maillot à pois aussi, pourquoi pas. Ca veut dire quelque chose dans l'histoire du Tour. Mais quand tu vises le général, c'est difficile. Mais on ne sait jamais."
. SON TEMPERAMENT D'ATTAQUANT
"J'ai gagné cette image quand j'ai couru en France à mes débuts, chez Casino. J'attaquais toujours. C'était pareil après chez Telekom. Là-bas, mon directeur sportif, Walter Godefroot, m'a appris ensuite à attaquer moins souvent mais de façon plus efficace. Mais j'ai un caractère différent. J'aime le spectacle, je ne sais pas rester dans les roues, être calme, attendre. Dès que j'ai de bonnes jambes, il faut que j'attaque. C'est comme ça."
. SON DERNIER TOUR, VRAIMENT?
"Il faut arrête un moment ou un autre. Je reviendrai. En voiture, en hélicoptère ou je ne sais pas où, mais je reviendrai sur le Tour. Mais sur le vélo, il faut savoir dire stop, j'ai bientôt 38 ans. Ce sont des sacrifices, tu ne vois pas ta famille. Lance (Armstrong) a fait podium à 38 ans. Je pourrais sans doute encore courir encore deux ans. Mais sur les Champs-Elysées, ce sera ma dernière avec le vélo."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité