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"Prêt à tout pour Thomas"
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Publié 15/07/2011 à 19:49 GMT+2
Après quelques mois de doutes, Pierre Rolland court désormais libéré et il a impressionné sur les pentes de Luz Ardiden. Le grimpeur du Team Europcar l'affirme haut et fort : il est prêt à tout pour défendre le maillot jaune de Thomas Voeckler. Quitte à sacrifier ses ambitions personelles.
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PIERRE, comment le Team Europcar vit ces jours en jaune ?
P.R. : Dans l'équipe depuis quelques jours, il y a un effet de groupe qui nous entraine et nous pousse vers le haut. C'est le genre de dynamique qui joue beaucoup sur moi. Quand je vois Vincent Jérôme qui traine sa misère depuis le début du Tour, qui est passé tout proche d'abandonner et qui, ce vendredi, imprime le tempo du peloton dans l'Aubisque, ça donne des forces. On a tous à coeur de se donner à 100% pour défendre le maillot de Thomas.
Justement, l'équipe a davantage l'habitude d'attaquer que de défendre ses intérêts. N'est-ce pas trop dur parfois de courir contre nature ?
P.R. : Ce n'est qu'à moitié vrai. Sur le Tour méditerranéen, le Haut Var ou les 4 Jours de Dunkerque, on a déjà défendu nos intérêts au général. On sait désormais courir pour un leader. Thomas nous fait de grands numéros cette année et on a pris l'habitude de le protéger.
Dans l'ascension de Luz Ardiden, étiez-vous étonné de vous retrouver avec tous les cadors du peloton ?
P.R. : Cyril Gautier est tombé, Anthony Charteau a connu un incident mécanique. A ce moment-là, je ne me suis pas posé de question. Je n'avais plus rien à manger ni à boire depuis deux cols. J'ai mis la douleur physique de côté et je n'avais qu'un but : que Thomas perde le moins de temps possible sur les leaders.
Sans la défense du maillot jaune, auriez-vous été capable d'une telle montée ?
P.R. : Il faut bien comprendre quelque chose. Lorsqu'on court devant, on ne subit pas la course. On ne prend aucune relance dans les pattes, aucune cassure et on peut anticiper car on voit tout ce qui se passe. C'est le gros avantage des frères Schleck avec des équipiers comme Voigt, Cancellara. Ils sont toujours placés. C'est plus facile pour eux. Courir devant pour défendre le maillot jaune, c'est un droit et un devoir. Ça rend les choses plus simples. Surtout pour moi qui n'aime pas frotter. Cela fait cinq jours que je ne subis plus la course. Ça change tout.
Mais sans les jambes...
P.R. : Evidemment. Mais Thomas est plus qu'un simple puncheur. Il fait 20e du Giro en 2010. Il a franchi un vrai palier dans la montagne. Pour moi, c'est un peu pareil. J'ai atteint un autre niveau physiquement cette année.
Peut-on parler également d'un palier mental vous concernant ?
P.R. : Bien sûr, je ne vais pas le cacher. J'ai eu du mal à digérer tout ce qui se racontait sur moi ces dernières années. Aujourd'hui, j'assume beaucoup plus qui je suis. Je cours libéré, ça change tout. Je prends plus de plaisir dans cette équipe car tout est très clair. On a un grand leader et on se dévoue à sa cause. L'environnement est sain, la hiérarchie est claire. Ça aide.
Oui mais si Thomas Voeckler perd son maillot, il faudra bien parler de vos ambitions. Vous n'êtes pas loin au général...
P.R. : (Il coupe) Si Thomas est à 10 minutes demain, je l'attendrais parce qu'il ne faut pas inverser les rôles. Je fais une croix sur mes ambitions même si je peux peut-être jouer le maillot blanc. On respecte Thomas pour tout ce qu'il fait et tout ce qu'il a fait. On est prêt à tout pour lui.
Samedi, le Plateau de Beille. Est-ce que vous vous attendez à une plus rude bataille encore qu'à Luz Ardiden ?
P.R. : C'est certain. Je suis persuadé que ce sera plus compliqué, que les leaders vont davantage s'attaquer mais on est prêt à défendre le maillot jaune.
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