Eurosport
Voeckler, fin de règne?
Par
Publié 20/07/2011 à 20:12 GMT+2
Thomas Voeckler a failli tout perdre mercredi dans la dernière descente, en ratant un virage. Passé tout près de la catastrophe, il a cédé du temps mais pas son maillot jaune. Jusqu'à quand? L'Alsacien s'attend à passer la main jeudi au Galibier, où il ne pense pas pouvoir suivre les meilleurs.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Si Thomas Voeckler est toujours en jaune, il en a vu de toutes les couleurs mercredi. Dans cette descente de Pramartino, si redoutée par les frères Schleck, et sur laquelle le Français tablait pour réussir un gros coup, c'est bien lui qui a bien failli tout perdre. Trois virages mal négociés en six kilomètres, c'est trop pour un prétendant à la victoire. Pardon, c'est vrai, le leader d'Europcar ne se range pas dans cette catégorie. Mais à partir du moment où il est devant tout le monde à quatre jours de l'arrivée... La veille, à Gap, Voeckler avait déjà parlé de mauvaise journée. Mercredi, cela a été bien pire. A part Ivan Basso, arrivé en même temps que lui, il a cédé près de 30 secondes à tous ses adversaires directs.
Mais dans son malheur, il a eu de la chance. Sa dernière sortie de route aurait pu tourner à la catastrophe. "J'ai eu beaucoup de chance, avoue l'Alsacien, qui a atterri sur la terrasse d'une maison. S'il y a un mur en face, je ne peux pas m'arrêter. Ca aurait fait beaucoup plus mal." Tout est allé très vite. Rétrospectivement, il a conscience d'avoir évité le pire. "Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, reprend le maillot jaune. J'ai vu que dans le virage, ça ne passait pas, qu'il y avait une voie de secours mais qu'il fallait sauter une marche d'environ 80 centimètres. C'est une fraction de seconde qui paraît une éternité, j'ai presque fermé les yeux, soulevé la roue avant."
Hinault: "Il commence à payer ses efforts"
Du coup, Thomas Voeckler est bien content de s'en être sorti indemne. Il le sait, son Tour aurait pu s'arrêter dans cette petite cour. "Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais toujours sur le vélo et je me suis dit 'allez demi-tour', la course continue". A côté de cette peur bleue, les secondes perdues à Pinerolo sur la ligne d'arrivée ne pèsent pas bien lourd. "Vingt-sept secondes, estime-t-il, ce n'est vraiment pas cher payé, cela aurait pu être une clavicule". Il arrivait même à plaisanter de sa mésaventure en revoyant les images. "Le VTT, ce n'est pas ma spécialité, s'amuse-t-il. Si ma femme a regardé, je vais me faire engueuler!"
Mathématiquement, il est pourtant indéniable que le protégé de Jean-René Bernaudeau a fait une bien mauvaise affaire en Italie. En toute franchise, il concède avoir commis une erreur dans cette descente: "j'ai basculé en tête et j'ai essayé de prendre de l'avance. J'ai voulu forcer un peu. Si j'avais fait un peu moins le chien fou. Après, on perd en confiance. Si je prends un peu moins de risques, je termine avec Evans et les autres. Dans une descente, quand on fait une erreur une fois, après c'est difficile de descendre bien après. J'ai présumé un peu de mes moyens dans la descente et ça ne pardonne pas." Mais comment lui en vouloir? Il a couru comme quelqu'un qui cherche à gagner le Tour. "Il a pris des risques et il faut en prendre, souligne Bernaudeau. On n'a rien sans rien. Ça valait le coup. Thomas aurait pu prendre des secondes sur les meilleurs, c'était son objectif."
Mercredi soir, sur le podium, Voeckler a endossé son neuvième maillot jaune. Plus qu'un et il fera aussi bien qu'en 2004. Ils ne sont pas nombreux à avoir porté 10 fois la toison d'or sur deux Tours différents. Mais le 10e sera aussi le plus dur à aller chercher. Avec Agnel, Izoard et le Galibier au programme, ce 18e opus s'annonce terrible. "Dès Agnel, il risque d'avoir du mal, prévient Bernard Hinault. Il commence à payer ses efforts et c'est normal." Le double champion de France n'attend pas de miracle jeudi. "Dans la dernière ascension aujourd'hui (mercredi), j'ai réussi à suivre. Mais demain (jeudi), ce sera plus dur de le faire. Ça devient compliqué. Je ne pense pas pouvoir suivre les 'collègues' dans le Galibier." "Moi, ce que je retiens, dit encore Bernaudeau, c'est que nous avons le maillot jaune le matin du dernier jeudi du Tour. Si nous l'avons encore vendredi, ce sera un authentique exploit." En toute logique, Thomas Voeckler devrait passer la main jeudi. Mais la logique, Voeckler l'a déjà malmenée tant de fois depuis Saint-Flour...
Sur le même sujet
Publicité
Publicité