Big Ben était à l'heure

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Ben Roethlisberger vient de remporter son deuxième Super Bowl à seulement 26 ans. Une précocité sans égale dans l'histoire de la NFL. Mais contrairement au titre de 2006, le quarterback de Pittsburgh s'est montré décisif cette fois. La preuve que Big Ben

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Crédit: Eurosport

Il a fallu à Ben Roethlisberger attendre la dernière minute de son deuxième Super Bowl pour qu'il marque enfin un touchdown à la passe. Mais s'il a été long à venir, il est appelé à entrer dans l'histoire, car le touchdown de 6 yards de Big Ben pour Santonio Holmes à 35 secondes de la fin du match a sauvé les Steelers d'une incroyable désillusion. Une fois n'est pas coutume, la défense de Pittsburgh a failli dans le dernier quart-temps. Mais Roethsliberger était là. Son drive décisif victorieux, long de 78 yards, le fait entrer dans la légende, aux côtés des Terry Bradshaw, Joe Montana, John Elway et autre Tom Brady. A 26 ans, après seulement cinq saisons, le voilà nanti de deux victoires au Super Bowl. C'est colossal.
Il y a trois ans, à Detroit, le jeune QB était complètement passé à côté de son match. Malgré la victoire finale obtenue contre Seattle, il en avait gardé une légère amertume. "Pas pour mon ego, pas pour mes statistiques personnelles, mais simplement parce que j'avais l'impression d'avoir laissé tomber mon équipe le jour le plus important de la saison", explique-t-il. Dimanche soir, à Tampa, Roethlisberger n'a laissé tomber personne. C'est même lui qui a permis de relever in extremis une équipe à terre, quasiment K.O. après avoir encaissé 16 points en cinq minutes dans la dernière période. Voilà bien la preuve que Little Big Ben a bien grandi. Fini le temps où on lui demandait de ne pas perdre les matches. Maintenant, il peut aller les gagner lui-même, et ça change tout.
Direction le Hall of Fame?
Ce dernier drive, Roethlisberger l'a abordé sans peur. En leader. Mais sans esbroufe. On le sait, dans ces moments-là, le discours du QB dans le huddle est souvent déterminant. "Je n'avais pas de John Candy à ma disposition comme Joe Montana, rigole Ben. J'ai simplement dit aux gars 'c'est maintenant ou jamais. Si vous réussissez ça, on se souviendra de vous à jamais. Nous devons le faire." Après une pénalité de 10 yards concédée par Chris Kemoatu, Pittsburgh s'est retrouvé avec une première tentative et 20 sur ses propres 12 yards. L'en-but des Cardinals paraissait alors bien loin, le trophée Vince Lombardi plus encore. Le coordinateur défensif des Steelers Dick LeBeau, lui, continuait à y croire. "J'ai dit aux joueurs sur le bord de la touche que ce n'était pas fini. Je crois en Ben. Toujours. Je crois en lui depuis que je l'ai vu jouer pour la première fois en Sophomore à l'Université. Il a l'habitude de faire ça."
Ça, c'est cette faculté à renverser sur le dernier drive une situation compromise. Rien que cette saison, Ben Roethlisberger a signé à un drive victorieux contre Baltimore (deux fois), San Diego, Jacksonville ou Dallas, alors que Pittsburgh était mené au score dans les trois dernières minutes. Mais aucun de ces comebacks ne peut égaler celui de dimanche. Huit jeux pour 88 yards et un touchdown historique, celui du 6e sacre des Steelers. "J'ai essayé de lancer la balle suffisamment haute pour que personne à part Santonio ne puisse capter le ballon", raconte Big Ben au sujet de la dernière passe. La classe de Holmes a fait le reste, unissant les deux hommes dans une gloire commune. Même si le receveur de Pittsburgh a été désigné MVP, Roethlisberger a incontestablement gagné ses galons de futur Hall of Famer.
"Ce qui m'intéresse, c'est de gagner"
Certes, il n'a pas l'étoffe médiatique d'un Tony Romo, à qui la très "peopolesque" compagne, Jessica Simpson, assure un suivi assidu de la part des journaux et télévisions. Il n'a pas non plus la carrure d'une star de Fantasy league comme Drew Brees ou Kurt Warner. Si vous êtes adeptes de ce genre de jeu, il n'est pas votre homme. Une seule fois, au cours de ses cinq premières saisons pros, Roethlisberger a affolé les compteurs. C'était l'an dernier. Cela lui avait valu une sélection au Pro Bowl. La seule de sa carrière à ce jour. Un manque de reconnaissance individuelle certain pour un joueur nanti d'un tel palmarès à seulement 26 ans. "Ca ne me dérange pas, assure l'intéressé. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de gagner. Je prends les victoires. Que je lance pour 350 ou pour 100 yards, ça ne change rien pour moi." Terrell Suggs, redoutable défenseur de Baltimore, l'ennemi juré de Pittsburgh, abonde dans son sens. "Il n'a peut-être pas les stats de certains, mais quand il s'agit de répondre présent pour gagner un match au moment crucial, Ben Roethlisberger est l'homme qu'il vous faut. Il faut lui tirer notre chapeau pour ça. Ce type sait gagner. Ce n'est pas le cas de tous les quarterbacks, y compris certains qui ont une réputation flatteuse", estime Suggs.
En se montrant décisif sur la plus grande des scènes, celle du Super Bowl, Roethlisberger a changé de dimension dimanche. Il a en même temps fait taire pas mal de ses détracteurs. Le véritable leader de cette équipe, c'est lui. Avec deux titres en cinq saisons, à un âge où Kurt Warner n'avait pas encore débuté sa carrière NFL, il peut instaurer une véritable dynastie dans les années à venir. Jeune homme humble et attachant, mais aussi terriblement déterminé, Big Ben ressemble à cette équipe de Pittsburgh, à cette ville. Il colle à merveille à l'histoire de cette franchise à nulle autre pareille, véritable famille où la culture du collectif est aussi fortement ancrée que celle de la gagne. "Je suis heureux ici. Je me sens à ma place. Je ne sais pas si ce serait le cas ailleurs ", dit-il.
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