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L'exception Green Bay
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Publié 04/02/2011 à 19:02 GMT+1
Green Bay, qui dispute le Super Bowl dimanche face à Pittsburgh, est un mythe dans le paysage de la NFL. Petite ville de 100.000 âmes, elle ne vit que pour ses Packers. Le club appartient d'ailleurs aux supporters et non à un propriétaire, fait unique dans le sport professionnel américain.
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Green Bay est un cas dans la NFL. A l'échelle des Etats-Unis, la bourgade du Wisconsin est un village, aves ses 100.000 habitants. Dans l'ensemble des sports professionnels américains (MLB, NFL, NBA et NHL), il s'agit d'ailleurs de la plus petite ville à disposer d'une franchise. Parce qu'au pays de la démesure sa taille sonne comme une incongruité, Green Bay, pour survivre, ne pouvait que choisir un mode de fonctionnement unique. Ici, les fans ne soutiennent pas le club. Ils sont le club. Et on peut employer ce mot, club, à dessein, car les Packers s'apparentent plus à un club comme on les connait chez nous, en Europe, qu'aux franchises américaines.
Fondés en 1919 par George Calhoun et Earl Lambeau (qui a donné son nom au stade, Lambeau Field), les Packers n'appartiennent à personne. Ou plutôt ils appartiennent à tout le monde. Ici, pas de milliardaire prêt à injecter du billet vert à gogo. L'union fait la force. Depuis 1923, les habitants ont décidé de faire du Pack une société à but non lucratif. Près de neuf décennies plus tard, c'est toujours le cas. 110.000 personnes détiennent des parts du club. Elles ne perçoivent jamais de dividendes. Ce système reste un garde-fou, une façon de protéger l'identité des Packers. L'exception Green Bay est communément admise. Elle est pourtant en infraction avec les règlements de la NFL. Celui-ci stipule en effet qu'une franchise ne peut être détenue par plus de 32 personnes. Mais Green Bay jouit d'une exemption, au titre de son ancienneté, supérieure à celle de la Ligue.
Sentiment identitaire
Il y a donc un petit côté village gaulois sur les bords du Lac Michigan. "Le fait qu'il n'y ait pas de propriétaire créé un lien très particulier entre l'équipe et les fans, estime le quarterback Aaron Rodgers. Les gens se sentent personnellement investis. Du coup, l'atmosphère est très particulière, au stade mais surtout en dehors. Tout le monde croise tout le monde. La proximité n'est pas la même que dans une grande ville. C'est un peu la même chose qu'à l'université. Partout où vous allez, vous voyez du vert et du jaune." Clay Matthews, la star de la défense confirme. "Quand vous faites une connerie sur le terrain, ce n'est pas le proprio qui vous engueule. C'est la dame qui tient l'épicerie au coin de la rue qui vous passe un savon." Les joueurs mangent dans les mêmes restos que les fans. Ils prient au même endroit. Vont dans les mêmes cinémas.
Ici, la tradition n'a jamais cédé un millimètre de terrain au mercantilisme. Quitte à s'asseoir sur un certain confort. Lambeau Field n'a jamais été couvert. Personne ne s'en plaint. Cela fait d'ailleurs 51 ans que le Pack joue à guichet fermés, avec une liste d'attente de plusieurs dizaines de milliers de personnes. La plupart mourront avant d'obtenir le précieux sésame. Ici, on se fait une joie de suivre les matches sous la neige en plein mois de décembre. Et Lambeau Field restera Lambeau Field. Le naming, ce n'est pas pour Green Bay. A eux seuls, les Packers incarnent tout un pan de l'histoire du football américain. Bientôt centenaire, le club a connu bien des heures de gloire, avec 12 titres de champion, dont trois Super Bowls. Green Bay a d'ailleurs remporté les deux premières éditions, en 1967 et 1968. Leur entraîneur de l'époque, Vince Lombardi, a donné son nom au trophée remis au vainqueur du Super Bowl chaque année.
"Il y a une tradition d'excellence et le poids de l'histoire est omniprésent sans être pesant, juge Mike McCarthy, l'actuel head coach des "Green and Gold". Ici, chacun mesure bien qu'il appartient à une organisation qui n'existe pas ailleurs. Il y a un sentiment identitaire très fort." La qualification pour le Super Bowl, après 13 années d'absence, a évidemment mis toute la ville en émoi. "Ils étaient plus de 3000 à l'aéroport en pleine nuit quand nous sommes revenus de Chicago, raconte Rodgers. Et ils étaient au moins autant quand nous avons pris l'avion pour Dallas. Pour eux, au moins autant que pour nous, nous voulons gagner dimanche". Pittsburgh est très attaché à ses Steelers, mais la ville a aussi les Pirates et les Penguins. Ici, Green Bay ne vit que pour ses Packers. Pour que l'exception perdure.
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