Tout est une question de perspective. Selon que l'on se place sur le court ou le long terme, cette défaite de l'Allemagne en demi-finale de la Coupe des Confédérations peut laisser des regrets ou susciter beaucoup d'espoir. Sûr que Jürgen Klinsmann et ses joueurs opteront pour la deuxième option. En vue de la Coupe du monde 2006 et malgré ce court revers (2-3) face au maître brésilien, les Allemands ont montré qu'ils seraient très certainement prêts pour leur Mondial.
Durant les trois-quarts de la partie, les triples champions du monde ont fait jeu égal, parfois mieux, avec la sélection auriverde. Malheureusement pour le public de Nuremberg, une baisse de régime et un coup de poignard d'Adriano dans le dernier quart d'heure ont fermé les portes de la finale aux locaux. Pour le reste, l'Allemagne a tenu son rang et a donné beaucoup de raisons d'espérer.
Un coup de canon
Avec Ballack dans le rôle du chef d'orchestre, le milieu de terrain allemand entre parfaitement dans la partie. En surnombre autour du porteur du ballon, les récupérateurs au maillot frappé de l'aigle prennent le dessus et c'est Bernd Schneider qui se crée la première occasion de la partie sur une demi-volée bien sentie mais non cadrée (17e). Le cadre, Adriano le trouve sur un coup franc surpuissant d'une bonne trentaine de mètres. Légèrement dévié par le mur rouge, le tir de l'Interiste fait mouche (1-0, 21e).
Menés au score, les Allemands ne s'affolent pas. A raison puisque sur un corner de Deisler, Lukas Podolski profite des largesses habituelles de la défense brésilienne sur coups de pied arrêtés. Le coup de tête du joueur de Cologne - au nez et à la barbe d'un Maicon dépassé - ne laisse aucune chance à Dida (1-1, 23e).
Revenus au score et bien en place, les coéquipiers de Michael Ballack continuent à se comporter en patrons. C'est alors que Robert Huth entre en scène. Débordé par Adriano, le défenseur ne trouve rien de mieux que de pousser le Brésilien hors du rectangle vert. L'arbitre n'hésite pas et siffle un penalty logique. Ronaldinho ne laisse pas passer l'aubaine (2-1, 43e).
Ballack égalise
Dans un souci de magnanimité et d'équité, M. Carcos Chandia siffle un nouveau penalty sur un accrochage dans la surface. Emerson balance Ballack et le joueur du Bayern se fait justice lui-même (2-2, 45+2). Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un score nul mais loin d'être vierge. Au plus grand bonheur du Franken-Stadion.
Tenant tête à leur bourreau de 2002, les Allemands reprennent la seconde période avec d'excellentes intentions. Mais un peu émoussé, le onze d'outre-Rhin laisse quelques espaces dans son arrière-garde. Gilberto (57e) puis Lucio (75e) n'en profitent pas. Adriano, oui. Sur une accélération dont il a le secret, l'avant-centre se joue du malheureux Huth et bat Lehmann du gauche (3-2, 76e). L'Allemagne ne reviendra pas.
Fatigués, les Allemands
Fatiguée, l'équipe de Jürgen Klinsmann ne trouve pas les ressources pour égaliser. Elle laisse le Brésil filer vers la finale, tenter de récupérer un titre confisqué par la France lors des deux précédentes éditions. L'Allemagne, elle, repart bredouille. Sur le papier du moins. En dix jours de compétition, la Mannschaft a bien progressé et pris date pour 2006.
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