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Le foot paye ses excès
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Publié 07/08/2003 à 10:00 GMT+2
Héritage des années fastes de l'après Mondial 98, les salaires parfois mirifiques des joueurs français se révèlent aujourd'hui un véritable fardeau pour des clubs forcés de dégraisser, même si certains acceptent de revoir leurs émoluments en baisse.
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Frédéric Née, lassé du banc lyonnais a préféré émigrer vers Bastia pour rejouer en consentant d'amputer nettement son salaire (de 91.000 euros mensuels à 26.000). Le Brésilien de Rennes, Severino Lucas, a accepté lui aussi une baisse salariale de 30 % (de 135.000 à 90.000 euros) pour mieux rebondir. Mais, même sans atteindre le salaire princier de Marco Simone (300. 000 euros mensuels pour 217 minutes de jeu à Monaco la saison dernière) la majorité des joueurs préférent ignorer l'évolution du football.
"Dans un club en sureffectif, 95% des joueurs vont décidé de rester à leurs conditions salariales", confirme Jean-Jacques Amorfini, de l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP), le syndicats des joueurs. Des conditions qui datent souvent de l'âge d'or de la fin du siècle, quand les droits TV ont explosé (multipliés par 2,5 en 1999), une époque où même des joueurs moyens signaient des contrats juteux, quatre ou cinq ans à 45.000 euros mensuels. "Les clubs se sont peut-être engagés à la légère", reconnaît Amorfini.
Mais, la source des droits TV se tarissant et la crise financière s'aiguisant, les clubs se trouvent aujourd'hui obligés de dégraisser des effectifs devenus pléthoriques et coûteux. Le salaire moyen d'un joueur de L1 a plus que doublé entre 1996 et 2002, de 20.000 euros mensuels environ à plus de 40.000. En conséquence, avec des budgets en baisse de 7% en moyenne cette saison, la masse salariale représente 70% des charges d'un club de L1. "Les clubs supportent des charges qui ne sont plus en rapport avec leurs revenus actuels. Il faut faire le dos rond et attendre que les gros contrats arrivent à terme", explique Philippe Diallo à l'UCPF, le syndicat des clubs.
"Y regarder à deux fois"
Et si la donne économique a changé, le contexte juridique aussi, expliquant en partie l'immobilisme des joueurs. Il y a deux ans encore, lors d'une séparation à l'amiable en cours de contrat, le club payait à son joueur une partie du salaire encore dû sous forme de dommages et intérêt non imposables. Depuis, une modification légale suivie d'un arrêt de la Cour de Cassation ont eu pour effet de soumettre à l'impôt les sommes touchées lors d'une résiliation et de contraindre les clubs à payer des cotisations sociales sur ces sommes. "Ce qui renchérit le coût de la séparation" , précise-t-on pudiquement à l'UCPF. L'UNFP conseille donc aux joueurs de se faire verser l'équivalent de tous les salaires restants et non plus 50 à 60 % de cette somme.
"Un joueur doit y regarder à deux fois avant de partir maintenant, surtout s'il ne trouve pas de clubs derrière" , plaide Jean-Jacques Amorfini. D'ailleurs, 148 résiliations de contrat ont eu lieu en 2002-2003, contre 249 la saison précédente. Mais cet attentisme des joueurs fait grincer des dents. "Je suis déçu par ceux qui préfèrent gagner de gros salaires au PSG sans jouer plutôt que de chercher à jouer ailleurs pour un peu moins", assure Vahid Halilhodzic, l'entraîneur du PSG confronté à la difficulté d'écrémer quelques uns des 35 contrats pro du club. Mais, les "lofteurs", ces joueurs qui n'entrent plus dans les plans de l'entraîneur mais disposent souvent d'un gros contrat, préférent rester en marge des groupes pro plutôt que de prendre le risque de rejoindre le peloton des chômeurs.
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