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Bayern-Real (0-4): Sergio Ramos marque un doublé et mène le Real en finale de la C1

Sergio Ramos avait un compte à régler avec le Bayern

Le 30/04/2014 à 08:35

Auteur d'un implacable doublé et de deux performances XXL face au Bayern Munich en 1/2 finale de Ligue des champions, Sergio Ramos a été l'un des hommes de base de la qualification du Real Madrid. Redevenu le taulier qu'il doit être, le défenseur central peut entrer un peu plus dans la légende.

Sergio Ramos avait rendez-vous. Auteur d'un doublé en l'espace de quatre petites minutes, le défenseur espagnol a littéralement porté le Real Madrid vers la finale de Lisbonne. C'est bien grâce à ses deux réalisations placées aux 16e et 20e minutes que le Real Madrid a coupé l'élan du Bayern et ainsi pris le contrôle des évènements à l'Allianz Arena. "Nous avons mis du cœur et notre âme sur la pelouse ce soir. C'est un rêve d'accéder à la finale. Je n'en ai jamais joué (dans cette compétition) auparavant", a glissé à l'UEFA le champion du monde 2010, après la rencontre. Ce doublé est le premier à son actif depuis six années. Il fallait remonter au 18 mai 2008 et un succès du Real 5-2 face à Levante, lors de la 38e journée de la saison 2007/2008, pour trouver trace d'une telle performance dans ses statistiques.

Ses deux buts, qui succédaient à celui marqué en Liga face à Osasuna, le week-end dernier (succès 4-0 à Bernabeu), le Madrilène les a marqués de la tête. Profitant d'un marquage en zone de la défense du Bayern Munich pour se retrouver tout seul dans la surface, il a planté par deux fois la défense bavaroise, sans jouer sur sa détente. Le premier but, venu d'un corner botté par Luka Modric, lui a permis de mettre en évidence la précision de son jeu de tête. A la fois précise et puissante, cette reprise a mystifié le pauvre Manuel Neuer, complètement lâché par sa défense mardi soir, et lancé le premier succès du Real à Munich. Sur le deuxième but, le Sévillan a profité d'une légère déviation de Pepe, sur un coup franc de Di Maria, pour battre de nouveau le portier allemand. Deux buts marqués en C1 cette saison pour le vice-capitaine : les deux marqués à l'Allianz Arena. Ramos a été l'homme qui tombe à pic en Allemagne.

Plus que ses deux buts, c'est la performance d'ensemble qu'il a signé face au Bayern Munich lors de ces demi-finales qu'il faut retenir. Pas toujours concentré cette saison, notamment lors de la défaite 3-4 du Real face au FC Barcelone lors du Clasico, où son expulsion à la 65e minute a changé le cours de la rencontre, ou encore une expulsion malheureuse face à Galatasaray en phase de poules (4-1 pour le Real), le défenseur central, souvent pointé du doigt, a remis les pendules à l'heure en Bavière. A l'Allianz Arena, il a certainement sorti sa prestation la plus aboutie de la saison, alors qu'il jouait avec le couperet du carton jaune suspensif au-dessus de la tête. Un carton jaune qu'il aurait pu - dû - prendre après deux interventions limites, une lors de chaque période.

Sergio Ramos : "Nous avons gagné sur la pelouse du précédent champion d'Europe, avec identité, et avec le sceau du Real Madrid"

Il faut dire que la dernière prestation du Real en Allemagne sur la pelouse de Dortmund, où il s'était incliné 2-0 en passant tout près d'un désastre défensif, avait de quoi inquiéter en Espagne avant le match retour. Mais avec un Pepe dès grands soirs et deux latéraux concernés, concentrés et aptes à prendre les couloirs tant offensivement que défensivement (Daniel Carvajal et Fabio Coentrao), le Real a enfin trouvé l'équilibre défensif qu'il recherchait depuis des mois. Celui qui lui permet d'être une équipe complète, à la fois balle au pied et en contre. Au milieu de ce collectif devenu fluide, Ramos rayonne enfin. A Munich, il est enfin devenu le leader que l'équipe attendait.

"Les buts ne sont pas importants, bien qu'ils soient gratifiants au niveau personnel. Le plus important, c'est le collectif. Nous avons dit que nous serions prêt à y laisser notre peau et nous l'avons fait.", a-t-il déclaré sur le site officiel du Real Madrid. "Le Real Madrid se trouve là où il doit être. Nous avons gagné sur la pelouse du précédent champion d'Europe, avec identité, et avec le sceau du Real Madrid (...) Je pense que la Ligue des champions m'en devait une face au Bayer, le penalty offert, et l'incident avec Oliver Kahn quand on m'avait refusé un but (en 8e de finale de l'édition 2006/2007)"

Ramos-Neuer, un duel qui parle aux nostalgiques. Il y a deux années, lors de la dernière demi-finale de Ligue des champions disputée entre le Real Madrid et le Bayern Munich, l'international espagnol était devenue la risée du Web après avoir expédié son tir au but dans la tribune de Santiago Bernabeu, lors de la fatidique séance de penaltys perdue par le Real, celle que José Mourinho avait terminé à genoux. Ce doublé marqué à Munich correspondait en quelque sorte à sa rédemption. Sergio Ramos, c'était aussi un des principaux contestataires du "Special One", lors du passage du sulfureux technicien portugais dans la capitale espagnole (2010-2013).

D'éventuelles retrouvailles entre le Real, son vice-capitaine frondeur, et le honni manager des Blues, sonnent déjà comme croustillantes. Après Neuer et le Bayern, avec qui il avait un différent sportif à régler, le prochain défi du Merengue, qui a tout gagné avec la Roja, est de remporter la Ligue des champions pour la première fois de sa carrière. Un dixième titre, la fameuse "Decima", que la Casa Blanca attend depuis mai 2002 et son dernier succès en C1 face au Bayer Leverkusen (2-1). Le 24 mai prochain, Ramos pourra prouver à toute l'Europe du football qu'il est définitivement un grand. Et le faire face à l'Atletico de Madrid voire José Mourinho rendra la victoire encore plus belle. C'était écrit diront certains.

20e minute de jeu, Sergio Ramos double la mise. Sur un coup-franc de Di Maria, le Madrilène est de nouveau seul dans la surface et marque de la tête. Encore une fois.

20e minute de jeu, Sergio Ramos double la mise. Sur un coup-franc de Di Maria, le Madrilène est de nouveau seul dans la surface et marque de la tête. Encore une fois.AFP

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