Lizarazu quitte les Bleus

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Bixente Lizarazu, quatrième membre de la défense championne du monde et d'Europe à se retirer après Laurent Blanc, Marcel Desailly et Lilian Thuram, trace un trait sur l'équipe nationale au moment de rebondir en France, à Marseille, après huit ans d'exil

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Crédit: Eurosport

Le "Basque bondissant", son surnom lors de ses jeunes années à Bordeaux, met un terme à sa carrière internationale à 34 ans, après un parcours jalonné de 97 sélections, comme Blanc, de deux buts, comme Thuram, et pavé de quatre titres, comme Desailly (Mondial-98, Euro-2000, Coupe des Confédérations 2001 et 2003). De ses débuts internationaux contre la Finlande en 1992, à 22 ans, au triste France-Grèce en quart de finale de l'Euro-2004, Lizarazu a été le témoin de la fin d'une génération -celle des Papin et Cantona- et de la naissance d'une autre, emblématique, qui allait tout enlever sur son passage pour la première fois dans l'histoire.
Au même titre que Fabien Barthez, Lilian Thuram, Laurent Blanc et Marcel Desailly, "Liza" a symbolisé cette "France qui gagne", ou plutôt qui ne perd pas. A chaque fois que ces cinq-là ont été associés (483 sélections au total), les Bleus ne se sont en effet jamais inclinés. Entré chez les Bleus sur la pointe des pieds, Lizarazu a mis moins de quatre ans à s'imposer comme titulaire indiscutable sur l'aile gauche de la défense, poussant Eric Di Meco sur la touche au cours de l'Euro-96, au moment même où Thuram poussait Jocelyn Angloma vers la sortie.
Une année 1996 qui marque aussi le début de l'exil pour "Liza", comme pour nombre d'internationaux à l'instar de Zidane (Juventus Turin), Dugarry (Milan AC), Djorkaeff (Inter Milan), Thuram (Parme) et Blanc (FC Barcelone), imitant la première vague des Desailly (Milan AC) et Deschamps (Juventus Turin).
Surfeur
Le Basque, amateur de surf, proche de la nature et de sa terre d'origine, le Pays basque, choisit alors de mettre en accord ses convictions, son mode de vie et son métier. Il quitte son club formateur, Bordeaux, pour l'Athletic Bilbao (1re div. espagnole), qui accueille là son premier joueur d'Ipparalde, la partie nord du Pays basque. Mais l'expérience tournera court, juste le temps d'une saison de galère (16 matches). Il rejoint alors le Bayern Munich, cette Allemagne si éloignée de son sud-ouest natal et un effectif de "grandes gueules" aux antipodes de sa
discrétion naturelle.
Malgré des difficultés persistantes dans la langue de Goethe, Lizarazu fait
du club bavarois un autre "chez lui", où il passe sept saisons (1997-2004) et gagne tout, comme en Bleu. Ligue des champions (2001), Coupe intercontinentale (2001), Championnat d'Allemagne (1999, 2000, 2001, 2003) et Coupe d'Allemagne (1998, 2000, 2003), il étoffe au "FC Hollywood" (surnom du Bayern) un palmarès jusqu'alors juste garni d'un maigrelet titre de champion de France de deuxième division avec Bordeaux (1992). Comme un surfeur qui attend sa série de vagues, Liza a attendu le moment adéquat pour se retirer et passer le relais.
L'élimination en quart de l'Euro contre la Grèce (1-0), après laquelle il fut un des rares à s'exprimer en longueur, lucide et réaliste, a peut-être servi de catalyseur. Le Basque a senti qu'une page se tournait et, à seulement trois marches du club très privé des "centenaires" (Desailly, Deschamps, Thuram), a préféré s'éclipser plutôt que d'être un jour éclipsé par un autre.
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