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Transferts - Alexandre Pato à Chelsea : le retour en grâce de l'ex-enfant prodige ?

Alexandre Pato à Chelsea : le retour en grâce de l'ex-enfant prodige ?

Le 28/01/2016 à 15:41

TRANSFERTS - L’ancien Milanais, retourné au Brésil il y a trois ans pour se refaire une santé, est de retour en Europe. Et pas n’importe où : à Chelsea, où Hiddink souhaitait renforcer une attaque en difficulté. A 26 ans, Pato, ex-Golden Boy, peut donner un deuxième souffle à sa carrière en se relançant dans un top club de Premier League en mal de solutions offensives.

C’est sans doute un coup de poker mais voilà peut-être le plus beau coup du mercato d’hiver. Alexandre Pato va s’engager pour six mois (sous forme de prêt avec une option d’achat dont les modalités n’ont pas encore été communiquées) à Chelsea après avoir passé, mercredi soir, la traditionnelle visite médicale - avec succès - dans la capitale anglaise.

"Je suis là pour réaliser mon rêve. Chelsea est ma nouvelle maison. Merci au club pour le soutien, et merci à tous les fans qui m'ont manifesté leur joie sur les réseaux sociaux", a déclaré le joueur à Sky Sports, mercredi soir, à son arrivée à Londres.

Un transfert qui renvoie immanquablement plusieurs années en arrière, en 2008, lorsque Pato, alors âgé de 19 ans, a débarqué au Milan AC pour 22 millions d’euros, précédé d’une réputation de nouvelle merveille brésilienne avec quelques records de précocité chez les jeunes. Souvenez-vous. Dans une équipe rossonera alors championne d’Europe (Ligue des champions 2007), le joueur venu de l’Internacional Porto Alegre évolue notamment au côté de Kaka, Ronaldo ou Ronaldinho.

Pato et Ronaldinho

Pato et RonaldinhoOther Agency

Le prodige devenu homme de verre

D’abord couvé, Pato laisse entrevoir tout son potentiel. Elégant, doté de toute la panoplie de l’attaquant moderne (rapide, technique, efficace devant le but), le joueur confirme rapidement les attentes placées en lui en enfilant les buts, souvent décisifs. En 2008-2009, pour sa deuxième saison milanaise, Pato réalise une année pleine. 42 matches, dont 36 de Serie A, pour 18 buts. Il est élu Golden Boy (meilleur joueur de moins de 21 ans évoluant en Europe) à la fin de l’année 2009. La machine est lancée.

Oui mais voilà, Pato est fragile. Trop fragile. De plus en plus, en fait. A partir de la saison suivante, il se blesse à répétition et passe plus de temps à l’infirmerie de Milanello que sur les terrains. Aussi talentueux soit-il, le numéro 7 va voir plusieurs trains lui passer sous le nez (le Mondial 2010 notamment). Et son statut, éphémère, de pépite chouchoutée va se transformer en celui d’un espoir brisé, au talent immense mais sans le coffre qui va avec.

Entre temps, Zlatan est passé par là. Nous sommes en 2011 et le Suédois, comme partout où il est passé - sauf à Barcelone -, a pris les commandes de l’attaque milanaise. Pato ne joue plus, Pato est moqué, Pato ne sert plus à rien. Ou presque, puisqu’il inscrit tout de même deux doublés, dont un face à l’Inter, qui permettent à Milan de décrocher le Scudetto. Mais ensuite, plus rien. Deux dernières saisons quasi blanches sous le maillot milanais (15 matches de Serie A pour un unique but) finissent de lasser dirigeants et supporters. Pato est devenu encombrant… Certains disent, déjà, qu’il est fini. A 23 ans. Et il est donc poussé vers la sortie au mercato d’hiver 2013.

Pato Palermo Milan

Pato Palermo MilanAFP

Menacé par des fans pour une Panenka (bien) ratée

Il est temps pour le joueur de quitter l’Europe pour retrouver sa terre natale et se refaire une santé et un moral, en jouant. Pato atterrit aux Corinthians où il effectue une saison sans pépins et sans éclats (43 matches et 12 buts) mais avec du temps de jeu. Sauf que l’histoire va tout de même tourner au vinaigre. En quart de finale de Coupe, les Corinthians affrontent Grêmio. La rencontre va jusqu’aux tirs au but. Pato doit frapper le tir décisif, face à une vieille connaissance du Milan, Nelson Dida. Moment choisi par l’ancien protégé de Berlusconi pour tenter une Panenka. Magistralement ratée.

Que peut-il faire en Angleterre, dans cette équipe de Chelsea ?

Et maintenant ? Même si Pato vient d’enchaîner deux saisons pleines avec Sao Paulo (36 buts en 98 matches), dans un championnat où l’intensité et la qualité des défenses n’a rien à voir avec ce qui se pratique en Europe, son niveau est aujourd’hui un mystère. Surtout, Pato peut-il tenir le choc en Angleterre dans un championnat ultra rythmé et usant physiquement ? S’il poursuit sur sa lancée brésilienne, où il semble avoir pris du gab' et de la caisse, on peut espérer que oui.

Alexandre Pato

Alexandre PatoEurosport

Reste à savoir s’il peut réussir à Chelsea, club qui a bien du mal à gérer ses attaquants depuis le déclin et le départ de Didier Drogba et qui a ruiné plus d'un avant-centre avant lui (Shevchenko, Torres…). Il faudra attendre quelques matches avant de se prononcer. Mais on a aussi envie d’y croire et de se dire que le jeu en vaut la chandelle. Parce que Pato n’a rien à perdre à saisir sa chance, à 26 ans, dans un top club aux abois en championnat et qui manque cruellement d’une cartouche supplémentaire en attaque. Pato évolue dans un style très différent - et potentiellement complémentaire - d’un Diego Costa. Et on ne doute pas de son entente avec des joueurs comme Hazard, Willian, Oscar ou Fabregas.

Chelsea a peut-être réussi un coup de génie, un pari gagnant-gagnant comme il y en a parfois en janvier. Et comme Pato rêvait notamment de revenir en Europe pour rejouer la Ligue des champions, c’est peut-être aussi le PSG qui devra se méfier d’un joueur gavé de talent et qui a encore de belles années devant lui, si la belle histoire débutée à Milan reprend son cours.

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