Vous n'avez même pas attendu la voiture pour rejoindre le podium. Vous avez simplement sprinté pour la cérémonie...
Jenson Button : Oui ! La course a été très dure mais avec le casque sur la tête quand vous courez, vous réalisez à quel point la ligne des stands est longue. J'ai eu une course claire avec Rubens derrière et puis il a eu des problèmes avec ses pneus arrière et j'ai creusé un écart qui n'a plus évolué jusqu'au bout. J'ai eu une vision normale à Monaco en trouvant que les rails se rapprochaient de plus en plus de moi pendant la course. Ça a encore été un week-end incroyable et nous avons prouvé que notre package marche. Nous allons être vraiment forts lors des prochaines courses. Cette victoire est capitale pour nous à ce stade de la saison.
Quand les couvertures chauffantes ont été enlevées sur la grille, les Brawn étaient en pneus très tendres contrairement à la majorité de vos rivaux. C'est là que vous gagnez la course ?
J.B. : C'est vrai que j'ai été surpris quand les couvertures chauffantes ont été enlevées. Nous n'avons pas hésité une seconde à partir en très tendres et à la fin de mon premier relais, je commençais à souffrir avec un peu de survirage mais pas autant que Rubens. Quand on m'a rappelé aux stands pour ravitailler il était grand temps! A ce moment j'avais quand même 16 secondes d'avance et donc ensuite ça a été plus facile, je n'avais plus qu'à gérer mon avance. Malgré tout, les derniers tours ont été durs: je perdais un peu ma concentration et ici plus qu'ailleurs c'est très dangereux de penser à autre chose. Finalement j'avais une bonne marge et j'ai pu pleinement profiter du moment dans les deux derniers tours. C'était fantastique, probablement les deux plus beaux tours de ma carrière. C'est vraiment une super sensation, surtout après ces dernières années qui ont été si difficiles.
Q: Vous affirmiez mercredi que vous considériez le Grand Prix de Monaco comme n'importe quelle autre course. Etait-ce vraiment le cas ?
J.B. : Non, je mentais un peu, c'était surtout pour m'enlever un peu de pression. Cette course est si spéciale! Ce Grand Prix est fantastique, une victoire à Monaco signifie tellement pour moi... Cela me rappelle quand j'étais petit et que je regardais cette course à la télévision: c'était un tel spectacle, et bien sûr je rêvais de la gagner un jour.
Q: Après cinq succès en six courses vous devez forcément commencer à penser au titre?
J.B. : J'ai 16 points d'avance, c'est un avantage au championnat c'est sûr, mais on n'en est qu'à la sixième course, c'est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. Pour le moment laissez-moi apprécier cette victoire. C'est la plus belle de toutes. C'était un super week-end, l'équipe a vraiment fait un excellent travail. On a prouvé que notre voiture fonctionne sur tous les types de circuits et qu'on sera encore compétitifs dans les prochaines courses. Pour le moment je m'amuse bien et je prends les choses comme elles viennent.
Seulement six pilotes ont déjà remporté cinq des six premières courses de la saison : Ascari, Fangio, Clark, Stewart, Mansell et Schumacher. Qu'est-ce que cela vous fait d'apparaître dans cette liste ?
J.B. : C'est un sentiment incroyable bien sûr. Les chiffres ne m'excitent pas trop, surtout après les dernières années que j'ai vécues. En revanche, la victoire m'excite, en particulier ici. Je ne pense pas aux dernières courses en ce moment mais à celle-ci et je suis sûr que demain je commencerai à penser à la course suivante en Turquie. Pour l'instant, je me dis que j'ai gagné à Monaco et c'est un souvenir qui va laisser des traces pendant longtemps.



DPPI






















