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Le patient écossais
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Publié 26/05/2011 à 07:50 GMT+2
Formé au DTM, Paul di Resta (Force India) prend de l'assurance dans son nouvel univers. Méthodiquement, discrètement. Ce week-end, à Monte-Carlo, le résident local se verrait bien marquer quelques points.
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Paul di Resta pourrait très bien être considéré comme le meilleur rookie de 2011. Mais Sergio Pérez tient pour l'instant le sceptre pour avoir sidéré le paddock en stoppant une seule fois en Australie, premier Grand Prix 2011. L'Ecossais y avait finalement récupéré le point de la 10e suite à la disqualification des Sauber. Et doublé son capital plus normalement, en Malaisie. Après cinq GP, on constate qu'il a aussi battu quatre fois son expérimenté coéquipier, Adrian Sutil, en qualif. Soit déjà plus que Vitantonio Liuzzi sur toute la saison passée. Est-il frustré de ne pas être mieux vu que le Mexicain ? Même pas. "Ça m'est égal car il a une voiture meilleure que la mienne", répond-t-il de sa voix invariablement tranquille.
Six ans après sa seule apparition à Monte-Carlo, en Formule 3, il va y recourir, pour la première fois à domicile. "Déménager à Monaco était la bonne chose à faire", explique-t-il. "J'aime être chez moi, en Ecosse, mais on ne peut voyager de là-bas. On voyage trente semaines dans l'année, et Monaco était le bon endroit pour le faire, pour se reposer aussi et se détendre. Et puis, la météo se prête à la préparation physique et mon entraîneur vit aussi ici."
Sans points depuis le GP de Chine, "PDR" espère renouer avec le top 10, et donc laisser quelques Sauber, Williams et autres Toro Rosso dans ses rétros. "Ça va être spécial", prévient-il. "A Monaco, il faut utiliser le temps de piste pour se révéler à soi-même, lentement, et j'espère que cette approche fonctionnera. Mais les rails seront proches, ce demandera une mentalité différente. Si on me disait que j'allais marquer des points ici, je signerais toute de suite. Nous avons été proches d'accéder à la Q3 cette année. Nous avons été assez contents de notre performance à Barcelone, il ne nous a pas manqué grand chose pour marquer." En même temps, il se souvient d'éditions surprenantes, où toute paraissait possible. "Ici, on peut avoir six voitures à l'arrivée, comme en 1996 lorsque Panis avait gagné. On peut aussi se dire que tout est fini, et gagner comme Hamilton, en 2008. Il avait tapé et pensait avoir crevé en début de course, et était rentré au stand. Et la voiture de sécurité était intervenue pile à ce moment." Alors, un podium serait-il possible au terme d'une course à élimination ? "Non, c'est irréaliste", coupe-t-il. Pas le genre à tabler sur des circonstances.
"Au fait de la façon de régler sa voiture"
Pour réussir un nouveau résultat sur ce circuit "où la qualification sera déterminante", le cousin de Dario Franchitti - double vainqueur des 500 miles d'Indianapolis - travaillera encore à peaufiner le set-up de la VJM04 ce week-end avec son ingénieur de piste attitré, Dominic Harlow. Ce dernier se souvient avoir très vite remarqué ses aptitudes, et se montre aujourd'hui assez élogieux sur le digne successeur potentiel des Jim Clark, Jackie Stewart et autres David Coulthard. "Nous avions été impressionnés par ses capacités lors de son premier test avec nous, fin 2009 à Jerez", confirme Dominic Harlow. "En fait, nous avions constaté son très bon niveau technique et son approche lorsque nous l'avions fait tourner au simulateur pour préparer ces essais."
Le jeune Britannique était alors un pilote Mercedes en vue en DTM, consacré l'année suivante par ses talents de pilote et de metteur au point. "Aujourd'hui, il est très au fait de la façon de régler sa voiture, il est capable de développer une approche technique au fil d'un week-end, ou en tests. Il intègre l'évolution des conditions environnantes et parvient à aboutir à un équilibre sur la voiture. C'est important", se félicite le technicien de Force India, qui rappelle que ceci est finalement la raison d'un joli palmarès : un titre européen en champion de Formule 3 en 2006 et un autre en DTM en 2010. Evidemment tout n'a pas été parfait de suite. Ainsi, cet hiver, le rookie a découvert quasi simultanément le DRS, le KERS et les pneus Pirelli, non sans quelques hésitations. "Ça lui a occasionné quelques erreurs", reconnait le technicien. Après cinq courses, Di Resta possède encore une belle marge de progression, et la Q3 est "l'objectif à atteindre de façon régulière". "Il progresse et nous sommes sincèrement chanceux de l'avoir car les équipes juste devant nous sont très solides", conclut Harlow.
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