F1 2014 : la suspension de la McLaren MP4-29 est-elle illégale ?

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Les deux bras de suspension arrière de la McLaren MP4-29 ne plaisent pas à Adrian Newey, le directeur technique de Red Bull.

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La McLaren MP4/29 arrivée à Jerez de la Frontera cette semaine est sensiblement différente de la version de lancement présentée sur internet en particulier au niveau des suspensions, qui font aujourd'hui débat. Le directeur technique de Red Bull, Adrian Newey, a en effet mis en cause la légalité du dessin de la suspension équipant la monoplace chromée. "Je n'ai pas encore bien regardé les photos, mais telle qu'elle est décrite, la suspension compterait huit éléments alors que seuls six sont autorisés", a déclaré l'ingénieur britannique, visiblement agacé par ce dessin pour le moins singulier. "Et puis, les règles sur l'épaisseur des suspensions sont claires."
Quant à Rob Nelson, ingénieur responsable des essais chez Williams, il estime que son équipe étudiera le système s'il est déclaré légal par la FIA. "Certaines pièces des autres écuries vont se retrouver dans les souffleries, et la suspension arrière de la McLaren en est un bon exemple. Si la FIA confirme sa légalité, alors nous serions idiots de ne pas la tester en soufflerie."
Selon Autosport, le dessin aurait pourtant été validé par le délégué technique de la FIA Charlie Whiting, si bien qu’une plainte devrait être officiellement déposée pour qu'une enquête soit lancée sur la légalité du dispositif, qui avait été ôté sur les premières images diffusées.
À contre-courant
D'ordinaire, les bras de suspension sont fins et profilés, afin de présenter la plus petite surface possible contre l'écoulement de l’air. L'article 10.3.1 du règlement technique stipule que les bras ne peuvent pas être larges de plus de 10 centimètres ni être inclinés de plus de 5 degrés (et ils ne peuvent bien sûr comporter aucun appendice aérodynamique).
Sur la MP4-29, McLaren a pris l'option inverse en profilant les deux bras de suspension arrière de manière très volumineuse : vus de profil, les bras ont une forme de cloche couchée, qui régulerait le flux d'air sortant du centre de la voiture en le bloquant partiellement. Ces éléments font toutefois structurellement partie de la suspension et seraient dès lors légaux.
Selon l’expert Gary Anderson (ancien directeur technique de Jordan et Stewart notamment), ce dispositif créerait une zone de basse pression derrière ces éléments bloquants, ce qui accélérerait le flux d'air sous la voiture et permettrait au diffuseur de mieux travailler, notamment à basse vitesse.
La face arrière de cette sorte de cloche aspire l'air vers le haut en produisant des tourbillons, réduisant ainsi la pression à l'arrière de la suspension, ce qui aiderait le diffuseur à extraire l'air de sous le plancher. L'an passé, c’est le "beam wing" (l'aileron inférieur) qui produisait cet effet, mais il est interdit cette saison...
Bientôt  imitée ?
"J'imagine que cela facilite le travail du diffuseur", confie Rod Nelson. "Un des problèmes que nous rencontrons cette année, c'est la disparition de l'aileron arrière inférieur (beam wing), désormais illégal. Non seulement il aidait à générer de l'appui, mais il permettait surtout d'être plus agressif avec le diffuseur, en particulier en l'empêchant de 'caler' quand la voiture roulait avec des hauteurs de caisse plus basses. Je suppose que c'est ce que font les bras de suspension de McLaren."
En réalité, seuls les inventeurs du système connaissent précisément les gains qu'il apporte… D'autant que comme les bras de suspension bougent, l'espace entre les deux bras variera en fonction des charges subies, ce qui complique d'autant la mise au point du système, qui exige – pour fonctionner – que les bras de suspension soient fixés très en arrière sur la transmission. La solution, si elle fonctionne effectivement, serait donc très difficile à copier par les autres écuries, obligées de revoir le dessin de leur boîte, de leurs attaches et bras de suspension… Ce qui ne semble pas décourager les autres teams, qui pourraient copier la solution imaginée à Woking : "Je ne l'ai pas vue en chair et en os, explique le directeur technique de la Scuderia, James Allison, mais j'aimerais en savoir un peu plus, ça m'intéresse beaucoup. J'ai juste vu quelques images floues sur internet."
Si son efficacité est encore inconnue, le système fait déjà beaucoup parler de lui dans le paddock.
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