Mosley: "C'est beaucoup"

Eurosport sur Google

Une équipe pourra choisir de rouler en 2010 en classe éco contre des libertés techniques. Avec des chances de bien figurer selon Max Mosley, président de la FIA.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Quel sera le budget "éco" de ces équipes ?
Max Mosley : Il est pour l'instant fixé à 30 millions de livres Sterling par saison (soit 33 millions d'euros).
Comment pouvez-vous diriger une écurie de Formule 1 avec si peu de coûts ?
M.M. : Cela a été scrupuleusement étudié. Les voitures seront nettement moins affinées dans le détail, puisque les écuries ne pourront plus investir des sommes astronomiques pour rien (par exemple 1 200 dollars (environ 900 euros) pour un écrou de roue qui n'est utilisé qu'une seule fois). Depuis les tribunes ou sur la télévision, les voitures ne feront pas moins "Formule 1" que celles d'aujourd'hui qui coûtent ultra-cher. Les petites équipes pourront ainsi se bagarrer avec les plus grosses. Et n'oubliez pas que 30 millions de livres c'est encore une somme immense dans le monde actuel.
Ce budget n'est toutefois pas de la Formule 1. Qu'en est-il de l'essence même de la Formule 1 ?
M.M. : Keith Duckworth a dit un jour : "Un ingénieur est quelqu'un qui peut faire avec un dollar ce que n'importe qui ferait avec cent dollars." Ces nouvelles règles vont encourager les ingénieurs malins. Le succès sera celui des équipes qui ont les meilleures idées et non pas celles qui ont le plus d'argent.
Qu'est-ce que ce budget inclut ?
M.M. : Tout sauf le motor home (si l'écurie en a un) et n'importe quelle(s) amende(s) imposée(s) par la FIA. Toutes les dépenses seront incluses, y compris les salaires des pilotes et du directeur de l'écurie. Si l'écurie tire des profits, elle peut payer des dividendes à ces actionnaires, qui peuvent aussi bien être l'ingénieur en chef, le directeur de l'écurie voire même le pilote.
Comment pouvez-vous le contrôler ? N'y aura-t-il pas toute sorte de paiements sous la table ?
M.M. : Nous nous sommes penchés sur tout cela il y a déjà un long moment. Nous avons impliqué des comptables légaux des entreprises Deloitte et Touche ainsi que des experts financiers des écuries actuelles. Une large majorité des paiements est traçable et les bénéfices peuvent être évalués. Il y a eu énormément de réunions. Il est devenu clair qu'on pourrait le faire. Le problème était de faire parvenir les écuries actuelles à un accord sur le chiffre. De plus, la majorité ne voulait pas y inclure les infrastructures et les salaires des pilotes et du directeur d'écurie. Nous avions également besoin d'une autorisation pour mener des auditions très intrusive et imposer de sévères sanctions pour un dépassement de budget. Toutefois, ces difficultés ont cessé de croître car chaque écurie pourra choisir de courir en-dessous ou au-dessus du budget prévu.
Qu'en est-il du moteur ?
M.M. : Le moteur sera soumis aux règles actuelles, excepté qu'il n'y aura plus de limitation de régime maxi (18 000 tours/minute en 2009) ni de gel du développement. Toutes les dépenses concernant le moteur sont inclus dans la limite du budget. Si le moteur est fabriqué par une entité commerciale extérieure ou une autre écurie, il faudra se satisfaire qu'il n'y ait pas de subventions cachées. Si l'écurie a son propre moteur, nous vérifierons son coût total comme pour le reste de la voiture. La règle actuelle qui prévoit de limiter l'approvisionnement de moteurs à une seule écurie supplémentaire va rester en place.
Ceci va indéniablement à l'opposé de votre limitation de budget.
M.M. : Non. Si les dépenses totales d'une écurie sont limitées, une économie est faite et il n'y a pas besoin de définir une règle précise dans le but d'économiser de l'argent dans un autre domaine. Une écurie pourrait dépenser 20 millions de dollars par an pour son moteur mais n'aurait alors plus que 10 millions pour tout le reste. La voiture ne serait pas compétitive. C'est la même chose pour les autres restrictions qui ne concerneront pas les "éco-écuries" comme les limites sur les essais, les matériaux exotiques ou les ordinateurs géants. Ils peuvent même investir dans des jets privés et dans des hôtels de luxe. Mais quoiqu'il en soit, cela ne doit pas faire partie de 30 millions de livres.
Quelles autres libertés technologiques auront les "éco-écuries" dont les autres équipes ne bénéficieront pas ?
M.M. : Un dessous de caisse différent (mais standard), des ailerons modulables, pas de limitations de régime moteur, pas de restrictions dans le nombre de changements de pneus, pas de limite de matériels utilisés, de tests, de simulation, de soufflerie... La plupart des mesures coûteuses introduites au cours des dernières années ne s'appliqueront pas à ces équipes. Toutefois, les mesures visant à économiser de l'argent durant le week-end de course, comme l'interdiction de remettre de l'essence après la qualification ainsi que le parc fermé du samedi, seront maintenues pour les deux catégories.
Une écurie pourra-t-elle utiliser le KERS standard proposé par la FOTA ?
M.M. : Elle pourra, mais encore une fois cela ne fera pas partie des 30 millions de livres. Nous ne sommes pas fermés à l'idée d'un KERS standard car c'est un domaine dan lequel la Formule 1 peut innover et améliorer la vie de tous les jours sur la route. Mais rien dans notre règlement actuel n'empêche les écuries de se regrouper sur des paramètres sur lesquels elles se sont mises d'accord si elles le souhaitent, car le KERS n'est pas obligatoire.
Une "éco-écurie" peut-elle remporter une course voire même le championnat ?
M.M. : Il n'y a aucune raison pour qu'une éco-écurie ne puisse pas gagner de course. La course est imprévisible.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité