"La piste est un désastre"

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Des tête-à-queue et accidents en pagaille, des Ferrari hors-jeu pour la pole, etc… : les pilotes ont pointé du doigt une piste impraticable, samedi. "Le grip a chuté, le but était donc de ne faire aucune erreur sous peine d'être sévèrement puni", a résumé

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Sans esprit polémique ni concertation, les pilotes se sont tous plaint, à des degrés divers, de l'état déplorable de la piste pendant l'heure de qualification du Grand Prix du Canada, 7e manche du Mondial, samedi à Montréal. Car tous y ont perdu, certains même beaucoup. Comme Kimi Räikkönen, qui n'a pas reconnu sa Ferrari. "La voiture a été bien tout le week-end. Ce matin, c'était bien mais en attaquant la qualif, ce fût un choc en voyant le circuit !" , a résumé le champion du monde 2007, qualifié 3e. "La piste partait en morceaux ! On ratait des virages à cause du sable" , a ajouté le Finlandais, en parlant de l'action désespérée des commissaires pour le rendre présentable.
"Ça empirait à chaque tour"
"J'ai perdu tellement de temps dans le virage 10 ! Je n'arrivais pas à tourner, la voiture tirait tout droit et je n'avais pas traction. Ça me déçoit car nous avions la voiture pour faire la pole. On va voir comment ça sera en course mais ça risque d'être un cauchemar sachant qu'on a pas mal de tours à faire et qu'elle s'est détruite après deux tours... Tous les ans c'est pareil : ils mettent des patches de bitume aux mêmes endroits et ça part en morceaux. On sort tous à cause de ça. La course va être intéressante… Il faudra rester sur la piste…", a-t-il ironiquement conclu.
Irrésistible en qualification en Turquie et à Monaco, son coéquipier Felipe Massa y a vu la fin de ses espoirs d'un nouvel exploit. "Sans le problème du virage 10, j'aurais pu être en 1ère ligne. Il suffit de regarder les temps : les secteurs 1 et 2 étaient très bons et je perdais du temps dans le dernier", a pesté le Brésilien, 6e. Cependant, il fait presque figure de privilégié par rapport d'autres confrères, comme Jarno Trulli. On avait vu l'Italien deux fois en tête-à-queue vendredi. Il en a ajouté cinq à sa collection samedi… "La qualification a été exceptionnellement difficile en raison des conditions de piste qui étaient un désastre", a relevé le pilote Toyota. "Ça empirait à chaque tour. Je ne savais pas ce qui se passait mais j'ai fait mon meilleur tour au début et je n'ai pu le reproduire ensuite. Aujourd'hui, tout était question d'avoir la chance de faire un tour clair."
Hamilton cherche et trouve la trajectoire miraculeuse
Il fallait se tenir à carreau, comme l'a précisé Nico Rosberg, exceptionnel 5e temps. Moins expérimenté, l'Allemand a vite compris que le chrono allait de paire avec une certaine discipline. "Le grip a chuté, le but était donc de ne faire aucune erreur sous peine d'être sévèrement puni si on mettait une roue 5 ou 10 centimètres hors trajectoire", a-t-il expliqué.
Robert Kubica (BMW), qualifié 2e, a rapidement abouti à la même analyse. "(C'était) un désastre. A partir du moment où on rate une corde de 10 ou 20 centimètres, on se retrouve sur des débris de gommes. Ici, c'est très glissant, très facile de se louper" , a dit le Polonais.
Mais le plus malin a été Lewis Hamilton, à l'opiniâtreté récompensée par une 8e pole position en 24 grands prix. "La piste se désagrègeait dans deux ou trois virages : le N.2, la sortie du N.7, et à la corde et à la sortie du N.10", a inventorié le pilote McLaren. "J'ai essayé d'éviter les zones dégradées et j'y suis parvenu dans mon dernier tour. Pour moi, c'était un tour propre mais j'ai quand même perdu du temps dans le virage N.10. Je n'ai pas pu mettre la puissance comme voulu. C'était pour tout le monde pareil. On perdait à peu près 2 ou 3 dixièmes à la sortie", a-t-il ajouté.
Du motocross dimanche ?
Déboussolé, Nick Heidfeld (BMW), 8e sur la grille, a noté : "Normalement, la piste s'améliore au fil de la qualification. Là, ça a empiré. Il y avait une quantité horrible de débris sur la piste. Cela a toujours un problème ici, mais en course, pas en qualification". "La piste se désintégrait comme en 2006 et c'était incroyablement difficile au virage 7 et à l'épingle", a confirmé le vétéran David Coulthard (Red Bull), 13e. "Ils ont balayé la piste entre la Q1 et la Q2 mais ça s'est dégradé tellement vite que c'était comme rouler sur un terrain d'entraînement. Quand vous avez une telle puissance, ça glisse de partout".
François Dumontier, vice-président exécutif du grand prix, a reconnu être préoccupé par la situation "depuis quelques années" et avoir malencontreusement confié les travaux à une nouvelle société cette année. Il a aussi avancé "l'adhérence agressive des pneus rainurés", pourtant à identiques à ceux de 2007, et l'absence d'antipatinage comme explication de cette violente dégradation.
Le dirigeant a promis une solution pour la course mais peu y croient. Mark Webber est de ceux-là. L'Australien de Red Bull a caché la déception d'un accident dans son tour de rentrée d'après Q2 (il n'a pu participer à la Q3) par une pirouette : "Je ne sais pas comment ils vont s'en sortir pour reconditionner la piste mais tout le monde sera logé à la même enseigne. Je pense qu'il nous faudra des motocross. Avec des Formule 1, ce ne sera pas réaliste. Il faudra rouler dans l'herbe où couper à l'intérieur de l'épingle..."
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