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Augusta, encore un lifting
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Publié 06/04/2006 à 14:15 GMT+2
Comme les 69 précédentes, la 70ème édition du Masters d'Augusta, premier majeur de l'année, fait encore parler d'elle. Une fois de plus le parcours a été retouché, occasionnant de nouvelles querelles parmi les aficionados, et avantageant...les gros frappe
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Crédit: Eurosport
"Je ne savais pas qu'un parcours de golf était censé être une partie de plaisir". A ces mots de Hootie Johnson, le Directeur du Augusta National, il est aisé de comprendre que la vocation première du golf le plus connu au monde n'est pas l'agrément des différents joueurs qui arpenteraient ses somptueux trous.
En effet, depuis sa naissance au beau milieu de la campagne géorgienne en 1931, le tracé n'a cessé de changer de morphologie, compliquant à chaque départ, chaque embouchure de green ou sortie de bunker un peu plus la tâche des golfeurs expérimentés qui s'y succèdent tout au long de l'année. Les professionnels de la petite balle blanche accueillent variablement ces transformations, à tel point que chacune d'elle fait résonner de nouvelles polémiques entre les murs des club-houses.
Un besoin d'intégrité
Entre anciens et modernes, la querelle est lancée une fois de plus. Depuis que Tiger Woods a endossé sa 4ème veste verte l'an passé, le parcours a une fois de plus été retouché. Quelques mètres de plus par-ci, quelques arbres par-là, lèvres de bunker reourlées, gommages des "rondeurs" de certains fairways, déplacement de ceux-ci vers la gauche...au grand dam des uns et pour le plaisir des autres. Le parcours est plus long de 142m depuis le mois d'Avril dernier, soit 475m de plus qu'en 1997, année du premier sacre du Tigre. Ce remodelage répond au besoin d'intégrité d'une institution comme Augusta. L'équipement évolue. La tête de club prend du volume, la balle voyage plus...le parcours doit s'adapter. C'est le seul moyen pour que les difficultés d'il y a 20 ans ne passent pas à la postérité. Le seul moyen pour que les terreurs des anciens fassent encore trembler les modernes.
Alors commençons par le début. Le trou n°1 est le point de départ d'un parcours. Cette affirmation est certes un pléonasme. Mais rendons à César ce qui lui appartient et mettons en lumière le rôle primordial du premier swing. C'est celui qui donne le ton, et les candidats seront, cette année encore, très vite mis au parfum. A l'arrivée au tee-shot du Tea Olive, la pression est à son comble : nécessité absolue d'un bon départ oblige.
Au-delà de ce fardeau psychologique, ce sont les difficultés techniques de ce n°1 remanié qui sauteront aux yeux et à la gorge des concurrents. Plus long de 18m, l'As d'Augusta atteint maintenant les 416m. Par 4 redoutable, petit frappeur s'abstenir. Un drive de 270m sera de bon aloi pour passer la mer de sable qui coupe le fairway. Comme l'unique bunker de ce trou, le fairway a subi les affres du ciselage. Ajusté, rétréci, il ne souffrira aucune tricherie. L'option "babord" pour éviter le bunker est à bannir : un boqueteau fourni garde aujourd'hui la partie gauche du fairway. La solution : un drive long et droit pour aborder le green en deux. Tout autre positionnement sera un frein sérieux au par.
White Dogwood, le trou de la discorde
Enjambons Pink Dogwood (trou n°2, par 5 de 525 m, le plus long du parcours), ainsi que Flowering Peach (trou n°3, 320m, le plus court par 4) pour retomber presque 1km plus loin...sur un os. Flowering Crab Apple est un par 3, le plus long du parcours géorgien. Cuvette longue de 216m (soit 32 de plus que l'an passé), il est ponctué par un green immense défendu par 2 bunkers. Historiquement le 3ème trou le plus difficile du parcours, le n°4 est le 1er d'une redoutable série (4,5,6) égalant pour de nombreux joueurs le trio de l'Amen Corner (11, 12,13).
José Maria Olazabàl, double vainqueur du Masters considère l'enfilade infernale de l'aller comme un véritable défi nerveux. Difficile de scorer bas, voire impossible. Les greens sont d'une extrême sévérité. Olazabàl en a fait les frais. Comme Arnold Palmer, l'Espagnol détient le record du plus haut score sur Juniper (n°6). Tous deux ont lâché un douloureux quadruple bogey sur ce par 3 de 164m. Ce triplé est la clef de l'aller et peut-être même du parcours. Bien négocié, sans trop de perte ni fracas, il permet d'aborder sereinement la ligne verte, le couloir de la mort : Pampas (par 4 de 411m). Ici, nul besoin de sortir le driver. Même si le trou n°7 a grandi de 36m, la distance n'est pas au coeur des préoccupations des golfeurs. L'étroitesse de son fairway a été accentuée par des arbres plantés de part et d'autre. Et son green, un lilliputien prisonnier des sables appelle à la plus grande précision. Gros frappeur s'abstenir. Luke Donald devrait y être à la fête.
Suivent un par 4 et 2 par 5. Aucun changement à signaler, mais la difficulté n'est pas toujours dans le changement. Tel quel, Carolina Cherry (n°9) est un casse-tête. 420m de féérie botanique : la beauté du diable. Le green est un des plus piégeux du parcours, un triple plateau de l'arrière vers l'avant. Si l'approche n'est pas bien jugée, la balle reviendra sur son roulement avec en perspective un chip démoniaque. Mais gardez vos prières pour l'imminent et bien nommé Amen Corner.
Si l'aller est vierge de tout obstacle d'eau, ce qui ne le rend d'ailleurs pas moins dangereux, le retour en est truffé. Et c'est sur White Dogwood (n°11), premier trou de l'Amen Corner, que l'élément fait une apparition remarquée. C'est ce par 4 de 461m qui fait couler le plus d'encre depuis sa transformation. C'est le trou de la surenchère. 12m de plus. Une cinquantaine de pins ont été plantés sur la droite du fairway, une forêt de cornouillers de l'autre côté. Une silhouette affinée et déhanchée vers la gauche qui n'est pas au goût d'Arnold Palmer. Pour lui, ces transformations empêcheront les spectateurs de suivre le 2ème coup vers le green. Nick Faldo, triple vainqueur ne décolère pas non plus. Selon lui, la métamorphose a enfanté un monstre. D'autant que le 12 lui emboîte le pas. Un par 3 très délicat dont le green est doublement barré. Rae's Creek, la rivière qui coule aussi sur le 13 et un bunker s'érigent en sentinelles. Trop court, le couple eau-sable vous tend les bras. Trop long, ce sont les 2 bunkers du fond qui vous accueillent.
Un final pour frappeurs
Arrivent ensuite 484m de légende. Le green du 15 est protégé par un obstacle d'eau frontal mais ce trou a toujours été considéré comme le plus facile du parcours. Les 27m de plus et le décalage de son fairway sur la gauche ne devraient pas lui ôter cette réputation. Firethon est bien souvent le théâtre de score spectaculaires (birdies et eagles). La pente sur la droite du fairway représente un atout considérable pour...les gros frappeurs.
La longueur de frappe, maître mot à Augusta, et cette année plus que jamais. Sur Nandina (n°17) il y avait longtemps que l'arbre d'Eisenhower (appelé ainsi parce que le président des Etats-Unis avait proposé de le raser, le considérant comme un aimant à balles) n'inquiétait plus les joueurs. Le départ, reculé d'une dizaine de mètres, rend au feuillu centenaire ses lettres de noblesse. Un manque de puissance au départ compliquera une attaque de green déjà effrayante.
Et comme un parcours ne commence jamais sans un trou n°1, il ne peut pas s'achever sans un 18. Dernière lapalissade pour passer du "Profane" au "Sacré". Holly (sacré en Anglais), c'est la Terre Promise, le der des ders, celui qui donne à la joie toute sa saveur et au désespoir toute sa profondeur. Un départ reculé de 50m en 2002 en fait maintenant un vrai "finishing hole", celui de la capitulation...ou du Sacre.
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