Golf
15/04/2002 - 08:50Woods toujours vert
Tiger Woods a réussi à conserver son titre au Masters d'Augusta, dimanche soir, devant Retief Goosen et Mickelson. Mais c'est également son troisième succès pour le phénomène, après celui obtenu en 1999. Leader à l'issue du 2e tour, Singh a enterré ses illusions sur le trou n°15 du 4e tour.

Tiger Woods a réussi à conserver son titre au Masters d'Augusta, dimanche soir, devant Retief Goosen et Mickelson. Mais c'est également son troisième succès pour le phénomène, après celui obtenu en 1999. Leader à l'issue du 2e tour, Singh a enterré ses illusions sur le trou n°15 du 4e tour.
Woods dans les temps du Grand Chelem
La petite indiscrétion qui circule chez les spécialistes de golf sur l'état d'esprit de Tiger Woods révèle la toute-puissance du génie américain. Il paraîtrait que Woods ne rêvait que d'eun chose : être le troisième de l'histoire de la petite balle blanche à remporter le Masters d'Augusta une deuxième fois consécutivement... pour être en bonne position d'être le premier à avoir jamais réalisé la passe de trois.

Si l'idée a sans doute dû lui trotter dans un coin de la tête, sa méticulosité l'a sans doute rappelé à plus de raison dimanche, au moment d'attaquer en co-leader le quatrième tour. Solide comme depuis le début du tournoi (il rend pour la 10e fois consécutive au bar de l'arrivée du parcours géorgien une carte sous le par) Tiger Woods a pu se contenter d'un très honnête performance à 70, soit deux coups sous le par (score total de 276), pour s'octroyer une troisième veste verte.
Il faut dire que ses adversaires, tous plus menaçants lors des deux premiers tours, ont craqué à tour de rôle. Exit Ernie Els, finalement 4e, qui voyait ses espoirs de victoire s'envoler sur un lourd triple-bogey au 13 dimanche (282 au finish). Out Vijay Singh, signataire de la meilleure carte de la semaine, avec 65 vendredi (et un phénoménal 30, sur le retour), mais coupable d'avoir laissé ses nerfs le trahir au trou n°15 du 4e tour. Bilan : un quadruple bogey (!) qui plombait toutes ses espérances, une carte à 76 dimanche, une 5e place au final pour un total de 283 (-5). La craquelure dans le jeu de Retief Goosen, co-leader samedi, fut plus pernicieuse, le Sud-Africain signant quatre bogeys du 1 au 11 pour finalement redresser la tête avec deux birdies, ce qui préserva l'illusion du suspense.

Est-ce à dire que le Tigre n'a plus eu qu'à se "baisser" pour ramasser le jackpot ? Pas exactement. Mais, en dépit de ses allergies chroniques aux azalées qui jonchent les allées d'Augusta, le phénomène a su améliorer son niveau de jeu au fil des quatre tours. Dans les 10 premiers jeudi avec son score de 70, il parvint à contrôler la meute vendredi en y cumulant une carte à 69, mais comptait alors 4 coups de retard sur le Fidjien, vainqueur ici en 2000 et qui avait ébloui avec son 65 et son eagle sur le 15... le trou qui le perdit dimanche !
Ajoutant à son score un 66 allégé samedi, Woods n'eut alors plus qu'à attendre les erreurs de ses adversaires. Sa 4e carte, quoique moyenne (4 birdies et trois bogeys) lui permet désormais de rêver à un triplé inédit, mais lui réserve égalemetn la possibilité de se lancer à la poursuite du "vrai" Grand Chelem cette année encore.

Au passage, Tiger Woods s'est installé un peu plus dans le Hall of Fame du golf géorgien, lui qui était déjà le plus jeune golfeur à remporter cette première levée du Grand Chelem (17 ans, 3 mois, 14 jours en 1997). Il est le troisième, après Nick Faldo (89, 90) et, en 65 et 66, Jack Nicklaus, à inscrire deux fois consécutivement son nom au palmarès. Avec trois vestes vertes, le meilleur golfeur du monde égale Faldo, Gary Player, et Tom Snead. Arnold Palmer résiste, avec 4 succès, tandis que Nicklaus, tout autant son modèle que la cible de sa carrière, est ancré dans l'histoire avec 6 succès dans le parcours aux azalées.
Il lui reste aussi à tout faire pour se réserver, d'ici quelques décennies, une ovation aussi respectueuse que celle qui a salué le départ à la retraite d'Arnold Palmer, qui a remonté pour la dernière fois, en compétition, la pente qui sépare le trou n°18 du club-house, à 72 ans, après 48 participations et 4 victoires.















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