C'est une victoire qui leur ressemble. Arrachée à force de courage et de sueur. De talent aussi. Mais toujours dans la douleur. "C'était un match à déconseiller aux gens avec les nerfs fragile s", résume dans une grand sourire la capitaine Stéphanie Cano. Car avant la délivrance, les Françaises se sont longtemps empêtrées dans le jeu hongrois, au point de se retrouver bien mal embarquées au coeur de la première période.
A la traîne (2-5, 6-10, puis 8-12), les filles d'Olivier Krumbholz avaient la mine et les jambes des mauvais jours, comme tout au long du premier tour. Pour ne rien arranger, elles butaient sur une Palinger intraitable dans les buts magyars. "En première période, la gardienne hongroise nous sort tout", admet Leïla Lejeune. "C'était l'horreur aux tirs", renchérit Sophie Herbrecht.
"On avait la tête dans ce match"
Mais cette équipe possède une vertu inaltérable et incomparable: celle de se transcender dans l'adversité. Deux buts dans la dernière minute de la première période allaient leur permettre de limiter la casse en rentrant aux vestiaires (10-13). Une fois revenues sur le terrain, les Bleues trouvaient une fluidité nouvelle dans leur jeu pour prendre l'avantage à la 38e minute, pour la première fois de la partie.
"C'est sur les moments difficiles qu'on est les plus présentes, c'est dommage pour nous mais ça marche, résume Myriam Korfanty. Les occasions, on les a mises au fond. C'est facile dans ces cas-là. Leïla rentre ses tirs, en défense on se retrouve. Voilà. Les Hongroises avaient une revanche à prendre sur la finale du Mondial 2003, on les a bien muselées. On avait la tête dans ce match".
Magnifique Dudziak
La sortie sur blessure Valérie Nicolas aurait pu briser le nouvel élan bleu, mais Dudziak prit magnifiquement le relais, au point de faire douter Radulovics, si efficace en début de match. A l'inverse, Lejeune, Cano et surtout Véronique Rolland-Pecqueux, remarquable une fois de plus, trouvaient enfin l'ouverture.
Si les Françaises sont sorties vivantes de ce duel, c'est sans doute qu'elles étaient prêtes à aller au combat. " On n'a pas lâché, on n'a pas baissé les bras, on a mitraillé, on a fait une défense de fer, on est montées, on les a fait chier Franchement, on s'est battues. Et l'aventure continue. On s'attendait à une grosse bataille, on l'a eue", estime Lejeune. "En seconde période, elles ont craqué, nous sommes passées devant au mental", conclut Herbrecht.
France - Hongrie 25-23 (mi-temps: 10-13)
- France
Gardiennes de but: Nicolas, Dudziak
Marqueuses: Lejeune (6 dont 1 pen.), Pecqueux-Rolland (5), Herbrecht (2), Cano (5), Wendling (1), Korfanty (1), Tervel (5)
- Hongrie
Gardiennes de but: Sirina, Palinger
Marqueuses: Ferling (5), Kirsner (2), Radulovics (6 dont 1 pen.), Farkas (1), Gorbicz (4 dont 2 pen.), Lovasz (3), Kulcsar (2)
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