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"On n'a rien compris"
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Publié 20/01/2012 à 23:40 GMT+1
Cette phrase, prononcée par Didier Dinart après la défaite contre la Hongrie, résume la frustration et le sentiment d'échec majuscule ressentis par l'équipe de France au cours de l'Euro 2012. Le sélectionneur Claude Onesta espère que les chances de rebondir à Londres ne se sont pas fracassées.
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Hagard, Niko Karabatic transpire juste après l'effort, mais c'est un peu comme s'il pleurait toutes les larmes de son corps. Il répète mécaniquement au micro de Canal+ qui se tend : "C'est difficile, c'est difficile...". Mais de fait il n'a pas de mots à mettre sur cette douleur dont il avait oublié la sensation sous le maillot quatre étoiles : la défaite. Les Experts, battus pour la deuxième fois en Serbie, contre la Hongrie (23-26), ne se pensaient pas invincibles, mails ils n'imaginaient pas une chute si brutale. Qualifiée pour le deuxième tour de l'Euro, mais si loin de la Croatie et l'Espagne qu'elle se sent éliminée, l'équipe de France en était à sauver les meubles de sa formidable construction dans les minutes qui ont suivi la déroute de Novi Sad. "Maintenant qu'on a perdu ce titre, il ne faudrait pas qu'en plus on mette en péril le suivant", fut le mot de conclusion inquiet de Claude Onesta face aux médias.
Autant que le sentiment d'échec, c’est celui d'un quasi-sabordage qui dominait. Claude Onesta assène : "Quand on est a +3 en deuxième mi-temps on a le match en mains et on doit le terminer. On n'a pas su finir le travail." Karabatic, auteur selon lui de son pire match avec les Bleus, avoue encore: "Ce soir, on avait le match dans les mains et on n'est pas arrivé à marquer. Pourtant, on a vu que les Hongrois nous laissaient tirer de loin. Mais on a mal tiré, sur le gardien, on a touché les poteaux. (...) C'est très décevant, c'est dur de perdre et de ne pas être bon." "On n'a rien compris, enchaîne Didier Dinart. On a reproduit ce qu'on a fait depuis quinze jours. Les deux premiers matches ont été poussifs et aujourd'hui ça a été à l'image de ce qu'on a fait avant. On ne peut pas vraiment expliquer ce qui s'est passé, on a la tête dans le seau."
"On est venu pour jouer aux mathématiques"
Les raisons d'un tel séisme ? Comme souvent dans les sports collectifs, le moment où la notion de groupe et de combativité se sont dissoutes dans d'autres intérêts est peut-être arrivé. "A l'avenir, il faudra plus d'humilité et de combativité même si je ne pense pas qu'on ait été trop confiants, analyse Dinart. Mais on a cru qu'on jouait bien alors que ce n'était pas le cas. On termine la compétition sans avoir l'impression de s'être battus. On est venu pour jouer aux mathématiques mais pas au handball."
"On a échoué individuellement", lâche finalement Onesta, presque anxieux sur l'avenir immédiat. "C'est sûr que cette semaine va être compliquée, aussi dans la vie du groupe." Ce deuxième tour, il n'y croit pas trop ("il faut être raisonnable"), mais il va clairement se servir des trois matches à venir contre la Slovénie (dimanche), la Croatie (mardi) et l'Islande (mercredi) comme d'un laboratoire. "Ça continue à être des matches de l'équipe de France... Il ne faut pas qu'on les jette. Ce sont des matches de travail. Mais de l'espoir? Non, il n'y a plus rien à espérer." Sinon à méditer ce qu'il nous disait lui-même la semaine dernière à Paris. "S’il y a échec, chacun prendra la mesure de celui-ci. On l’analysera ensemble et on s’en servira, non pas comme une vexation, mais pour comprendre ce qui l’a générée. L’échec peut être un témoin dans ce qui est nécessaire d’engager pour un retour à la performance. Il peut juste nous aider à mieux rebondir dans l’avenir." L'avenir des Experts, aujourd'hui, c'est surtout les Jeux Olympiques.
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