Fedorov, chercheur d'or

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Battue par la Slovaquie (2-1) jeudi soir, la Russie s'est compliquée la vie dans sa ruée vers l'or. Car l'or, voilà bien tout ce qui intéresse Sergei Fedorov. A 40 ans, l'ancienne star de Detroit est venue à Vancouver pour conquérir le dernier grand titre qui lui fait défaut. Le tout avec le sourire

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Crédit: Eurosport

Il a tout gagné. Tout, ou presque. Serguei Fedorov fut un des pionniers de la russification de la NHL au début des années 90. Homme fort, avec Steve Yzerman et quelques autres de la merveilleuse équipe de Detroit qui remporta trois Coupes Stanley au carrefour des deux millénaires, Fedorov est une des figures marquantes du hockey international de ces 20 dernières années. Alors, à 40 ans, qu'est-ce qui peut encore le faire rêver sur un plan sportif? Plus grand chose, si ce n'est l'or olympique.
Champion du monde, champion NHL, il aimerait glaner l'or olympique pour rejoindre le clan des "Triple Gold Club", ceux qui ont tout gagné. Parmi tous les joueurs présents à Vancouver, huit seulement ont réussi ce triplé au cours de leur carrière (1). Alors papy Fed a rechaussé ses patins version mère patrie. Pour tenter le coup, une dernière fois. Sans présager de ce qu'il adviendra dans ce tournoi olympique, il peut déjà garantir qu'il ne regrette pas d'être venu. Du haut de ses 40 piges, lui est a cinq ans de plus que le deuxième plus vieux joueur de l'effectif russe s'amuse comme un gosse. Il fallait le voir vanner les plus jeunes à l'entraînement en début de semaine. "Je suis simplement heureux d'être avec ces gars-là et d'avoir du plaisir, explique-t-il. Si vous voulez faire partie du groupe, vous devez aussi faire des blagues, parfois."
"Ovechkin est atomique"
On le sent heureux de retrouver ses anciens collègues de la NHL, et l'atmosphère brûlante du public canadien. Aujourd'hui, Fedorov évolue au pays, à Magnitogorsk, et cette petite escapade à Vancouver marque certainement sa dernière apparition sur les glaces nord-américaines. Alors il veut profiter. Mardi, face à la Lettonie, pour l'entrée en lice de la Russie, le grand Sergei a délivré une passe décisive. "J'étais un peu nerveux", avoue-t-il, avant de lancer dans un sourire, "mais j'ai encore un peu de jambes." Jeudi, il s'est montré plus effacé face à la Slovaquie, avec moins dun' quart d'heure de temps de glace. Battue par les Slovaques aux tirs au but, les Russes ont déçu. Sur le papier, ils sont pourtant, avec le Canada, les grands favoris de ce tournoi. Sur la base de leur potentiel offensif absolument effarant, ils peuvent faire mal avec Datsyuk, Malkin, Semin, Kovalchuk et, bien évidemment, Alex Ovechkin.
Quand il fait face aux journalistes, Fedorov se rend compte qu'une question sur deux concerne la star de Washington. Il répond de bonne grâce. Bluffé, comme tout le monde. "Il est atomique. De toute évidence, c'est le meilleur joueur au monde depuis deux ans. C'est un jeune homme très puissant, avec beaucoup de talent et un tir complètement fou." Fedorov ne prend ombrage de personne. Sa carrière le place au-dessus de ça. Son aura aussi. Son rôle? Apporter ce qu'il est en mesure de donner. "Je ne suis plus le joueur que j'étais à 25 ans mais si je pouvais juste m'en approcher, l'effleurer, ce serait super." Il ne joue ni les grands frères, et ne cherche pas à sortir de son rôle. "Je ne suis pas le coach, rappelle-t-il. Je suis un joueur parmi d'autres et je fais ce qu'on me dit. On sait tous pourquoi nous sommes là, moi le premier."
Si les Russes et Fedorov sont là, c'est pour essayer de ramener cette médaille d'or olympique qui fuit cette équipe depuis maintenant 18 ans. Son dernier titre remonte à 1992, à Albertville. A l'époque, on parlait encore de CEI. Depuis, Fedorov a notamment vécu les Jeux de Nagano, où la campagne russe fut brillante (finale) mais frustrante (défaite 1-0 face aux Tchèques). A Salt Lake City, en 2002, c'est en demi-finales que les joueurs de l'Est avaient buté, face aux Etats-Unis. Fedorov sait que pour lui, il n'y aura plus d'après. C'est maintenant ou jamais. Mais l'assure, la finalité de la quête n'empiète pas sur le plaisir qu'il peut prendre dans ces Jeux. "Je ne crois pas que qui que ce soit dans l'équipe pense à la dernière fois où nous avons gagné aux Jeux olympiques, parce que nous avons trop de plaisir", assure-t-il. Du plaisir, mais un collectif encore à parfaire, si la Russie veut s'éviter de nouvelles désillusions.
(1) Peter Forsberg, Nicklas Lidstrom, Niklas Kronwall, Fredrik Modin, Henrik Zetterberg. Scott Niedermayer, Chris Pronger, et Jaromir Jagr.
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