Reuters

Miller, monsieur plus

Miller, monsieur plus
Par Eurosport

Si l'équipe américaine, qui affronte la Finlande vendredi soir en demi-finale, est la dernière formation invaincue de ce tournoi olympique, elle le doit notamment au remarquable niveau de jeu de son gardien de but, Ryan Miller. Le portier de Buffalo peut faire la différence.

1980. Une année bénie pour le hockey américain. C'est l'année du fameux Miracle sur la glace, avec cette victoire mythique face aux Soviétiques à Lake Placid, suivie, dans la foulée, du titre olympique. Le dernier, à ce jour, pour les Etats-Unis. 30 ans après, les Américains patientent donc encore. Qualifiés pour les demi-finales à Vancouver, ils espèrent que l'attente ne durera plus que 48 heures. Dimanche soir, ils auront peut-être mis un terme à cette disette. Pour cela, il leur reste deux matches à gagner.

    Reuters

    Sa constance est sa fierté

    Très entouré après sa performance haut de gamme face aux Canadiens, Miller a lâché que ce match était "le plus grand de sa carrière." Sevré de grandes soirées depuis un petit moment (Buffalo n'a plus joué les playoffs NHL depuis trois ans), il savoure. "J'avais joué un septième match de finale de conférence contre Carolina en 2006, raconte Miller. C'était un grand souvenir mais nous avions perdu. Là, il y avait tout. L'ambiance, l'enjeu et la victoire au bout." Personnage discret, presque effacé, Miller restait jusqu'ici un gardien sous médiatisé, si ce n'est pour sa relation avec l'actrice américaine Noureen DeWulf. Sous estimé aussi, sans doute. Mias ça pourrait changer. Il est d'ailleurs en train d'accomplir une saison remarquable. Or dans les tournois olympiques, les gardiens ont très souvent fait la différence dans un passé récent. On se souvient de Dominik Hasek à Nagano ou Henrik Lundqvist à Turin il y a quatre ans. Miller peut s'inscrire dans cette lignée.

    Depuis le début des Jeux, il n'a en tout cas rien fait pour décrédibiliser cette hypothèse. Au-delà de son match contre le canada, c'est sa constance sur le tournoi qui force l'admiration. Voilà sa fierté. "Le plus important pour moi, confie Miller, c'est de montrer à l'équipe que vous répondez présent chaque jour à un certain niveau. Pas un jour au sommet et le lendemain à la dérive. La clé, c'est la constance." Contre la Suisse, en quarts de finale, ce fut l'anti-Canada pour lui. Très peu sollicité (19 arrêts contre 45 trois jours plus tôt), Miller a eu beaucoup moins de travail mais il a su être là quand il le fallait. "C'était beaucoup plus dur à gérer que contre le Canada, explique-t-il avec raison. Cette fois, c'est l'autre gardien qui était dans la zone. Jonas (NDLR: Hiller, le gardien suisse) a fait un match énorme et je savais que de mon côté je n'avais pas le droit à la moindre erreur."

    Il n'en a pas commis. Après quatre matches, ses statistiques son remarquables: 1.25 but encaissé par match et 94.4% d'arrêts effectués. "Il est exactement au niveau auquel je l'espérais, avoue Ron Wilson. Il n'y a pas de grandes équipes sans grand gardien. Si nous devons être champions olympiques, ça ne se fera que si Ryan est au top." Pour le moment, il l'est. "On n'a pas autant de talents que certains, ajoute le coach. Mais si chacun fait son boulot et le fait bien, il est possible que l'histoire se terminer bien", sourit le coach américain. Manifestement, Ryan Miller fait très bien son travail. Alors, pourquoi ne pas croire à un nouveau titre qui, 30 ans après, n'aurait rien de miraculeux.

    0
    0