Flessel ou Parker?

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C'est lundi que le porte-drapeau français pour les Jeux de Londres sera désigné. Laura Flessel tient la corde. A moins que Tony Parker...

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Ce sera lui ou elle. Tony Parker ou Laura Flessel. Deux stars du sport français, chacun à leur manière. Sauf très improbable retournement de situation, l'un de ces deux champions sera le porte-drapeau tricolore le 27 juillet prochain lors de la cérémonie d'ouverture. Le 4 mai, ils avaient recueilli trois voix chacun lors du vote de la commission chargée de statuer (1). Six jours plus tard, jeudi, un nouveau vote a cette fois permis de dégager un nom. Estanguet n'a pas voté. A cinq, l'égalité n'était plus possible. Le résultat sera révélé lundi, à 15 heures, au siège du CNOSF. Parce qu'ils ont choisi de se retirer d'eux-mêmes, ou parce qu'ils ont été écartés de la liste par la commission chargée de désigner la tête de gondole lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Londres, Alain Bernard, Julien Absalon et Teddy Riner, autres candidats potentiels initialement, paraissent hors course.
De par ce que représentent Parker et Flessel, le choix, cette année, s'apparente à une décision stratégique. Il ne s'agit pas de trancher entre deux sportifs, deux champions, mais entre deux incarnations du sport français. Désigner l'une n'aurait pas le même sens que choisir l'autre. Tony Estanguet, porte-drapeau lui-même en 2008 à Pékin, mais également membre de la commission, le résume parfaitement. "Nous sommes face à deux options complètement différentes, explique-t-il. Soit on choisit quelqu'un avec une notoriété internationale, susceptible d'intéresser des personnes qui ne se tournent pas naturellement vers les Jeux. Soit on désigne un athlète qui a une véritable expérience olympique, et qui, du coup, est peut-être plus légitime au regard des autres."
Un porte-drapeau novice aux Jeux? Du jamais vu depuis 1948
C'est sans doute cette différence très tranchée entre les deux profils qui explique l'indécision du CNOSF. Parker s'est porté candidat très tôt. Son attachement à la sélection n'est plus à démontrer. Il est un magnifique ambassadeur du basket français. Et de l'équipe de France olympique? C'est moins évident. Et c'est ce qui en chiffonne certains. Il n'y a aucune hostilité de principe au candidat Parker. Mais le monde de la NBA est bien éloigné du quotidien d'un sportif pratiquant le pentathlon moderne, l'escrime ou le taekwondo. "Je n'ai rien contre Tony Parker, je ne le connais pas. Y a-t-il un profil particulier pour être porte-drapeau? Je n'ai pas d'idée préconçue et précise. Mais ce qui se dit un peu dans le milieu, c'est qu'il fait les Jeux pour la première fois. Alors, est-il légitime pour être porte-drapeau?", s'interroge ainsi l'épéiste Gauthier Grumier.
La virginité olympique de Parker est son plus grand handicap. Jamais, depuis 1948 (les précédents Jeux avaient alors eu lieu 12 ans avant...) la France n'a désigné un porte-drapeau novice aux J.O. D'autres vont même plus loin, comme cette sélectionnée olympique dans un sport médiatiquement marginal, qui avoue ne pas se sentir "du tout représentée par quelqu'un comme Tony Parker. C'est un super champion, là n'est pas la question, mais il est dans un autre monde que l'immense majorité de ceux qui vont faire les Jeux." Le fait d'évoluer dans un quotidien si différent de celui de dizaines de sportifs français présents à Londres qui ne vivent même pas de leur sport peut-il s'avérer rédhibitoire pour Parker? Pourtant si Laura Flessel n'avait pas obtenu sa qualification pour les Jeux in extremis fin avril, Parker aurait vu s'ouvrir un boulevard devant lui. Plus personne n'aurait pu lui contester ce rôle de porte-drapeau.
Flessel, l'atout femme?
Si elle ne possède évidemment pas la même renommée planétaire (l'escrime n'est pas la NBA...), à l'échelle de l'Olympisme tricolore, Flessel représente beaucoup. Elle va disputer ses cinquièmes Jeux et a été championne olympique. Elle affiche un palmarès hors normes et, pour ne rien gâter, ne manque ni de charisme ni de personnalité. Accessoirement, c'est une femme. Or, sur les neuf derniers porte-drapeaux (aux Jeux d'été), il n'y en a eu qu'une seule, Marie-Josée Péréc, en 1996. "Une femme serait la bienvenue", souffle Teddy Riner. Depuis qu'elle a acquis sa qualification, la "Guêpe" a reçu le soutien de plusieurs figures du sport français. Camille Lacourt, par exemple. "Pour moi, ça doit être Laura Flessel, sans aucun doute", affirme le nageur champion du monde. 
Reste que l'avis des membres de l'équipe de France olympique, s'il peut présager de sa réaction en fonction du vote, n'a pas d'influence directe sur celui-ci. La preuve, Isabelle Sévérino, représentante des athlètes, aurait une préférence pour Parker. Les cinq votants, et eux seuls, avaient le destin du porte-drapeau entre leurs mains. C'est le 10 juin, à Roland-Garros, jour de la finale masculine, que le successeur de Tony Estanguet sera intronisé publiquement. Parker, s'il est toujours en course dans les playoffs NBA avec San Antonio, ne sera pas là. Faut-il y voir un signe? Les dernières rumeurs donnent l'avantage à Flessel. Mais elle n'est pas à l'abri d'un ultime contrepied.
(1) La commission est composée de Tony Estanguet (porte-drapeau en 2008), Denis Masseglia (président du CNOSF), Jean-Luc Rougé (vice-président du CNOSF), Jacques Rey (président de l'Association des fédérations olympiques), Bernard Amsalem (Chargé de mission pour les JO de Londres) et Isabelle Sévérino (représentante des athlètes au CNOSF)
Sévérino et Amsalem devraient voter pour Tony Parker, Rey et Rougé pour Flessel. C'est donc, selon toute vraisemblance, la position du patron du CNOSF qui sera déterminante. Initialement favorable au basketteur, il aurait changé d'avis. Mais le conditionnel est de rigueur...
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