L'élue, c'est Flessel

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Laura Flessel a été désignée porte-drapeau de la délégation française pour les Jeux Olympiques 2012. La "Guêpe", qui disputera à Londres ses cinquièmes JO, a été préférée à Tony Parker et succède à Tony Estanguet. Flessel (40 ans) a été élue à bulletins secrets.

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Laura Flessel a été une des dernières sportives françaises à se qualifier pour les Jeux de Londres. Mais lors de la cérémonie d'ouverture, ils seront tous derrière et elle, devant. Elle a été préférée à son dernier rival, Tony Parker. Elle sera la troisième femme dans l'histoire olympique française à assumer ce rôle, après Christine Caron et Marie-Josée Pérec. Un fait de gloire supplémentaire pour l'escrimeuse, qui participera à Londres à ses cinquièmes Jeux. Depuis sa médaille d'or à l'épée en 1996 à Atlanta, la "Guêpe" est devenue l'emblème de l'escrime française.
Le CNOSF a voulu ménager le suspense jusqu'au bout lundi. Quatre des cinq membres de la commission ayant participé au vote final la semaine dernière étaient présents, dont le président du CNOSF, Denis Masseglia. C'est un huissier qui lui a remis, peu avant 15 heures, l'enveloppe contenant le nom de l'heureux élu. L'heureuse élue, en l'occurrence. "Pour respecter le rôle de chacun d'entre nous, a-t-il expliqué juste avant l'instant fatidique, nous avons souhaité procéder à bulletin secret et que le résultat ne soit connu par aucun d'entre nous. Nous allons donc découvrir en même temps que vous son identité." Pour un peu, on se serait cru dans La Nouvelle Star. Sans véritable surprise, c'est bien le nom de Laura Flessel qui se trouvait donc dans cette enveloppe.
Masseglia: "Maintenant, on passe à autre chose"
Si le CNOSF a procédé de la sorte, ce n'est pas tant pour faire durer le suspense que pour garder secret le choix de chacun. Les débats ont été animés ces dernières semaines et les préférences des uns et des autres sont sortis dans la presse, parfois de façon contradictoire. On ne saura donc pas quel a été le rapport de forces final entre Laura Flessel et Tony Parker (5 voix, 4-1, 3-2), mais il est très probable que le scrutin a été serré. Lors du précédent vote, auquel avait également pris part Tony Estanguet, porte-drapeau en 2008, Flessel avait reçu trois voix, tout comme Parker. "Nous sommes très heureux d'avoir eu l'embarras du choix, assure Denis Masseglia. On a eu un problème à résoudre, mais c'est un problèmes de riches. Un peu comme un entraineur de foot qui aurait un effectif trop fourni et qui est obligé de laisser de grands noms sur le banc".
De l'autre côté de l'Atlantique, Tony Parker doit être déçu. La star du basket français avait manifesté dès la qualification des Bleus pour les J.O., voilà plusieurs mois, son désir d'être porte-drapeau. Il a sans doute payé le fait d'être novice au niveau olympique (depuis 1948, le porte-drapeau choisi avait toujours participé au moins une fois aux Jeux) quand Laura Flesse avait déjà été finaliste en 2008. En revanche, le patron du mouvement olympique français a assuré qu'il n'y avait eu "aucune sorte de réserve de la part des athlètes envers Tony Parker", même si certains s'interrogeaient pour savoir si le meneur de San Antonio, de par son statut de star millionnaire évoluant dans un milieu hors normes par rapport à la majorité des sélectionnés olympiques, pouvait être vraiment représentatif de l'ensemble de la délégation. Parker comptait sur son envie et sa notoriété internationale pour faire la différence. Cela n'aura pas suffi.
Le choix de Laura Flessel, c'est aussi celui d'une femme. Des champions tels que Teddy Riner ou Camille Lacourt s'étaient récemment prononcés pour le choix d'une athlète féminine. "Bien sûr, ça a été un des paramètres, confie Isabelle Sévérino, qui a pris part au vote en tant que représentante des athlètes. Ce n'est pas le seul. Mais on est obligés de prendre ça en compte. On a des femmes qui sont très performantes au plus haut niveau et c'est aussi quelque chose qui doit être pris en considération. Je suis fier et heureuse que ce soit une femme. Laura est une très grande championne elle fera un très bon boulot pour représenter l'escrime et surtout toute la délégation française." Et comme le dit un Denis Masseglia visiblement soulagé de pouvoir tourner la page, "maintenant, on peut passer à autre chose. Tout le monde doit se retrouver derrière Laura".
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